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Textes à méditer

Il y eut devant le Seigneur un vent fort et puissant qui érodait les montagnes et fracassait les rochers; le Seigneur n'était pas dans le vent. Après le vent, il y eut un tremblement de terre; le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre. Après le tremblement de terre, il y eut un feu; le Seigneur n'était pas dans le feu. Et après le feu le bruissement d'un souffle ténu.1er livre des Rois, chap. 19

Tendre l’oreille au plus profond de son cœur… jusqu’à y discerner cette musique de fin silence dans laquelle Dieu se révèle.
C’est là aussi que résonne la Parole de Dieu, non pas celle écrite dans nos Bibles, mais « celle écrite avec l'Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs. »
Pour conduire sur le chemin de ce silence du cœur, nous vous proposons quelques textes à méditer. Tirés de la Bible, ou d’auteurs de différentes époques, nous espérons qu’ils vous donneront le goût de faire halte « dans le ciel de votre âme » (Élisabeth de la Trinité

L'un de nos amis jésuites, le Père Christian Mellon, a célébré l'Eucharistie de la Toussaint 2014. Il a accepté que nous partagions plus largement sa méditation. La Toussaint est une fête magnifique, hélas souvent confondue avec le lendemain, 2 novembre, où nous faisons mémoire de nos défunts, qui eux sont sur la voie de la sainteté.

Homélie du Père Christian Mellon, sj

Nous fêtons aujourd’hui « tous » les saints. Mais ce mot « tous » invite à poser une question légitime : « combien sont-ils » ?
Petit problème d’arithmétique…
Une première réponse – mais on sent bien que ce n’est pas la bonne – consiste à additionner toutes celles et ceux qui, depuis 2000 ans, ont été déclarés « saints », soit par la piété des fidèles, soit au terme de procédures de « canonisation » mises en place par les autorités de l’Église. Ils sont certes très nombreux, mais s’il y a une fête de « tous les saints », c’est parce qu’il y en a beaucoup d’autres, jamais « répertoriés ».

Alors faut-il prendre au pied de la lettre le chiffre indiqué dans le texte de l’Apocalypse que nous venons d’entendre : 144 000 ? Mais on sait bien que c’est un chiffre symbolique, destiné à souligner la continuité avec les 12 tribus d’Israël. Ce n’est pas un décompte réaliste ! D’ailleurs, dès la phrase suivante, il est question d’une « foule immense, que nul ne pouvait dénombrer ».

Alors ? Eh bien la seule bonne réponse, c’est 1. Un seul est saint : Dieu.

Nous ne cessons de l’entendre dans la Bible, de le redire dans nos liturgies. « Dieu qui seul est saint », dit la prière qui va conclure notre liturgie de ce jour. Si la « foule immense » est celle des saints, c’est donc parce qu’elle est une au seul Saint. Elle est le « peuple de Dieu », le « corps du Christ », animé de Son Esprit, que nous appelons justement l’Esprit Saint.

Membres de ce peuple, nous sommes saints à l’invitation de Celui qui nous dit « Soyez saints comme je suis saint ». Mais là, quelque chose en nous proteste : c’est vraiment mettre « la barre trop haut » ! Ce n’est déjà pas facile de chercher à être saint comme François d’Assise, Jean-Paul II ou Thérèse de Lisieux ; alors, si on nous dit qu’il faut être saint « comme Dieu », c’est décourageant ! On ne va jamais y arriver…

Eh bien, justement, on ne nous demande pas « d’y arriver », mais d’y consentir. Les textes de cette fête nous disent : « vous y êtes ! ».
Oublions cette histoire de barre à franchir, de perfection morale à atteindre : être saint ce n’est pas une question d’observance des commandements.

C’est laisser transparaître la sainteté de Dieu à travers toute notre vie.

Autre manière de le dire : c’est se reconnaître « enfants de Dieu », comme nous y invite St Jean dans la deuxième lecture. On n’est pas « enfant de Dieu » parce qu’on le mériterait par notre bon comportement : des parents attendent-ils, pour aimer leur enfant, qu’il le « mérite » ? Il est significatif que la liturgie de ce jour ne nous propose pas d’entendre les 10 commandements, mais les Béatitudes. Les Béatitudes ne sont pas des commandements à observer. C’est un chemin de bonheur proposé par l’Esprit Saint au « peuple saint » : ceux qui désirent – d’un désir actif, bien-sûr – vivre en enfants de Dieu », œuvrer pour que vienne le Royaume de Dieu, royaume de paix, de justice, de pardon, de vie simple, orientée par le service du frère…

Ce chemin de bonheur ne nous isole pas : il est à suivre en communion avec tous les saints de ce « peuple immense » dont le Christ est la tête. L’Évangile des Béatitudes nous invite à vivre notre vie d’enfant de Dieu, sanctifié par l’Esprit, dans la sainteté de la vie ordinaire, dans le quotidien des attitudes de douceur et de pardon, des actions pour la paix et la justice, dans la simplicité d’une vie où l’on ne s’encombre pas… Oui, il est possible, disait Madeleine Delbrel, à « nous autres, gens des rues » de vivre l’extraordinaire de Dieu dans l’ordinaire de nos jours.

Tournons nos cœurs, en ce jour, vers Celui « qui est la source de toute sainteté » (Prière eucharistique II) et remercions Le pour l’exemple que nous donnent les « grands saints », mais aussi pour la sainteté du « peuple saint », dont nous sommes si nous le désirons, si nous le voulons.

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