Vivre en communauté

… ensemble au quotidien…

Les vœux

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Le chemin d'engagement

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La formation permanente

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Les vœux

La vie monastique est une marche à la suite du Christ, comme toute vie chrétienne.
Il y a des étapes sur la route : une jeune commence par regarder notre vie, puis elle demande de la partager un peu plus. C'est l'entrée au noviciat. Après environ deux années de noviciat, la candidate s'engage pour trois ans en prononçant des vœux temporaires. Enfin la professe temporaire s'engage pour toujours. C'est l'étape de la profession solennelle.
Chemin par étapes donc, où le discernement et l’engagement réciproques sont requis. Certes, mais… engagement à quoi ?

S'engager pour la vie !

S’engager, pour choisir de marcher sur un chemin pour aller toujours de l’avant sur la voie tracée par le Christ, en réponse à son appel.

S’engager, pour donner à sa réponse une dimension visible, institutionnelle. Tout comme le mariage pour un couple. Dès lors, notre désir de vivre à la suite du Christ dépasse notre personne, il est inscrit dans une communauté, une alliance.

S’engager, en vie bénédictine, et émettre le vœu – le souhait – de vivre l’obéissance, la stabilité, la conversion.  231engagerEt ce, pour la vie !

Obéissance

Tout l’Évangile parle de l’obéissance de Jésus à son Père, à la volonté du Père. Une obéissance, dès lors, qui n’est pas – comme elle reste dans certains stéréotypes – un affadissement de la personne, mais bel et bien le lieu de sa croissance. Jésus en parle même comme de sa nourriture ! C’est dire si rentrer dans ce mouvement d’écoute et de dialogue appelle à faire grandir en liberté, en responsabilité, en humanité et en audace.
Et même quand  vivre l’obéissance relève à certaines étapes du chemin pascal (RB 68), c’est toujours Pâques qui y germe, c'est-à-dire de la vie.

Toute obéissance chrétienne se compose de deux éléments : se laisser faire et agir. Les deux se rencontrent, se compénètrent et la suture devient invisible, tout comme est invisible la suture qui unit obéissance et joie.

Parce que l’obéissance a sa racine dans l’amour, les traits de son visage ne doivent jamais se figer.
(Adrienne von Speyr)

Stabilité

« Contempler la face de Dieu, c’est marcher sans cesse à la suite du Verbe » (Grégoire de Nysse)

‘Petite’ phrase de Grégoire de Nysse qui dit à quel point la stabilité n’est pas l’art de se transformer en statue, ni de se momifier. Pour rester dynamique, la stabilité 231stabiliteimplique nécessairement de marcher, de croître, mais autrement que dans un ailleurs. Comme l'arbre qui croît sans pour autant se déplacer physiquement...

La stabilité se veut certes en un lieu, mais aussi et surtout en une communauté. Celle avec qui nous faisons alliance. Ce qu’elle est au jour de notre engagement et ce qu’elle sera. « Épouser le devenir de sa communauté ». Et là, à bien réfléchir, peut-être bien que le premier à avoir fait vœu de stabilité, c’est Dieu, l’Emmanuel. « Si deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là » « Moi, je suis toujours avec vous ». En toute joie, en toute épreuve, en toute nouveauté,… Fidélité « jusqu’au bout ». Stabilité dans le oui, stabilité dans la Parole, stabilité dans l’Alliance, stabilité dans l’agir, stabilité dans l'ardeur...

La douceur des forts fait de l’homme un arbre de paix. On a massacré les arbres sous prétexte qu’ils ne servaient à rien. Et l’on s’aperçoit aujourd’hui que, sans les arbres, la terre n’est plus féconde. Ce temps a besoin d’hommes qui soient comme des arbres, lourds d’une paix silencieuse qui s’enracine à la fois en pleine terre et en plein ciel.
(Olivier Clément)

Conversion

« La stabilité, comme persévérance à changer » (Newman)

231conversionAinsi, la conversion est intimement liée à la stabilité, l’une et l’autre se maintenant et se vivifiant dans l’obéissance.

La conversion…
Serait-ce d’essayer de porter un regard toujours neuf et plein d’espérance, sur soi, sur l’autre, sur Dieu ?
Serait-ce de consentir à ne pas absolutiser ma pensée, ma lumière, ma volonté du moment et quitter mes certitudes bétonnées ?
Serait-ce avoir l’audace de dire ‘je suis en devenir, sur un chemin, créature finie qui a besoin d’avancer, petit pas à petits pas’ ?
Serait-ce choisir de se tourner vers Dieu, de préférer sa lumière à nos ténèbres, sa miséricorde à nos ratés, se (laisser) relever soixante dix fois sept fois ?
Serait-ce de laisser le Christ me guider dans cette incroyable nouveauté du Royaume qu’il ouvre ?
Serait-ce de coopérer à ce que l’Amour soit aimé, connu, partagé, acté ?
Serait-ce ce chemin absolument unique que la grâce donne à chacun de faire jusqu’à la Source de Vie ?

« Le point d’Archimède à partir duquel je peux, en mon lieu, mouvoir le monde est la transformation de moi-même »
(Martin Büber)

Le mot du Pape

A l'occasion de l'année de la vie consacrée, le Pape François a écrit un très beau texte adressé aux consacrés. En voici quelques extraits :

Pour les Fondateurs et les Fondatrices, la règle en absolu a été l’Évangile, toute autre règle voulait être seulement une expression de l’Évangile et un instrument pour le vivre en plénitude. Leur idéal était le Christ, adhérer à lui entièrement, jusqu’à pouvoir dire avec Paul : «231obeissance Pour moi, vivre, c’est le Christ » (Ph 1, 21) ; les vœux avaient du sens seulement pour mettre en œuvre leur amour passionné.

L’Évangile est-il vraiment le vademecum pour notre vie de chaque jour et pour les choix que nous sommes appelés à faire ? Il est exigeant et demande à être vécu avec radicalité et sincérité. Il ne suffit pas de le lire (même si la lecture et l’étude restent d’extrême importance), il ne suffit pas de le méditer (et nous le faisons avec joie chaque jour). Jésus nous demande de le mettre en œuvre, de vivre ses paroles.

Nous devons nous demander encore : Jésus est-il vraiment notre premier et unique amour, comme nous nous le sommes proposés quand nous avons professé nos vœux ? C’est seulement s’il en est ainsi que nous pouvons et devons aimer dans la vérité et dans la miséricorde chaque personne que nous rencontrons sur notre chemin, parce que nous aurons appris de lui ce qu’est l’amour et comment aimer : nous saurons aimer parce que nous aurons son cœur même.

[...]

Dans une société de l’affrontement, de la cohabitation difficile entre des cultures différentes, du mépris des plus faibles, des inégalités, nous sommes appelés à offrir un modèle concret de communauté qui, à travers la reconnaissance de la dignité de chaque personne et du partage du don dont chacun est porteur, permette de vivre des relations fraternelles.

231joieSoyez donc des femmes et des hommes de communion, rendez-vous présents avec courage là où il y a des disparités et des tensions, et soyez signe crédible de la présence de l’Esprit qui infuse dans les cœurs la passion pour que tous soient un (cf. Jn 17, 21). Vivez la mystique de la rencontre : la capacité d’entendre, d’être à l’écoute des autres.

[...]

Que soit toujours vrai ce que j’ai dit un jour : « Là où il y a les religieux il y a la joie ». Que nous soyons appelés à expérimenter et à montrer que Dieu est capable de combler notre cœur et de nous rendre heureux, sans avoir besoin de chercher ailleurs notre bonheur ; que l’authentique fraternité vécue dans nos communautés alimente notre joie ; que notre don total dans le service de l’Église nous réalise comme personnes et donne plénitude à notre vie. Nous aussi, comme tous les autres hommes et femmes, nous avons des difficultés : nuits de l’esprit, déceptions, maladies, déclin des forces dû à la vieillesse. C’est précisément en cela que nous devrions trouver la « joie parfaite », apprendre à reconnaître le visage du Christ qui s’est fait en tout semblable à nous, et donc éprouver la joie de nous savoir semblables à lui qui, par amour pour nous, n’a pas refusé de subir la croix.

C’est votre vie qui doit parler, une vie de laquelle transparait la joie et la beauté de vivre l’Évangile et de suivre le Christ.

Retrouvez le texte complet ici !

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre