Pèlerinage de Pentecôte PDF Imprimer Envoyer

Jouarre haut-lieu de pèlerinage

D’où vient ce pèlerinage ? Il remonte au 9e siècle, c'est-à-dire à l’époque carolingienne.

Son histoire est liée à la population de la région et au rayonnement de notre monastère de Jouarre.

enluminure célèbre :

le roi Charles le Chauve (823-877) accueille une délégation de moines venant de Tours

Charles le Chauve

Depuis le 7e siècle les moniales sont installées à Jouarre.

Leur vocation de prière les rend présentes à la vie des hommes alentour.

 

manuscrit de

la Bible dite de Charles le Chauve (environ 845)

 

Saint Jérôme traduit la Bible

Au 9e siècle, Jouarre souffrait famine et misère.

Ermentrude, abbesse de l'époque, demanda le secours du ciel. Elle fit venir des reliques de saints ; elle voulait implorer leur intercession auprès de Dieu pour le bien-être des habitants de Jouarre.

Insigne faveur, elle obtint une relique de POTENTIEN, saint évêque de Sens, qui succéda à Saint Savinien, martyre au 3e siècle.

procession  contemporaine !

Nous trouvons en 847 la toute première mention du pèlerinage jotrancien. On relate la procession des moines et des moniales de Rebais et de Jouarre. Ils se rencontrent à la Croix Saint Aile, limite entre les deux propriétés pour implorer la miséricorde de Dieu.

 

Le pèlerinage croît au cours des siècles...

 

Félix Bourquelot avance le chiffre de 10 000 pèlerins au 19e siècle ! Heu... n'est-il pas un peu "généreux" ?  Ecoutons-le :

"Voici d’abord les confréries d’hommes avec leurs bannières,

puis des jeunes filles vêtues de blanc,

précédées de jeunes garçons jonchant la terre de fleurs effeuillées :

puis viennent les châsses chargées de rameaux, de fleurs, de rubans,

portées par quatre robustes paysans.

Neuf châsses défilent accompagnées par un conclave de prêtres

venus de tous les points de la contrée,

un bataillon de chantres revêtus de chapes de soie brodée,

des enfants de chœur agitant des encensoirs.

Ajoutez encore les fanfares, le plain chant du clergé,

les hymnes, la sonnerie des cloches....

et le cortège parcourt la campagne."

 

Depuis longtemps déjà, Jouarre était un haut- lieu de la foi et de la vie de l’Eglise locale.

On venait prier auprès des tombeaux des saints de la CRYPTE où reposaient les saintes abbesses fondatrices TELCHILDE et AGUILBERTE et les saints évêques EBREGESILE et AGUILBERT. tombeaux de nos   fondateurs à la Crypte

 

Ainsi, dès le haut Moyen-Âge, les dons de reliques affluent à Jouarre ! En 1111  on apporte le corps de Sainte JULES. ... et bien d'autres.

Les reliques de Sainte PELAGIE sont apportées à Jouarre au 12e siècle au moment des croisades.

Fin 12e siècle, l’abbesse Eustachie ordonne la réalisation d'une châsse pour sauvegarder les précieuses reliques. La châsse est aujourd'hui à l’église paroissiale de Jouarre.

Au 13e siècle viennent de Troyes les reliques de Saint CLAUDIEN martyr. C'est un présent de la famille de HERSENDE, abbesse à l'époque.

De Rome viennent, au 13e siècle également, les reliques de Saint CLAUDIEN et de Saint VERIEN. La châsse visible actuellement a été rénovée au 16e siècle.

Au 17e siècle, le 13 Octobre 1627, Madame Jeanne de Lorraine abbesse, fit lever les corps de Sainte TELCHILDE, de Sainte AGUILBERTE et de Saint EBREGESILE qui avaient été inhumés dans les tombeaux de la crypte .

En 1632 on retrouva les restes de Saint AGILBERT.

La Reine MARIE DE MEDICIS offrit les châsses de bois doré qui devaient renfermer les corps des Saints Evêques et des Saintes Abbesses.

châsses de bois doré

La châsse de cristal est constituée au moment de la Révolution par Madame de Montmorin, abbesse du monastère, avec des reliques dont les coffrets sont réquisitionnés pour être envoyés à la refonte pour les armées.

 

église paroissiale

Pendant la tourmente révolutionnaire, lorsque les sœurs furent chassées du monastère et l'abbaye vendue, les châsses qui y étaient depuis toujours furent transportées à l'église paroissiale. Elles y sont depuis la fin du 18e siècle. Vous les apercevez au fond de l'abside, devant les vitraux.

 

 



 

L'apport le plus récent de reliques date de 150 ans environ. Mgr Allou, évêque de MEAUX (1839-1884), demande à ROME d'envoyer à Jouarre quelques reliques des apôtres. cathédrale de Meaux

En 1838, Prosper Mérimée fait l'éloge de Mgr Allou au point de vue archéologique. Le célèbre romancier, inspecteur des Beaux-Arts, avait été invité à aller voir la crypte de Jouarre. Etant grippé, il écrit le 24 décembre dans une lettre aussi malicieuse que délicieuse, qu'il s'y rendra quand il ira mieux :

"La seule pensée d'une crypte me fait éternuer. [....] Veuillez remercier Mgr Allou qui me paraît le Phénix des vicaires généraux. Sa description et son plan annoncent un antiquaire amateur d'une haute distinction."

 

En 1649 la grande procession est placée chaque année le mardi après la Pentecôte.

La veille, lors d'une cérémonie appelée "la descente des châsses",  on descend les châsses de la tribune au-dessus du chœur des moniales. Le lendemain une grande foule les escorte fort loin dans les champs en procession au chant des hymnes et des cantiques.

Depuis 1953 le pèlerinage a lieu le LUNDI de PENTECÔTE .

procession du clergé Le pèlerinage cessa quelques années au moment de la Révolution. Mais il reprit dès que ce fut possible.
Ce bref survol historique montre la vitalité du pèlerinage de Jouarre au long des siècles. procession

 

Un pèlerinage est l’acte de prière d’un peuple et d'une région qui croit et se réunit pour vivre sa foi. Des générations de pèlerins sont venues demander l'intercession des saints et nombreux sont ceux qui en ont reçu force et réconfort. Aujourd'hui encore nous reprenons la même démarche.

 

Pèlerinage dans Jouarre en chantant des cantiques derrière les châsses, EUCHARISTIE à l’Abbaye, PIQUE-NIQUE dans les jardins,  partages, visites, diverses animations spirituelles.

Programme (se renseigner pour vérifier et ajuster éventuellement ! )
jeune pèlerin des soeurs lisent l'affiche..

Alors … Bienvenue ce prochain Lundi de Pentecôte à Jouarre !