Vivre en communauté

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Les mots pour le dire

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LES MOTS POUR LE DIRE

Essayez de lancer votre ami informaticien, plombier ou sculpteur pour le faire parler de sa passion, il risque fort de s’y glisser des mots inconnus, qui ne font pas partie de votre langage quotidien ou alors différemment ! Il en va un peu de même quand on parle de la vie monastique.
D’où l’idée de ce petit ‘lexique
’, occasion de découvrir tant les mots qu’un peu des réalités qui se vivent au-delà.

Accueil

« Joie de l’accueil »
La dimension d’hospitalité, après avoir été un peu oubliée, est redevenue largement présente dans la vie bénédictine. Accueillir l’hôte, pou un moment, un jour, un temps…  Bien qu’une sœur soit responsable 213accueilde la « maison des hôtes », comme dit St Benoît, et de leur accueil, c’est bien la communauté toute entière qui vit cette hospitalité.

Dans l’accueil très concret aux offices, dans l’accueil au profond de son cœur dans la prière pour toutes les intentions portées, dans l’accueil réciproque les unes des autres au quotidien de la vie communautaire. Sans oublier que nous aussi, nous sommes hôtes dans la « maison de Dieu », car c’est ainsi que le monastère est désigné par St Benoît.

Pour en savoir plus dans la Règle de St Benoît et dans nos propositions d'accueil.

Amour

« Ne rien préférer à l’amour du Christ » On touche là à une pierre angulaire… Dans la profession monastique, il y a un choix. Un choix radical, dans le sens qu’il touche à la racine. Et la racine, c’est cet amour que Dieu nous porte et qui nous saisit au point de désirer apprendre à aimer à sa manière.

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». (St Jean, chapitre 13)

213humiliteEnracinée (la racine encore…) en cet Amour, même si la graine est petite comme un grain de sénevé, peu à peu la sève nourrira tout le bois. Saisons après saisons, printemps-été-automne-hiver-printemps, l’arbre ne demandera qu’à pousser, branches à branches, jusqu’à porter du fruit.

« A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres ». (St Jean, chapitre 13)

Chasteté

La chasteté, ou l’art d’être libre pour aimer. La chasteté, bien au-delà de la dimension sexuelle, est une certaine qualité de relations. C’est cette recherche permanente, positive, exigeante, d’une juste relation à soi, à l’autre, à Dieu. Ne se transformant pas en une créature désincarnée et asexuée, ne transformant pas l’A/autre en objet à posséder au gré de nos envies, ou à ignorer…  Ainsi, peu à peu, on découvre les nombreuses facettes de ce ‘terrain’ où amour et liberté ne demandent qu’à croître !

« Être chaste c’est tenter de vivre sa sexualité de façon libérante pour soi et pour les autres » (X. Thévenot)

Cellule

213celluleDrôle de mot… Si on plonge dans un dictionnaire (ou dans sa tête), deux images peuvent venir. Cellule du prisonnier. Cellule du corps vivant. A vous de choisir ! Personnellement, le vécu résonne plutôt bien avec ces mots du petit Larousse (qui l’eut crû !) : « élément constitutif de tout être vivant » ou « élément constitutif fondamental d’un ensemble ». Lieu personnel et constitutif de chacune, la cellule est au service de la vie, celle de la sœur et celle de l’ensemble du corps communautaire. De la solitude à la vie fraternelle, de la vie fraternelle à la solitude, de la solitude à la vie fraternelle, … pas à pas ! La cellule est le lieu du cœur : «  Ferme la porte sur toi, et là, dans le secret,… » (Évangile selon St Matthieu)

« Au dedans de moi, est une solitude où Dieu demeure » (Elisabeth de la Trinité)

Clôture

Imaginez un corps humain sans peau : comment tiendrait tout l’ensemble (entrailles, squelette,… ) ? Sans être expert en biologie, on se rend compte que la peau est de l’ordre du vital. D’ailleurs, le langage populaire n’associe-t-il pas peau et vie : « Protéger sa peau » ? De même quand la peau est entaillée ou malade : le toucher et les relations en sont altérés.
Il y a dans la clôture un petit quelque chose de cette peau… Marquant la limite entre l’intérieur et l’extérieur, elle définit des espaces où chacun peut trouver sa place ; elle offre la possibilité autant d’une intériorité que d’un échange, d’une porosité. Loin d’être une forteresse (comme elle a parfois été vécue dans le passé…), elle est un don précieux pour une qualité personnelle et relationnelle en profondeur.
NB : Dans ces quelques lignes, il n’est question que de la clôture telle qu’elle est vécue à Jouarre ; car dans le droit de l’Église, il existe différentes sortes de « clôtures ».

Humanité

213officeCe mot revient souvent comme une des spécificités fortes de la Règle de St Benoît… et donc de notre vie ! « on témoignera toute l'humanité possible. » (RB 53) Pas d’idéalisation possible bien longtemps, la vie communautaire nous ramène en ce lieu de vérité et d’authenticité qui nous habite tous. L’humanité prend alors, peu à peu, des échos de douceur, de délicatesse, de patience, ou encore de charité

L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. (1Corinthiens 13)

A l’image du Christ, venu rejoindre notre humanité et la partager, le chemin monastique se propose de nous rendre toujours plus humain(e)s.

Humilité

Là, aussi un thème chère à la tradition bénédictine. Mais qu’est-ce que l’humilité ?
213humusLe mot 'humus' comme le mot 'humilité' comme le mot 'homme', proviennent tous de la même racine signifiant 'terre'. Benoit veut sans doute planter son moine dans la terre, dans l’humus. Il veut nous préserver d’une existence 'hors-sol', comme les fruits et des légumes cultivés en serres sur des substrats neutres et inertes saturés d’engrais chimiques. Il ne nous veut pas "hors communauté des vivants" Et la « bonne chose » qu’il nous offre, c’est le terreau de cette humilité, qui est force et fécondité de la vie, en communion vitale avec les autres vivants, avec nos frères et sœurs en humanité, avec la Création entière.

Murmure

L’ennemi juré de St Benoît ! Non pas le murmure de celui qui rumine la Parole de Dieu, bien sûr, mais le murmure de celui qui rumine sa colère, sa vengeance, sa tristesse,… Alors tout sera fait en sorte que le murmure n’est pas sa place en communauté. L’abbé devra veiller à soutenir ses frères et prendre des décisions justes. Les frères devront agir de manière responsable, cohérente à leur engagement premier. La foi en Dieu, la confiance fraternelle, le dialogue sont souvent précieux quand le murmure monte en soi…

Avant tout, les moines ne laisseront jamais apparaître le mal du murmure, sous aucun prétexte, ni en paroles, ni en gestes. (RB 34)
Oui, avant tout, voici ce que nous recommandons : que les moines ne murmurent jamais ! (RB 40)

 Pauvreté

La pauvreté bénédictine se caractérise par la non-possession, la désappropriation. Il ne s’agit pas tant de ne rien avoir (comme par exemple, chez les clarisses qui vivent essentiellement de dons) que de ne rien avoir à soi. Ce qui importe à Benoît, c’est que nos mains ne se ferment sur rien, ni notre cœur d’ailleurs. Ni biens, ni personnes, ni grandes idées…

Juste des mains ouvertes, prêtes à recevoir, prêtes à se tendre, prêtes à se donner. Chacun selon ses besoins et pas de murmure. Cette forme de pauvreté ouvre aussi à la parole échangée avec un(e) autre, pour demander, pour recevoir, pour remercier.

Voir quelques-uns des chapitres de la Règle correspondants :
    RB 33 : si les moines peuvent avoir quelque chose en propre,
et RB 34 : Si tous doivent recevoir de manière égale le nécessaire.

Office

Derrière ce mot, se cachent les six prières quotidiennes au cours desquelles la communauté se rassemble à l’Église pour prier. On les appelle aussi « Liturgie des heures » (voir l’article). Ils se distinguent de la messe, entre autres par le fait que c’est la prière de tout baptisé, seul ou en Église. Le psautier et la Bible en sont les éléments les plus présents.
Office, ce mot, laisse aussi pressentir que c’est une œuvre, un travail. Celui de Dieu qui y façonne nos âmes, celui du priant qui persévère dans la prière.

Silence

« Le silence ne consiste pas simplement à se taire, c’est au contraire l’art difficile de servir la parole, quand, où et comme il faut » (St Basile)

213silenceJour après jour, nous tentons de laisser de plus en plus de place au silence dans notre quotidien, comme dans notre tête et notre cœur. Il n’est (évidemment !) pas question de mutisme, mais bien plus d’écoute, d’attention, d’ouverture à ce qui pourrait survenir. Quelle place y aurait-il là où tout est plein ? "Comment savoir quel mot Tu dis si je ne tiens mon cœur ouvert ?"

« Le vrai silence n’abîme jamais la charité » (Madeleine Delbrel)

Le moine parle peu pour que sa vie parle, pour que sa vie chante. Le silence, lorsqu’il est cultivé, donne une acuité toute neuve, à laquelle chacun est appelé. Même dans la vie parisienne !

***

Mais où sont passés les mots d’obéissance, stabilité, conversion ou encore vœux ? Ils sont tout simplement dans l’article qui leur est consacré : Les vœux. Bonne lecture !

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre