Homélie
Prière universelle
Demeurer dans l'Amour
(sur Jean 14/23-28)

« Seigneur, d’où vient que tu te fasses connaître à nous et non pas au monde ? »
Jésus venait de leur dire qu’il allait les quitter mais qu’il reviendrait pour les prendre avec lui. Ils n’étaient qu’un petit groupe de disciples pour une tâche immense, lancés seuls dans l’inconnu avec la perspective de l’attente, d’où leur question. Et Thomas d’ajouter : « Nous ne savons même pas où tu vas ! » et Philippe de dire : « Montre nous le Père et cela nous suffit »

La réponse de Jésus : « Gardez la parole ».

Et il précise que ce n’est pas seulement affaire de mémoire, mais d’amour : « Si quelqu’un m‘aime il gardera ma parole », ce qui s’est imprimé dans son esprit et son cœur et va le pousser dans la vie. Il va découvrir ce que veut dire vivre dans l’Esprit.

Les conduites selon l’amour sont multiples. Elles sont l’effet de la réalité invisible qui nous habite, l’Esprit qui nous permet de donner sens à ce que nous vivons.
L’Esprit est en nous comme la sève dans le cep et les sarments. L’Esprit est en nous présence du Père et du Fils, donc de cette relation d’accueil et de don qui fonde tout ce qui vit. Dieu demeure ainsi en nous et nous demeurons en lui dans la mesure où nous entérinons cette présence en nous. Rien ne se passe sans notre liberté.

Il s’agit de faire notre demeure dans cet amour dont nous sommes aimés. Le mot « demeurer » revient trois fois dans cet évangile. Une comparaison peut nous aider à le comprendre : Où demeurons-nous exactement ? On se le demande quand il nous arrive de déménager souvent. Il y a plusieurs réponses : celle figurant sur notre carte d’identité, le lieu de notre naissance où nous avons tant de souvenirs, ou bien plus réellement là où nous avons des amis, là où nous existons pour les autres. Or la réalité, c’est que nous sommes aimés par Dieu qui nous a aimés le premier. C’est en lui que nous habitons d’une certaine manière, sa Parole est notre maison que nous pouvons ouvrir à d’autres, une belle et grande maison que nous sommes heureux d’habiter.

C’est à ce titre que l’Église, à commencer par la paroisse, se doit d’être une communauté fraternelle où l’on apprend à se connaître, parce qu’elle est demeure de Dieu parmi les hommes. Ainsi les disciples du Christ sont reconnaissables à l’amour qu’ils portent aux autres, à la simplicité de leur vie, à leur bonté. Mais tout cela est fondé sur la réalité et la vitalité de leur foi, ce que l’Esprit verse en leur cœur venant du Père dans le Christ. Le signe auquel on reconnaît que c’est l’œuvre de Dieu, c’est la Paix, non pas l’indifférence, le repli sur soi, l’élaboration de difficiles accords diplomatiques, mais la Paix du Christ, fruit d’une assurance intérieure.

D’où vient-elle ? Jésus nous le dit en ce qui le concerne. Elle vient du Père, source de vie, d’où il tient tout, au point de ne faire qu’un avec lui et l’Esprit. Faire sa volonté, c’est sa raison d’être, et il faut que le monde le sache.

1er mai 2016

Prière universelle

Jubilez
(sur Jean 13/31.35)

Il est question de la gloire de Dieu tout au long de l’évangile de Jean, mais le mot retentit plus fortement encore du fait de sa répétition dans les deux premiers versets.

Dans toute la Bible la gloire de Dieu c’est la manifestation visible de Dieu dans l’histoire. Ici c’est plus particulièrement l’amour de Dieu qui va jusqu’au bout, jusqu’au don total de soi qui passe par la mort. Notons d’ailleurs que Judas est sorti quand Jésus parle de glorification. Il a disparu dans la nuit..Pour Jésus, la gloire qu’il annonce c’est celle de la croix. Dans sa mort, Jésus va rejoindre Judas. C’est cela la glorification, celle que Dieu seul est à même de faire, l’impensable.

L’évangile poursuit : « Maintenant le fils de l’homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt » Il le glorifiera immédiatement, tout de suite, sans attendre. Le passage du passé au futur indique que l’événement concerne le passé, le présent et l’avenir. Nous sommes à un moment qui est à la fois dans le temps et hors du temps, comme lorsque Jésus dit : « ceci est mon corps…ceci est mon sang » La gloire de Dieu, sa présence réelle parmi nous échappe à ceux qui sont dans le monde. Elle n’est accessible que par la foi. A ce moment du récit, tout est déjà joué. Les événements n’apporteront rien de plus. Les ténèbres vont se déchaîner et plonger le monde dans la détresse, mais Jésus a vaincu le monde.

En s’adressant aux disciples Jésus leur dit : « Mes petits enfants, je suis encore avec vous pour peu de temps ». Ce sont encore des petits enfants dans la foi. Ils suivent le Maître depuis trois ans, mais ils ont encore besoin de grandir pour devenir pleinement amis, témoins, temples de Dieu. Ils vont avoir à grandir en charité, en sainteté à la suite de Jésus, chemin qui passe par de grandes joies et bien des souffrances. Par son commandement nouveau, Jésus crée une alliance nouvelle. Il nous appelle à vivre en communion les uns avec les autres, à se mettre au service les uns des autres comme il l’a fait.

Il y a cinquante ans, sœur Placide a pris ce chemin. Aujourd’hui nous rendons grâces à Dieu avec elle pour le don qui lui a été fait à elle et à nous tous, de manifester sa gloire, car c’est bien de cela dont il s’agit quand quelqu’un répond oui à son appel. Un oui qui se dit dans le temps mais dont la portée va bien plus loin. « Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée pour qu’ils soient un comme nous sommes un et que le monde croie que tu m’as envoyé »Jn 17/22.23

Prière universelle

main dans la Main
(sur St Jean 10/20)

Une lecture très brève mais qui comme souvent dans saint Jean, part des réalités les plus familières, ici celle d’un troupeau de moutons à une époque où il y en a partout en Palestine, pour passer à ce qu’il y a de plus profond et mystérieux dans la foi. Un passage qui nous ouvre à une autre manière de voir notre vie.

Dès le début de Jean, le ton était donné dans l’invitation faite à Nicodème d’avoir à renaître d’en haut. Les pilotes de chasse disent tous cet émerveillement de passer en quelques secondes d’un monde froid et brumeux à un univers baigné de soleil quand ils décollent. C’est ce à quoi nous invitent ces quelques lignes.

Nous sommes dans la liturgie pascale. Jésus mort et ressuscité, a triomphé des forces du mal. Il renouvelle la promesse faite par Dieu à Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, les bergers conducteurs du peuple. Les brebis reconnaissent la voix du berger, elles l’identifient comme la Parole qui les fait exister. La voix du berger est la voix du Père puisqu’ils ne sont qu’un. Il apporte la paix, la joie, nous associe à son propre envoi dans le monde pour être témoins. En lui, nous sommes chez nous.

Aujourd’hui concrètement, il appelle chacun par son nom, et il lui ouvre un chemin où la promesse qui lui est faite va pouvoir prendre corps dans la vie des hommes. Sous la protection aimante, bienveillante et prévenante du Père elle se révélera ainsi vie nouvelle, éternelle, triomphant dans le quotidien de la mort, du désespoir, de la jalousie, s’offrant pour la louange

« Personne ne les arrachera de ma main » La main du Christ est aussi la main du Père. Cela signifie que rien au monde ne peut nous empêcher de suivre le Christ, tout simplement parce que le pire que nous puissions connaître, il l’a déjà traversé. Les croix ne manquent pas sous mille formes, mais sous quelque forme qu’elles nous atteignent ; nous rejoignons toujours celle du Christ, y compris la mort avec son terme de vie éternelle. Pour ce que la vie nous donne à supporter diront certains, c’est bien d’accord, mais nos insuffisances, nos trahisons, nos lâchetés, nos médiocrités quotidiennes, bref le péché ?  C’est là que nous attend le plus déconcertant. : la croix du Christ est le sommet de la perversité humaine, et c’est cela que le Christ utilise pour nous faire entrer dans la vie. Là notre mal perd son aiguillon mortel. N’ayons pas peur. Nous voici devant la vie, devant Dieu, les mains vides, sans titre à faire valoir sans mérites, mais nous attendons dans l’assurance celui qui remplira nos mains.  « Oui, ni mort ni vie, ni anges ni dominations, ni présent ni avenir, ni  puissances, ni hauteur ni profondeur ni quoi que ce soit de créé ne pourra nous séparer de l’amour que Dieu nous témoigne dans le Christ Jésus » Rom 8/38.39

Dans quelques instants, nous allons le recevoir dans la main. Souvenons nous que nous sommes d’abord dans la sienne et que rien ne peut nous en arracher. 

17.4.16

Prière universelle

En ce dimanche où nous prions pour les vocations,
tournons-nous vers le Christ Bon Pasteur
qui connaît chacun par son nom.

R/ 28a = SAUVE-NOUS SEIGNEUR RESSUSCITE

1/ Le Seigneur appelle au service de son Église.
    Pour ceux qui ont  tout quitté afin de mieux suivre le Christ,
    pour ceux qui participent à la vie des communautés chrétiennes,
    et pour ceux qui n'ont pas encore trouvé comment répondre,
ensemble, prions le Christ notre Dieu.

2/ Le Seigneur appelle au service de notre monde.
    Pour ceux qui vivent leur travail comme une mission,
    pour ceux qui combattent pour un monde plus juste et fraternel,
    et pour ceux qui cherchent à gagner toujours plus,
ensemble, prions le Christ notre Dieu.

3/ Le Seigneur appelle au service de nos frères les plus démunis.
    Pour ceux qui se mettent à leur écoute,
    pour ceux qui donnent de leur temps, ou même partagent leurs biens,
    et pour ceux qui refusent de les voir,
ensemble, prions le Christ notre Dieu.

4/  Le Seigneur nous appelle à son service.
     Pour nous tous ici rassemblés ce matin  :
     que nos vies soient signe d'espérance joyeuse pour les nouvelles générations,
ensemble, prions le Christ notre Dieu.

Par le Christ Bon Pasteur,
nous recevons la vie en abondance.
Prions-Le d'exaucer notre prière,
et naîtront dans l’Église les vocations dont notre monde a tant besoin.
Lui qui règne pour les siècles des siècles,
AMEN.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre