Chroniques de Jouarre

Le confinement vu depuis l’abbaye

Après « le coronavirus vu depuis l’abbaye », voici « le confinement vu depuis l’abbaye ». En effet, pour le moment, pas de coronavirus chez nous. Nos proches, nos amis, nos familles sont éprouvés, voire endeuillés. Et cela nous touche... profondément.
Cependant, en haut de la colline de Jouarre, pas de covid-19 repéré en clôture. Ou sinon c’est qu’il est là mais qu’il se cache bien. Espérons que cela dure. Les tests systématiques annoncés le décèleront peut-être… D’ici là, vivons l’aujourd’hui.

Car le confinement c’est déjà cela. Vivre aujourd’hui, comme aujourd’hui se présente.

Pour nous c’est avec la grâce de célébrations liturgiques qui ne perdent rien de leur dynamisme. Pas de doute, vous nous manquez. Pas de doute, nous sommes heureuses de pouvoir continuer à partager avec vous Laudes-Messe et Vêpres. L’écran interposé est là, certes. Mais la communion aussi. Vous êtes absents, mais vous nous êtes présents.
Et – faut se le dire – vous êtes assez géniaux. Chacun à sa manière : Le concours de poésie en témoigne à sa manière. La fidélité aux offices à la sienne. La confiance des intentions de prière. La solidarité commerciale. Le petit mot plein de douceur. La boite de chocolats arrivée toute seule ;-)

Le confinement est l’occasion de bien des délicatesses et des initiatives touchantes. C’est ainsi – par exemple et à notre échelle – qu’un pâtissier de Jouarre propose à ses clients qu’il livre le week-end de joindre une confiture NDJ à leur brioche ;-) Un petit rien, mais qui dit beaucoup d’entraide et de magnanimité. Merci aussi à celle qui en a eu l’idée ! Certainement, vous êtes témoins et même acteurs de ces multiples gestes où le confinement n’empêche pas l’attention aux autres, la « sortie de soi » comme dirait le pape François.

Le confinement, pour nous, c’est aussi l’occasion de se donner un autre rythme. Sans hôtes à accueillir, sans commandes aux ateliers, sans clients au magasin, sans groupes d’enfants à rencontrer, il n’y a bel et bien plus que nous pour rythmer notre quotidien. Besoin d’un grand temps de ressourcement avec une journée de désert : c’est parti ! Besoin de décaler d’un quart d’heure l’office pour pouvoir visionner un film plus long qu’à l’habitude : c’est parti ! Pendant que les aînées ont savouré un Louis de Funès, nous optons pour « De toutes nos forces ». Une belle histoire de personnages qui auraient pu rester ‘confinés’ dans leur position, leur comportement, leur mode relationnel, et que la soif d’un plus ‘fragile’ a conduit à oser un « autrement ». Et si le principal déconfinement à vivre était intérieur…

Le confinement c’est aussi voir apparaitre un tableau de ‘gestion du réseau’, ou l’art fraternel de ne pas saturer la connexion en ayant toutes un Zoom, Skype, Jitsi ou autre à la même heure. C’est original… mais quand même les sœurs de 80 ans s’y mettent pour des téléconsultations – c’est super ! –, autant vous dire que les ordis de la maison ne chôment pas. ;-)

L’heure va être au déconfinement. Nouveau défi pour notre vie communautaire. Alors que les profils de santé sont très variés, certaines vont retrouver l’extérieur, d’autres moins ou pas. Moment-clé où les gestes barrières vont redevenir essentiels, vitaux même. Pour vous aussi.

Prenez soin de vous.
Vous nous êtes chers.
Prenez soin de vous !
Et… aimez !

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