Homélie
Prière universelle
HUIT JOURS APRÈS PÂQUES
(Jean 20/19-31)

N’allons pas croire que Jésus passe à travers les portes. Si ses disciples le voient tout à coup dans la pièce où ils étaient enfermés, c’est qu’il était déjà là, d’une présence invisible, mais universelle. Peu à peu ils se souviendront de ce qu’il leur avait dit lors de leur dernier repas : « Moi en eux et Toi, le Père en moi, pour qu’ils soient parfaitement un » Jn 17/20. Le Christ se trouve partout où nous sommes. Les portes sont fermées, non pour permettre d’entrer, mais pour que nous puissions sortir « Je vous envoie » dit Jésus. Il a dit qu’il ferait des croyants réunis sa demeure. Donc là où se trouve le disciple se trouve le Christ. C’est chacun de nous qui devient sa demeure, chacun de nous dans la mesure où il est comme Lui, tourné vers le Père et vers les autres.

Jeudi Saint

Aucun d’eux n’y avait pensé. Où alors ils se sont dit : c’est à un autre de le faire. C’est bon pour les esclaves.Voici que Jésus le fait. St Jean décrit la scène avec une grande solennité, quasi liturgique, à l’étonnement des disciples.

Pourquoi Jésus agit-il ainsi ?

Pour leur donner une leçon, leur inculquer l’esprit de service ? La réponse semble aller de soi, puisque lui-même déclare :

Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez faire de même car je vous ai donné l’exemple

Mais cette interprétation est trop moralisante et pédagogique. Jésus n’est pas venu pour cela. Assez de sages l’ont fait, dans l’histoire même du peuple. Suivre Jésus ne veut pas dire l’imiter dans des actes extérieurs, mais vivre en lui et par lui, se laisser guider par son esprit. Nous devons aller plus au fond des choses.

Comment Dieu nous apparaît-il en Jésus Christ ?  La réponse est dans le premier verset : « Ayant aimé les siens qui étaient dans ce monde, il les aima jusqu’au bout… », ce à quoi il ajoute l’action de laver les pieds des disciples . Il se révèle comme l’amour, mais pas n’importe lequel, un amour sans commune mesure avec ce que nous entendons par là, un amour qui prend la forme du service humble et humiliant. Dieu qui s’abaisse. L’incarnation est l’humilité fondamentale. Dieu qui s’anéantit lui-même en prenant la condition d’esclave, en se rendant semblable aux hommes.

C’est dans ce néant que jaillit la seconde création, celle de l’homme debout, tourné vers Dieu

L'entrée dans la ville
(Mt 21)

Tout a commencé par un malentendu lors de cette entrée à Jérusalem ; C’est un drôle de roi qui est entré, sur une ânesse, une monture peu glorieuse, même quand il faut accomplir l’Écriture, une monture qui ne lui appartient même pas, avec comme escorte une foule de Galiléens, ces gens mal vus de ceux de Jérusalem.

Rien de bien triomphal, tout aussi déconcertant que la crèche de Bethléem.

Mais pour les apôtres c’est enfin l’accomplissement de ce qu’ils espéraient. Jésus prend possession de la ville royale, la cité de David, la ville sainte où il doit inaugurer le Règne de Dieu.

Mais on est en pleine méprise...

JÉSUS ET LA MORT
(Jean 11/1-45)

« L’heure » n’est pas encore venue. Elle approche. Jésus le sait, et il éprouve à la fois désir, angoisse et crainte. Nous imaginons trop souvent un Dieu imperturbable, une sorte de sphinx, à l’abri de toute émotion. Tel n’est pas le Dieu de Jésus Christ. Nous le voyons en proie à une vive émotion quand il apprend la mort de Jean Baptiste, ou quand il se heurte à l’incrédulité de ses compatriotes. Il tressaille de joie sous l’action de l’Esprit Saint, s’émerveille de la foi du centurion ou de la chananéenne. Aujourd’hui nous le voyons bouleversé d’une émotion profonde. Devant le cadavre de son ami Lazare, il pleure.

Jésus n’a pas triché avec son humanité. Ce n’était pas une sorte de vêtement d’emprunt, extérieur à lui-même. Il partage avec nous les mêmes sentiments, les mêmes douleurs et c’est nous qui le faisons passer par là. Certains s’imaginent que s’ils avaient la foi, ils n’auraient pas peur de souffrir ou de mourir. Ils n’ont jamais lu l’évangile.

L’AVEUGLE NE
(Jean 9)

Il y a dans ce que nous venons d’entendre toute l’histoire de l’humanité, une humanité aveugle, la nôtre. Jean la raconte à partir d’une remarque assez fréquente dans son évangile : « Jésus passait ».

Notre Dieu n’est pas un personnage installé, insensible, immobile. Il passe et nous fait tourner nos regards à l’avance vers le grand passage de Pâques, celui du baptême.

Jean campe dans cette scène toutes les attitudes que les hommes vont prendre par rapport à Jésus :

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre