50 ans de "magasin" PDF Imprimer Envoyer

Le magasin et notre Soeur fidèle si longtemps

Au magasin nous entendons souvent cette phrase : "heu... la soeur qui était toujours assise là, nous ne la voyons plus... Elle est malade ?"

SrFelicia_mai2010Non, mais notre Sœur est maintenant âgée, même si elle à toujours un visage aussi épanoui !

 

Elle a tenu le magasin pendant un demi-siècle, du 21 juillet 1957 au 8 janvier 2008 et elle a accepté de donner ici son témoignage.

Une page de vie !

 

 


 

"L’espace de vente était d’abord installé dans la « Porterie extérieure », jusqu’en 1968."

 

De quoi s’agit-il ? La « porterie intérieure », en clôture, communiquait avec cette « porterie extérieure » ouverte sur les visiteurs.

 

 

Voici donc son témoignage :

magasin en 1992

Sur cette photo : magasin au 1er étage de la Tour romane, au niveau de la Tribune actuelle de l'orgue. On aperçoit l'escalier qui descend à l'entrée de l'église, à droite au premier plan, et celui qui monte au grenier de la Tour, au fond à gauche.

« J’aimais recevoir nos familles dans cette petite pièce, accueillir également les visiteurs de la Crypte et de la Tour, les représentants, les livreurs etc.

Surtout les week-ends !Sr Felicia au magasin 1995

Quand j'étais occupée à l'extérieur, répondre à la sonnette des portières intérieures n’était pas toujours facile. Je faisais en effet le lien entre l'intérieur et l'extérieur.

 

Le magasin : oh... c'était un espace bien modeste, jugez plutôt : Felicia1

- les cartes postales sur un tourniquet,

- les images dans les trois tiroirs de chacune des deux commodes,

- les crèches dans des casiers fixés au mur,

- les livres sur des supports en forme d’échelles agrippées au mur,

- et enfin les bronzes dans une armoire vitrée !

Une crèche était exposée en permanence sur la tablette de la cheminée.

Et moi, sur une chaise, avec une table face à la fenêtre, j’avais les yeux dans la cour où jouaient les enfants dont les parents étaient venus rencontrer une sœur au parloir.

 

Un nouveau magasin fut ensuite aménagé au premier étage de la Tour romane, de 1968 à 1998.

magasin_chantier

 

Le suivant fut temporairement installé au Grand Parloir, le temps nécessaire à l’exécution des travaux à la Tour romane.

Je suivais les aménagements avec grand intérêt.

Les travaux exécutés par les Monuments Historiques achevés, le magasin proprement dit – l’espace commercial - a été aménagé par un autre architecte.

 

Son art a d'ailleurs tellement conquis la communauté qu’il fut ensuite chargé de rénover notre Eglise abbatiale en 2004.

 


inaugurationGeorgel

 

Dans notre magasin installé désormais au rez-de-chaussée de la Tour romane, les articles en céramique sont heureusement mis en valeur sur les étagères et tablettes de bois blanchi.

Le mobilier est bien agencé et adapté aux articles proposés à la vente – petits casiers, étagères vitrées bien éclairées, espaces de rangement…

La librairie est à l’extrémité ; on peut y proposer davantage de livres pour enfants et adultes.

 

Beaucoup de personnes me faisaient des confidences quand j’étais seule avec eux au magasin ; quelquefois même on me taquinait, mais toujours avec respect. Oui, ce n’étaient pas des « clients » mais des visiteurs !  En effet, tous les hôtes qui se présentant au monastère seront reçus comme le Christ en personne, nous enseigne Saint Benoît (Règle de Saint Benoît chapitre 53).

 

Quand les parents feuillettent et cherchent de bonnes lectures, leurs enfants sont occupés par la caisse à jouets bien vite repérée. Voici un joli souvenir :

« Range les jouets » dit un père à son fils de trois ans…

Une mignonne fillette de cinq ans avait un jour éparpillé tous les jouets alentour. Au moment de partir, elle vient gentiment me dire au revoir et j’en profite pour lui souffler : tu vois, les grands rangent les jouets, les tout-petits ne les rangent pas, toi tu es petite ?

- oh non, moi je suis grande ! »  et prestement tous les jouets regagnent la caisse.

 

Je faisais les additions à la main, ou plutôt de tête !

Puis est apparue la caisse enregistreuse, une caisse électronique.

Alors le jour de l’inauguration de ce matériel, j’ai réussi à vendre 450 pots de confiture à 3 centimes, au lieu de 3 pots à 4.50 €.

La sœur comptable a failli avoir une attaque… et elle a inscrit sur la machine : « taper la quantité d’abord, ensuite le prix unitaire ».

Il suffisait d’y penser !

 

J’ai compté en anciens francs, puis en nouveaux francs, et enfin en euros.

Tenez, je me souviens du 1er janvier 2001.

Les banques étaient fermées, bien sûr, et nous n’avions que 15 € en petites pièces pour rendre la monnaie aux personnes qui pouvaient nous payer en francs.

Ce jour-là il y eut beaucoup de monde, ce fut un véritable exercice de virtuosité de convertir les francs en euros et vice-versa à grande vitesse.

Heureusement une petite calculette nous a sérieusement aidées !

 

Je dis « nous »… A partir du mois d’août 2000, une jeune vendeuse est venue m’aider, Lydia.Felicia

Et de plus, quand nous étions débordées,  les sœurs de l’atelier accourraient à notre secours.

Une frayeur nous prenait parfois quand, à la fin des visites organisées à la Crypte et à la Tour, malgré notre empressement à servir les personnes, les responsables des groupes disaient tout à coup : « dépêchez-vous, mesdames, le car va partir ».

 

Oui, après plus de cinquante ans, je relis cette page de ma vie et j’affirme : malgré la fatigue qui est venue avec l’âge, j’ai eu beaucoup de joie à servir nos visiteurs. Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ».

 

écrit le 30 mai 2010.

 

Merci, chère Soeur, d'avoir accueilli, écouté, servi... tant de personnes pendant plus de 50 ans - et de continuer de nous enchanter de ton sourire et de ta bonne humeur !

 

 

 

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