Homélie
Prière universelle
Très Haut, Très Bas
(sur St Luc, 22,14/23,56)

Le dimanche des rameaux est un jour de contrastes.

Il y a d’abord un air de fête avec ces branchages que nous agitons. Nombreux les mettent en évidence chez eux avec un crucifix, les portent à des amis ou au cimetière. Ils nous tournent déjà vers la résurrection.

Mais cette fête passe vite. Elle  a quand même un goût doux-amer : c’est la même foule qui crie hosanna sur le parcours de Jésus et qui va crier « à mort ! » un peu plus tard devant Pilate. Comment prendre appui sur cette foule ? Cette versatilité n’est elle pas aussi la nôtre ? 

On commence par l’ouverture des portes de Jérusalem, signe de l’ouverture du Royaume, mais tout va se terminer par la fermeture de la pierre d’un tombeau.

Nous avons encore en tête ce que nous venons d’entendre, le plus dur, le récit de la passion. Nous entendons cet homme au pied de la croix crier : « Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix ! » La même tentation que celle de Satan au désert ! Pourquoi ce supplice, cette souffrance ? Pourquoi ce rejet si total et la mort ?

Nous sommes ici confrontés au mal sous toutes ses formes : injustice, cruauté, violence. Nous rêvons parfois que Dieu vienne effacer cela de notre vie. Le doute s’installe : « Où est-il ton Dieu ? Il dort ? » Mais Dieu n’intervient pas comme un magicien. Il ne triche pas avec son humanité. Il y a un lien profond entre Noël et ce qu’il vit maintenant  En Jésus Dieu nous rejoint. Il rejoint l’homme pêcheur, celui qui souffre ou meurt. Il va jusqu’au bout, il ne cesse de donner, toute sa vie. En lui seul nous trouvons l’absolu de l’amour.

C’est alors qu’il nous ouvre une immense espérance. Il nous montre que l’amour peut triompher par un chemin de solidarité. Il ne s’agit pas de nier le péché ni la mort, mais de les affronter avec la force de Dieu.

Le Dieu très haut est aussi le très bas. Il ne vient pas de force, mais par l’ouverture du cœur de ceux qui un jour lui disent « oui ! »

20.3.16

 

Prière universelle

 

Au seuil de la Grande Semaine,
levons les yeux vers la croix du Christ
et supplions-le pour tous nos frères.

R/ Dans ta miséricorde, souviens-toi de nous !

Pour les baptisés et les catéchumènes qui se préparent à célébrer la Pâque :
prions le Christ de nous renouveler dans sa Passion et sa Résurrection, lui qui donne sa vie par amour, pour sauver tous les hommes.

Pour tous les hommes politiques qui portent le souci des réfugiés :
prions le Christ d'ouvrir des chemins de justice et de paix entre les hommes, lui, le Serviteur humilié sous les outrages.

Pour ceux qui subissent les persécutions, la torture, des condamnations injustes...
prions le Christ de soutenir les hommes dans l'épreuve, lui qui par amour, est librement descendu dans l'enfer de la souffrance.

Pour nous tous ici rassemblés, pour les membres souffrants de notre entourage :
Prions le Christ de nous faire communier à sa vie et à son offrande, lui qui nous fait passer avec lui de la mort à la vie.

Seigneur Jésus dans ta grande miséricorde,
accorde-nous de mettre nos pas dans les tiens,
et exauce nos prières
toi qui règnes aux siècles des siècles

AMEN

LA FEMME ADULTÈRE
(Jean 8/1.11)

Des pharisiens, des scribes, au regard fier, victorieux, méprisant, les uns âgés, d’autres plus jeunes, des curieux, tous en demi cercle. On se représente aisément la scène, le drame qui va se jouer. Au milieu une femme, apeurée, humiliée. Ils l’ont prise en flagrant délit, dans son tort. Elle doit payer. Ils n’ont pas tenu compte de la Loi qui dans ce cas condamne à la même peine, la lapidation, les deux coupables.

Mais peu importe : Celui qu’ils veulent atteindre, c’est Jésus qui est là.

On attend sa réponse, qu’il se dresse comme un juge et montre du doigt. Or il fait exactement le contraire. Il ne se dresse pas, mais se baisse et il ne montre pas du doigt, mais se met à écrire sur le sol, en silence.

Confronté à la Loi et à ses gardiens, Jésus Dieu en personne répond en griffonnant sur le sol. C’est la seule fois que nous le voyons écrire, et il n’y en aura aucune trace, une parole troublante au-delà de toute parole. Le verbe utilisé n’est employé que trois fois dans la bible, à propos de Dieu écrivant les tables de la Loi, ou lorsque le roi de Babylone voit s’écrire sur le mur les termes du jugement divin qui le disqualifie, car il « a été pesé sur la balance et trouvé trop léger » Dan 5/28 . Nous sommes toujours dans un contexte de loi et de jugement.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre