Homélie
Prière universelle
Ceux que Tu m'as donnés
(Jn 17/1-11)

Tout au long de notre lecture de Saint Jean, nous revenons souvent sur cette question posée à Jésus par Jean et André lors de leur première rencontre, sur les bords du Jourdain : « Où demeures-tu ?», c’est à dire « D’où viens-tu ? »

Lui n’a jamais cessé de les introduire peu à peu dans son intimité, dans ce secret qu’il voulait leur faire partager, à la fois ce qu’il est pour eux et ce qu’il n’a jamais cessé d’être, le fils bien aimé du Père. Eux n’ont jamais cessé de s’interroger à son sujet, en hésitant à le reconnaître, en butant sur des paroles ou des comportements qu’ils ne comprenaient pas.
Maintenant ils ont la réponse. Ils viennent de lui dire :

« Enfin tu parles clair. Nous voyons maintenant que tu sais tout, pas n’est besoin qu’on t’interroge.
Cette fois nous croyons que tu es sorti de Dieu »
16/30  

Reconnaître Dieu pour ce qu’il est, c’est toujours une tâche qui rencontre en nous bien des obstacles.

Nous le soupçonnons d’être le rival de l’homme, de ne pas vouloir vraiment notre bonheur. Le serpent (cf Genèse 2-3) continue de murmurer à notre oreille : « Dieu vous a menti ». Pour beaucoup cela aboutit à ce que le Père et le Fils soient méconnus, refusés et que Dieu soit finalement exclu en la personne du témoin, le Christ. L’heure vient où la vérité sur Dieu est rétablie par le Christ. La glorification de Dieu passe par Lui et aussi par nous

« Je trouve ma gloire en eux » (Jn 17/10) dit Jésus en parlant de ses disciples.

Dans ce que nous venons d’entendre, il y a à la fois les mots de Jésus qui dit à son Père combien il l’aime, et ce qu’il lui dit de nous :

« Ne les abandonne pas. Là où je suis-je veux qu’ils soient eux aussi »
17/24.

Les deux sont indissociables. L’expression « ceux que tu m’as donnés » revient sans cesse… une dizaine de fois !      
C’est en nous parlant de Dieu comme d’un Père, en nous le faisant voir comme sortie de soi, mouvement vers l’autre, que Jésus nous dit le secret de Dieu. Il est essentiellement tourné vers l’autre, relation. La paternité chez lui ne s’ajoute pas à la divinité. Il est Dieu dans la relation qui l’unit au Fils.

Quand il dit « Tu es mon Fils bien-aimé », il se dit tout entier.

Mais le lieu où se manifeste cette gloire de Dieu, c’est la croix, celle que nous lui avons dressée, d’où il nous dit qu’il nous a aimés jusqu’au bout. En regardant la croix, nous apprenons que Dieu est don de soi, que sa toute-puissance est celle de l’amour. Dressée à jamais sur le monde, par nous et devant nous, la croix n’est donc pas signe de mort, ni de châtiment ou de revanche, mais d’amour. Telle est la bonne nouvelle qui rejoint chacun de nous, celle de la gloire de Dieu et de la vie pour le monde.

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