Homélie
Prière universelle
SE CONVERTIR
(Luc 13/1-7 24.3.19)

Non, les voyageurs de l’avion qui vient de s’écraser, les victimes d’un terroriste, celles des accidents de la route ne sont pas plus pêcheurs que les victimes de tremblements de terre ou de bombardements. La mort est toujours là, brutale, inopinée, ou au terme d’une longue maladie. La cécité de l’aveugle-né dans saint Jean n’était due ni à ses propres péchés ni à ceux de ses parents.
L’idée de malheur lié au péché et à une punition divine est aussi vieille que l’humanité.

La Bible la prend en charge et lui fait subir un traitement qui ne portera ses fruits que lors de la mort et de la résurrection du Christ. Là nous apprenons que Dieu laisse crucifier Jésus, que les armées d’anges ne bougent pas. Nous avons du mal à nous défaire de l’idée d’un Dieu interventionniste, soit pour punir ou pour tirer d’affaire. Ce Dieu n’est pas le nôtre, le Dieu de Jésus Christ. Il est avec nous certes, l’Emmanuel, mais d’abord pour partager ce que nous avons à traverser et pour donner à toute chose une issue de vie et de gloire. Serviteur, il se met entre nos mains afin de pouvoir nous prendre entre les siennes.

Mais alors que signifie la formule inquiétante : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous ? »

St Luc nous rapporte que Jésus est au milieu de gens qui lui font part d’un drame qui vient de survenir, l’un de ces faits divers comme nous en apprenons tous les jours. Nous avons vu la scène : chacun y va de son avis sur la responsabilité, les conséquences, etc, en ignorant qu’Il est là, Lui, au milieu d’eux, Vérité, Lumière.

Lui seul peut nous justifier en nous faisant sortir de nous mêmes, pour aller à la rencontre de l’Autre.

Se convertir,
c’est aller vers notre vérité d’hommes,
nous humaniser,
restaurer en nous l’image de Celui qui nous a créés.

Ou nous sommes l’image de Dieu ou nous ne sommes rien, c’est à dire promis à la mort. Seul l’amour par lequel nous ressemblons à Dieu peut nous sauver de la mort. C’est cet amour qui a conduit le Christ à se soumettre à la mort, lui le seul juste qui n’était pas promis à la mort. Il nous rejoint sur le chemin de notre mort. Crucifié, il franchit la mort. Solidaires de nous dans notre destin de pêcheurs, nous devenons solidaires de lui dans sa résurrection. Du côté de l’homme il est impossible d’entrer dans le royaume de Dieu, mais rien n’est impossible à Dieu.
Il reste toujours une chance à l’arbre sans fruit, déjà promis à la mort : le travail du jardinier, c’est à dire Dieu lui même agissant par le Christ. Dans notre détresse, une main se tend. Il dépend de notre liberté de la saisir.

« La gloire de mon Père c’est que vous portiez du fruit »
Jn 15/1

Quelques pistes pour aller plus loin : (pour creuser par vous-mêmes, échanger sur le tchat ci-dessous ou par mail avec notre aumônier) :

- Au cours de ce carême, sur quel point ai-je décidé de changer ? Où en suis-je ?
- Les événements, les faits divers. Est-ce que je réagis en ouvrant l’évangile ? Ai-je la possibilité d’en parler avec d’autres ?
- En cas d’échec, suis-je décidé à recommencer ?
- Cet évangile, que m’apprend-il de l’homme vigneron, propriétaire ? de Jésus ?



Prière Universelle

Fascinés par ce buisson d’amour qui ne se consume pas,
approchons-nous avec confiance de Dieu notre Père qui se fait proche de chacun ,
et supplions-le pour tous nos frères en humanité.

R/I-52 : « Souviens-toi de ta miséricorde, ô notre Père. »

1.Confions à notre Père, Dieu de toute consolation, l’Église et ses pasteurs :
Qu’en ces temps où se révèlent tant de scandales en son sein,
chacun puise en Jésus-Christ crucifié, mort et ressuscité, son unique espérance.

2.Confions à notre Père, Dieu des miséricordes, notre monde rongé par des guerres aveugles et sans fin :
Que parmi les responsables politiques et économiques se lèvent des hommes décidés à construire la Paix.

3.Confions à notre Père, Dieu de Jésus-Christ,
les catéchumènes qui franchissent ces jours-ci les dernières étapes avant leur baptême :
Qu’ils reçoivent de la communauté chrétienne qui les entoure, soutien fraternel et réconfort dans la foi.

4.Confions-nous les uns les autres ce matin à Dieu Notre Père :
Qu’Il nous prenne en pitié et nous fortifie dans notre désir de conversion.

Dieu de miséricorde reçois notre prière,
et accorde à chacun la pleine mesure de ce qui lui est nécessaire
pour marcher d’un cœur joyeux sur le chemin que tu nous ouvres durant ce carême.
Toi qui règne aux siècles des siècles.
Amen

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre