Homélie
Prière universelle

 

Prière Universelle

La Grande Semaine s’ouvre aujourd’hui sur un monde en proie à la pandémie.
Tournons nous vers la Croix du Christ et prions pour la famille humaine.

Pour le Pape François et les dirigeants des autres Églises,
afin qu’ils trouvent les paroles justes pour faire entrer les Chrétiens
dans les grandes célébrations de cette semaine, à travers les médias,

R 60 Nous implorons, Seigneur, ta miséricorde !

Croire, Aimer, Vivre
(Jean 11/1-45)

« L’heure » n’est pas encore venue. Elle approche. Jésus le sait, et il éprouve à la fois désir, angoisse et crainte. Nous imaginons trop souvent un Dieu imperturbable, une sorte de sphinx, à l’abri de toute émotion. Tel n’est pas le Dieu de Jésus Christ. Nous le voyons en proie à une vive émotion quand il apprend la mort de Jean Baptiste, ou quand il se heurte à l’incrédulité de ses compatriotes. Il tressaille de joie sous l’action de l’Esprit Saint, s’émerveille de la foi du centurion ou de la cananéenne.

Aujourd’hui nous le voyons bouleversé d’une émotion profonde. Devant le cadavre de son ami Lazare, il pleure. Jésus n’a pas triché avec son humanité. Ce n’était pas une sorte de vêtement d’emprunt, extérieur à lui-même. Il partage avec nous les mêmes sentiments, les mêmes douleurs et c’est nous qui le faisons passer par là.
Certains s’imaginent que s’ils avaient la foi, ils n’auraient pas peur de souffrir ou de mourir. Ils n’ont jamais lu l’évangile. Nous nous trouvons tous un jour comme lui devant le tombeau d’un être cher. Si nous ne croyons pas que Dieu nous arrache à la mort, au néant, en faisant avec lui ce terrible passage, nous ne connaissons pas vraiment Jésus Christ.

"Confiné dans sa cécité il a quand même fait confiance à Jésus pour en sortir !"
(Jean 9.1.41)

Il y a dans ce que nous venons d’entendre toute l’histoire de l’humanité, une humanité aveugle, la nôtre. Jean la raconte à partir d’une remarque assez fréquente dans son évangile : « Jésus passait ». Notre Dieu n’est pas un personnage installé, insensible, immobile. Il passe et nous fait tourner nos regards à l’avance vers le grand passage de Pâques, celui du baptême.

Jean campe dans cette scène toutes les attitudes que les hommes vont prendre par rapport à Jésus :

- celui qui se sait aveugle et qui n’aspire qu’à la guérison. Il accèdera à la lumière par la foi.
- il y a ceux qui se désintéressent de la guérison parce qu’ils ne veulent pas d’histoires. « Tu veux devenir chrétien ? c’est ton affaire ». C’est le grand nombre des indifférents.
- Il y a ceux qui se croient lucides alors qu’ils ne font qu’utiliser leur savoir pour renforcer leur aveuglement.
- Il y a ceux qui croient pouvoir juger le mendiant guéri et le jettent dehors, lui et Jésus. Ils resteront dans leur cécité définitive.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre