Cyrille de Jérusalem le baptême PDF Imprimer Envoyer

Pour entrer dans le Mystère Pascal, il est excellent de revenir aux sources de notre foi et aux grandes catéchèses du 4e siècle. Replongeons-nous dans les eaux de notre baptême et accueillons un enseignement aussi simple que profond !

 

baptistère des Ariens, mosaïque du 6e siècle

Extrait d'une catéchèse mystagogique : exhortation aux néophytes ou nouveaux baptisés

par Saint Cyrille de Jérusalem - repères biographiques

1) Pendant sept semaines vous avez été instruits de toute la loi des Ecritures, de la foi, de la résurrection de la chair, de quelques autres points essentiels. Mais, encore catéchumènes, vous ne pouviez entendre les mystères plus profonds, à savoir le baptême. Après le baptême, pendant les huit jours qui suivront Pâques, vous serez initiés, après la messe, dans l'Eglise de la Résurrection, aux mystères plus secrets.

 

2) Sitôt entrés, vous avez quitté votre tunique.

Ce geste signifiait que vous aviez dépouillé le vieil homme de ses œuvres. Sans vêtements, vous étiez nu, et par là encore, vous imitiez le Christ, nu sur la croix, le Christ dont la nudité a dépouillé les principautés et les puissances et triomphé hardiment sur le bois. Il ne vous est plus permis de porter votre ancienne tunique. Je n'entends nullement parler de celle qui se voit, mais du vieil homme corrompu par les convoitises trompeuses. Qu'il ne soit plus possible à l'âme de revêtir ce dont elle s'est une fois dépouillée. Qu'elle dise plutôt avec l'épouse du Christ dans le Cantique des cantiques "j'ai quitté ma tunique, comment la remettrais-je ? Chose surprenante, vous étiez nu à tous les regards, et vous ne rougissiez pas. C'est qu'en réalité vous rappeliez l'image d'Adam notre premier père, qui dans le paradis était nu et ne rougissait pas.

 

3) Après cela, vous avez été conduits près de la sainte piscine du divin baptême, comme le Christ de sa croix au tombeau tout proche.

Et chacun fut interrogé : croyait-il au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit ?

Et vous avez professé la profession salvatrice, par trois vous vous êtes plongés dans l'eau et en avez émergé, symbolisant ainsi le triduum du Christ au tombeau.

Comme notre Sauveur a passé trois jours et trois nuits au sein de la terre, ainsi, vous aussi, vous avez imité, dans votre première sortie de l'eau, le premier jour du Christ dans la terre, comme dans votre première immersion sa premier nuit.

Qui est dans la nuit ne voit plus ; qui au contraire est dans le jour vit dans la lumière ; ainsi quand vous avez été immergés, vous étiez dans la nuit et vous n'avez plus rien vu, tandis qu'en sortant de l'eau vous vous trouviez comme en plein jour.

Et dans le même acte, vous mouriez et vous naissiez : cette eau salutaire devenait à la fois votre tombe et votre mère.

 

4) D'abord vous avez été chrismés sur le font, pour être affranchis de la honte que le premier homme portait partout avec lui à cause de sa transgression, et pour pouvoir contempler à visage découvert comme dans un miroir la gloire du Christ. Puis, sur les oreilles, afin de recevoir les oreilles qui entendent les mystères divins, celle dont Isaïe disait; "le Seigneur Jésus m'a donné une oreille pour entendre". Et le Seigneur Jésus dans les évangiles : "qui a de bonnes oreilles entende". Puis ce fut la chrismation sur le nez, pour que vous disiez, après avoir reçu le baptême divin : nous sommes pour Dieu une bonne odeur du Christ, parmi les sauvés. Ce fut ensuite la poitrine, pour que revêtus de la cuirasse de justice, vous teniez ferme dans les embûches du démon. De même que le Christ après son baptême et l'irruption de l'Esprit Saint, s'en alla combattre son adversaire, ainsi vous autres, après le saint baptême, et la chrismation mystérieuse, revêtus de la panoplie du Saint Esprit, dressés face à la puissance adverse, vous la combattez en disant : "je puis tout en Celui qui me rend fort".

 

5) Puisqu'on vous a admis à recevoir cette sainte chrismation vous recevez le nom de chrétiens, et vous justifiez aussi, par votre nouvelle naissance, cette appellation, car avant d'avoir été admis à cette grâce, vous n'étiez pas véritablement dignes de ce titre, vous étiez seulement en marche vers la condition de chrétiens.

 

abside de Saint Jean du Latran,


Saint Cyrille de Jérusalem naquit à Jérusalem vers 315, au sein d’une famille chrétienne d’artisans de souche paysanne. Il reçut une éducation libérale et solide (astronomie, anatomie, géographie, bonne initiation aux Ecritures.

Peut-être était-il moine, en tout cas il a été ordonné prêtre en 345. Chargé de la formation des catéchumènes, il prononce pour eux ses « Catéchèses », pendant le Carême et le temps pascal de l’année 348. Il est élu évêque de Jérusalem en 350.


La première année de son épiscopat fut marquée par l’apparition de la Croix glorieuse : « En ces jours mêmes de la sainte Pentecôte (7 mai 351), aux nones de mai, vers la troisième heure, une croix lumineuse gigantesque apparut dans le ciel, au-dessus du saint Golgotha, s'étendant jusqu'à la montagne des Oliviers. Elle ne fut pas seulement aperçue par une ou deux personnes mais se montra, fort nettement, à la population entière de la cité. Elle ne disparut pas rapidement comme on pourrait le supposer, à la façon d'un rêve fugace. Elle demeura visible pendant plusieurs heures, estompant par son éclat, les rayons du soleil. Assurément, elle aurait été éclipsée et dissimulée par eux, si elle n'avait offert aux spectateurs un éclat plus puissant que celui du soleil. Ainsi, tous les habitants de Jérusalem se précipitèrent brusquement dans la sainte église, saisis d'une crainte mêlée de joie au spectacle de cette vision céleste. Ils se jetèrent tous dans notre église, non seulement les chrétiens mais les païens étrangers, de passage à Jérusalem. Tous, d'une seule voix, firent monter des louanges sonores vers le Christ Jésus, notre Seigneur, le Fils unique engendré de Dieu, auteur de ces merveilles . »

baptistère de  Saint Beitla

On voit parfaitement ci-contre un baptistère de l'antiquité chrétienne où l'on descend, à l'Ouest, par 3 marches, et on l'on remonte du côté de l'Orient ou Soleil Levant, vers le Christ.

Après s'être plongé nu trois fois dans l'eau qui arrive à mi-corps, on remonte pour recevoir un habit blanc immaculé, symbole de l'innocence recouvrée.

Cyrille est banni de Jérusalem pendant la querelle arienne, il fuit à Antioche puis à Tarse. Réhabilité, à nouveau banni…. Cyrille rejoint enfin son diocèse pour les quatre dernières années de sa vie. Il meurt en 386, profondément attristé par les divisions de l'Église au sujet de la nature du Christ. Proclamé docteur de l’Eglise en 1893, pour ses vingt-quatre « catéchèses »  sur les vérités de la foi et les sacrements de l'initiation chrétienne (baptême, confirmation, eucharistie), prononcées dans la basilique du Saint-Sépulcre et dans la rotonde de l'Anastasis, au lieu même de la Résurrection du Christ. Commencées le premier dimanche du Carême, elles se poursuivaient tous les jours, sauf le samedi et le dimanche, jusqu'au baptême. Cyrille y expliquait les Ecritures, l'histoire du salut, puis le Symbole des apôtres. Dans la nuit pascale, les catéchumènes recevaient le baptême, la confirmation et l'eucharistie. Au cours de la semaine pascale, leur instruction s'achevait par les « catéchèses mystagogiques » qui étaient l'explication des rites de l'initiation chrétienne.

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