Homélie
Prière universelle
Être un vivant...
(Luc 20/27.38)

En ces derniers dimanches de l’année liturgique, l’Église nous tourne vers la fin des temps : la Toussaint, mardi dernier, la mémoire des défunts, le Christ Roi bientôt. Aujourd’hui viennent toutes les questions que beaucoup se posent sur la vie après la mort avec l’écho d’une controverse entre Jésus et un groupe peu nombreux mais influent à Jérusalem, les Sadducéens. Qui étaient- ils ? De riches aristocrates formant un groupe politique et religieux gravitant dans l’entourage du grand prêtre.

Jésus vient d’évoquer devant eux son éveil d’entre les morts, « la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle ». Or les sadducéens ne croient pas à la résurrection. Selon eux, elle ne figure pas dans les cinq premiers livres de la bible qui font autorité. Ils tentent de prendre Jésus en défaut. En partant d’une hypothèse invraisemblable, ils forment une sorte de cas d’école qui finit par ridiculiser la croyance en la résurrection et Jésus par voie de conséquence.

Leurs questions, si risibles soient elles, rejoignent cependant beaucoup de celles qui nous sont posées à notre époque profondément marquée par le matérialisme : Comment allons-nous ressusciter ? Dans quel état ? Avec quel visage ? Qu’allons-nous faire ? Nous allons nous ennuyer ! etc…

Jésus répond en dénonçant leur aveuglement à toute réalité spirituelle. L’existence nouvelle, don de Dieu, ne doit pas être pensée à partir de notre vie charnelle. Les sadducéens se trompent en disant que les premiers livres de la Bible ne parlent pas de résurrection. C’est bien ce que Dieu déclare à Moïse du sein du buisson ardent : Il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants, car tous vivent par lui. Et Jésus ajoute que seuls ressuscitent ceux qui auront vécu pour Dieu. Jésus le dira plus tard « Éloignez vous de moi, vous tous, ouvriers d’injustice » bien des païens qui auront vécu dans la justice participeront au banquet du Royaume avec les Patriarches d’Israël. Mais qu’en sera-t-il du peuple élu ? Luc 13/27-29

N’attendons pas, pour croire en la résurrection, des évidences et des certitudes. Jésus nous tourne comme toujours vers le présent. Nous sommes invités à choisir de croire. Il y faut une décision, un oui à dire à une vie nouvelle, celle qui nous est donnée aujourd’hui, la nôtre.

Tous les problèmes sur l’au-delà sont en porte à faux, parce que précisément, on se demande si on sera vivant après la mort au lieu de se demander si on sera vivant avant la mort. (M.Zundel). Il n’y a aucun sens à imaginer quoi que ce soit au-delà de la mort si d’abord on n’a pas vaincu la mort durant la vie. La vraie question c’est d’être un vivant avant la mort, de porter le ciel en nous, comme nous allons le faire maintenant dans l’Eucharistie que nous célébrons.

6.X1 16

Prière universelle

Dieu notre Père est le Dieu des vivants ;
Avec foi prions-le pour le monde.

R/ Dieu notre Père prends pitié de nous

Pour l'Église catholique et nos frères protestants
que le chemin de communion s'approfondisse en cette année anniversaire de la Réforme :
Ensemble prions le Dieu des Vivants  

Pour les responsables des affaires politiques et sociales,
qu'ils entendent la détresse des migrants et des personnes en grande précarité
Ensemble prions le Dieu des Vivants

Pour les malades, les personnes seules, les demandeurs d’emploi,
qu'une présence solidaire à leur côté leur apporte soutien et réconfort:
Ensemble prions le Dieu des Vivants

Pour notre assemblée en cet automne,
qu'il nous soit donné la force de témoigner de notre espérance en la résurrection des morts
Ensemble prions le Dieu des Vivants 

Dieu notre Père, tu es la Source de la Vie
entends notre prière et exauce-la
Par Jésus le Christ, notre Seigneur
Amen

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre