Homélie
Prière universelle
JÉSUS ET LA MORT
(Jean 11/1-45)

« L’heure » n’est pas encore venue. Elle approche. Jésus le sait, et il éprouve à la fois désir, angoisse et crainte. Nous imaginons trop souvent un Dieu imperturbable, une sorte de sphinx, à l’abri de toute émotion. Tel n’est pas le Dieu de Jésus Christ. Nous le voyons en proie à une vive émotion quand il apprend la mort de Jean Baptiste, ou quand il se heurte à l’incrédulité de ses compatriotes. Il tressaille de joie sous l’action de l’Esprit Saint, s’émerveille de la foi du centurion ou de la chananéenne. Aujourd’hui nous le voyons bouleversé d’une émotion profonde. Devant le cadavre de son ami Lazare, il pleure.

Jésus n’a pas triché avec son humanité. Ce n’était pas une sorte de vêtement d’emprunt, extérieur à lui-même. Il partage avec nous les mêmes sentiments, les mêmes douleurs et c’est nous qui le faisons passer par là. Certains s’imaginent que s’ils avaient la foi, ils n’auraient pas peur de souffrir ou de mourir. Ils n’ont jamais lu l’évangile.

Nous nous trouvons tous un jour comme lui devant le tombeau d’un être cher. Si nous ne croyons pas que Dieu nous arrache à la mort, au néant, en faisant avec lui ce terrible passage, nous ne connaissons  pas vraiment Jésus Christ.

Une parole doit retenir notre attention: Jésus dit que Lazare meurt « pour la gloire de Dieu ». De même l’aveugle-né était ainsi infirme pour « que soit manifestée la gloire de Dieu ». Dans un cas comme dans l’autre ce qui est au terme du récit c’est l’expression de la foi, celle de l’aveugle, comme celle de Marthe, Marie et des juifs présents. Jésus accrédite les deux sœurs, ses amis, comme d’authentiques disciples, recevant de l’une le plus beau témoignage de sa divinité : "Tu es la Résurrection et la Vie"

A la fin de son évangile Jean dira que c’est dans ce but qu’il a été écrit, pour nous, pour que nous ayons la foi.Tout bascule alors. Ce qui était cause de douleur devient cause de joie.

La foi n’est-elle pas déjà l’expression d’une vie livrée à Dieu, d’une remise confiante entre les mains du Christ ?
N’est-elle pas déjà comme les prémices de la résurrection ?

Il s’agit ici de la foi dans sa perfection, son achèvement. Pour Marthe ou Marie, comme pour l’aveugle il y a eu tout un cheminement. Il a fallu aussi ici la solidarité dans la foi entre les deux sœurs, la force du lien créé par l’écoute commune de la Parole de Dieu. Lors de la célébration de l’Eucharistie, nous avons à prendre conscience que nous sommes le Corps du Christ, promis à la résurrection.  L’attente de la réalisation de cette promesse, c’est le temps de l’épreuve qui conduit à la foi parfaite, celle qui consiste à croire sans avoir vu.

Bon dimanche!

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