Augustin la femme adultère PDF Imprimer Envoyer
la femme adultère

"Moi non plus, je ne te condamne pas.

Va, et désormais ne pèche plus"

 

Evangile de Saint Jean au chapitre 8 : la femme adultère.

Jésus va au mont des Oliviers. Dès l'aurore, il est dans le Temple, et tout le peuple vient. Il s'assied et se met à enseigner.


C'est alors que les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère et, la plaçant au milieu, ils disent à Jésus :

-  Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Toi , que dis-tu ?

Ils disent cela pour le mettre à l'épreuve...  Mais Jésus, se baissant, se met à écrire avec son doigt sur le sol.


Ils persistent à l'interroger. Alors Jésus se redresse :

- Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre !

Puis il se baisse de nouveau et il écrit sur le sol.

Entendant ces mots, ils s'en vont l'un après l'autre, à commencer par les plus vieux. Jésus reste seul, avec la femme toujours là au milieu. Alors, se redressant, il lui dit :

-  Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t'a condamnée ?

- Personne, Seigneur.

- Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus.

 


 

commentaire de Saint Augustin (+430) :

 

« Ils se retirèrent tous, l'un après l’autre. » Ils ne restèrent plus que deux, la misérable et la Miséricorde. Mais le Seigneur, après les avoir frappés avec le trait de la justice, ne daigna pas non plus regarder leur chute ; détournant d'eux son regard, « il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol ».


Cette femme étant restée seule, tous les autres étant partis, il leva les yeux vers elle. Nous avons entendu la Saint Augustinvoix de la justice, écoutons aussi celle de la bonté… Cette femme s'attendait à être punie par celui en qui on ne pouvait trouver de péché. Mais lui, qui avait repoussé ses ennemis par la voix de la justice, levant sur elle les yeux de la miséricorde, l'interrogea : « Personne ne t'a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur ». Il lui dit : « Moi non plus, je ne te condamnerai pas. Tu as pu craindre d'être condamnée par moi parce que tu n'as pas trouvé de péché en moi ; moi non plus je ne te condamnerai pas ».

Qu'est-ce à dire, Seigneur ? Tu favorises donc les péchés ? Non, pas du tout. Remarque ce qui suit : « Va, et désormais ne pèche plus ». Le Seigneur a donc condamné, mais il a condamné le péché, non le pécheur… Qu'ils fassent donc attention, ceux qui dans le Seigneur aiment sa bonté, et qu'ils craignent sa vérité… Le Seigneur est bon, le Seigneur est lent à la colère, le Seigneur est miséricordieux, mais le Seigneur aussi est juste et le Seigneur est plein de vérité (Ps 85,15). Il t'accorde le temps de te corriger, mais tu aimes mieux jouir de ce délai que te réformer. Tu as été méchant hier, sois bon aujourd'hui ; tu as passé cette journée dans le mal, demain au moins change ta conduite.


C’est donc le sens des paroles qu’il adresse à cette femme : « Moi non plus, je ne te condamnerai pas, mais, assurée pour le passé, sois en garde pour l’avenir. Moi non plus, je ne te condamnerai pas, j’ai effacé ce que tu as commis ; observe ce que j’ai prescrit pour obtenir ce que j’ai promis ».

 

4epage_adultère

Â