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Hymne liturgique ou "Kontakion" pour les RAMEAUX par ROMANOS le Mélode
"Béni soit celui qui vient, lui, notre Roi" Lc 19,38
Porté sur ton trône dans le ciel, ici-bas sur l'ânon, Christ qui es Dieu, tu accueillais la louange des anges et l'hymne des enfants qui te criaient :
"Tu es béni, toi qui viens rappeler Adam". Voici notre roi, doux et pacifique, monté sur le petit de l'ânesse, qui vient en hâte pour subir sa Passion et pour enlever les péchés. Le Verbe, la Sagesse de Dieu, monté sur une bête, veut sauver tous les êtres doués de raison. Et l'on pouvait contempler sur le dos d'un ânon celui que portent les Chérubins et qui jadis enleva Elie sur un char de feu, celui qui "de riche qu’il était, s’est fait pauvre" volontairement 2Co 8,9, celui qui en choisissant la faiblesse donne la force à tous ceux qui lui crient : "Tu es béni, toi qui viens rappeler Adam". Tu manifestes ta force en choisissant l'indigence. Les vêtements des disciples étaient une marque d'indigence, mais à la mesure de ta puissance étaient l'hymne des enfants et l'affluence de la foule qui criait : "Hosanna - c'est-à -dire : Sauve donc - toi qui es au plus haut des cieux. « Sauve, Très-Haut, les humiliés. Aie pitié de nous, par égard pour nos palmes ; les rameaux qui s'agitent remueront ton coeur, ô toi qui viens rappeler Adam".- Ô créature de ma main, répondit le Créateur, je suis venu moi-même. Ce n’était pas à la Loi de te sauver, puisqu’elle ne t’avait pas créé, ni aux prophètes, qui étaient comme toi mes créatures. C’est à moi seul qu’il appartient de t’affranchir de ta dette. Je suis vendu pour toi, et je te libère ; je suis crucifié à cause de toi, et tu échappes à la mort. Je meurs, et je t’apprends à crier : "Tu es béni, toi qui viens rappeler Adam". Ai-je autant aimé les anges ? Non, c'est toi, le misérable, que j'ai chéri. J'ai caché ma gloire et moi, le Riche, je me suis fait pauvre délibérément, car je t'aime. Pour toi, j'ai souffert la faim, la soif, la fatigue. J'ai parcouru montagnes, ravins et vallons en te cherchant, brebis égarée ; j'ai pris le nom de l'agneau pour te ramener en t'attirant par ma voix de pasteur, et je veux donner ma vie pour toi, afin de t'arracher à la griffe du loup. Je supporte tout pour que tu cries : "Tu es béni, toi qui viens rappeler Adam".
Cf. Kontakion 32, édition Sources Chrétiennes 128
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Quelques éléments de biographie et de présentation,
par le pape Benoît XVI
extraits de sa catéchèse du 22 mai 2008.
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| Romanos le Mélode est né vers 490 à Emesa (aujourd'hui Homs) en Syrie. Théologien, poète et compositeur, il appartient au grand groupe des théologiens qui ont transformé la théologie en poésie.
Ayant appris les premiers éléments de la culture grecque et syriaque dans sa ville natale, il se transféra à Berito (Beyrouth), où il perfectionna son instruction classique et ses connaissances rhétoriques. Ordonné diacre permanent vers 515, il y fut prédicateur pendant trois ans. Puis il alla à Constantinople vers la fin du règne d'Anasthase Ier. Au monastère près de l'église de la Théotókos, Mère de Dieu eut lieu l'épisode clef de sa vie, l'apparition en rêve de la Mère de Dieu et du don du charisme poétique. Romanos devint prédicateur et chantre jusqu'à sa mort (après 555).
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L'homélie était pour les fidèles l'occasion pratiquement unique d'instruction catéchétique. Romanos apparaît comme le témoin éminent du sentiment religieux de son époque, mais également d'un style vivace et original de catéchèse. A travers ses compositions, nous pouvons nous rendre compte de la créativité de cette forme de catéchèse, de la créativité de la pensée théologique, de l'esthétique et de l'hymnographie sainte de ce temps. Ses homélies étaient des homélies métriques chantées, appelées kontakia. Nous en avons encore quatre-vingt neuf, mais la tradition lui en attribue mille.
Ce grand poète et compositeur nous rappelle tout le trésor de la culture chrétienne, née de la foi, née du cœur qui a rencontré le Christ, le Fils de Dieu. De ce contact du cœur avec la Vérité qui est Amour naît la culture, est née toute la grande culture chrétienne. Et si la foi reste vivante, cet héritage culturel aussi ne devient pas chose morte, mais reste vivant et présent. Les icônes parlent encore aujourd'hui au cœur des croyants, ce ne sont pas des choses du passé. Les cathédrales ne sont pas des monuments médiévaux, mais des maisons de vie, où nous nous sentons « à la maison » : nous rencontrons Dieu et nous nous rencontrons les uns les autres. La grande musique non plus - le chant grégorien ou Bach ou Mozart - n'est pas une chose du passé, mais elle vit de la vitalité de la liturgie et de notre foi. Si la foi est vivante, la culture chrétienne ne devient pas « passé », mais reste vivante et présente. Et si la foi est vivante, aujourd'hui aussi nous pouvons répondre à l'impératif qui se répète toujours à nouveau dans les Psaumes : « Chantez au Seigneur un chant nouveau ». Créativité, innovation, chant nouveau, culture nouvelle et présence de tout l'héritage culturel dans la vitalité de la foi ne s'excluent pas, mais sont une unique réalité ; ils sont la présence de la beauté de Dieu et de la joie d'être ses fils.
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