Homélie
Prière universelle
Tu m’as tissé
(sur Jn 17)

Avouons-le, le dogme de la Trinité est peut-être, dans la foi chrétienne, celui qui est le plus difficile à admettre. Aussi bien juifs que musulmans, avec lesquels nous partageons la foi en un Dieu unique, ne comprennent pas pourquoi les chrétiens ont imaginé une chose pareille. Hérétiques pour les juifs, associateurs pour les musulmans, ils refusent de nous reconnaître comme eux fils d’Abraham.

En ceci il ne s’agit pas d’abord de doctrine, mais d’expérience, celle des disciples de Jésus qui ont vu toute la place que le Père tenait dans sa vie, qui ont appris de ses lèvres à nommer Dieu le Père,(Ps 89/27) tout en le découvrant  lui, Jésus, comme l’Envoyé du Père, image parfaite du Père, en même temps qu’il leur promettait la venue d’un Autre lui-même, présent dès l’origine, mais capable de défendre sa mémoire et d’assurer à tout jamais, sous une autre forme, sa visibilité.

Enfant prodigue
(Luc 15/1-3 11-32)

Si vous soutenez le fils cadet, tapez 1. Si vous soutenez le fils ainé, tapez 2.
Vous avez 7 minutes pour faire connaitre votre choix.
Vous pouvez envoyer SMS, mail, coup de fil au numéro qui ne s’affiche pas. L’appel est gratuit, pas de surtaxe. Vous pouvez même lever la main, si vous soutenez le fils cadet, ou si vous soutenez le fils ainé.
Après tout pourquoi pas ! Il n’y a pas au moins une soirée par semaine où il nous est proposé de voter pour soutenir tel ou tel candidat chanteur, ou danseur, ou cuisinier. Alors pourquoi pas pour l’un ou pour l’autre fils de la parabole.
Et la victoire revient au … au …
Bien sûr il y a l’avis du public, mais il y a aussi l’avis de ceux qui ont voté par correspondance, et il y a l’avis de ceux qui, depuis des siècles, méditent, contemplent, entrent dans le portrait que Jésus dresse de son Père par cette parabole. Aussi la victoire revient au Père. C’est d’ailleurs le titre donné à notre journée de pèlerinage sur les traces des saints de la Brie : « recevoir et vivre la miséricorde – miséricordieux comme le Père ».

Je crois en l'Esprit Saint
(sur Jn 14)

On dit facilement de quelqu’un qu’il a l’esprit mauvais, tordu ou qu’il a un esprit lucide, brillant, de la présence d’esprit, etc…

Le langage courant nous dit que l’Esprit est là, tout proche de nous puisqu’il pénètre tout jusqu’à nos façons de parler. Pourtant l’Esprit nous échappe puisque nous avons bien du mal à en donner une définition. Nos souvenirs du catéchisme sont le plus souvent bien vagues et ce qu’on dit sur l’Esprit nous parait bien abstrait.

C’est déjà dire que derrière le visible se cache l’invisible. Dire que Dieu est Esprit, c'est donc affirmer qu’il est tout proche de nous en même temps qu’il nous échappe.

Primitivement, dans le langage de la Bible, l’Esprit c’est le vent, le souffle, la respiration comme signe de la vie. L’Esprit de Dieu, c’est l’Esprit créateur qui « planait sur les eaux » au début de la Genèse, celui qui maintient le monde dans l’existence.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre