Homélie
Prière universelle
Je crois en l'Esprit Saint
(sur Jn 14)

On dit facilement de quelqu’un qu’il a l’esprit mauvais, tordu ou qu’il a un esprit lucide, brillant, de la présence d’esprit, etc…

Le langage courant nous dit que l’Esprit est là, tout proche de nous puisqu’il pénètre tout jusqu’à nos façons de parler. Pourtant l’Esprit nous échappe puisque nous avons bien du mal à en donner une définition. Nos souvenirs du catéchisme sont le plus souvent bien vagues et ce qu’on dit sur l’Esprit nous parait bien abstrait.

C’est déjà dire que derrière le visible se cache l’invisible. Dire que Dieu est Esprit, c'est donc affirmer qu’il est tout proche de nous en même temps qu’il nous échappe.

Primitivement, dans le langage de la Bible, l’Esprit c’est le vent, le souffle, la respiration comme signe de la vie. L’Esprit de Dieu, c’est l’Esprit créateur qui « planait sur les eaux » au début de la Genèse, celui qui maintient le monde dans l’existence.

Les yeux vers le ciel
(Jean 17/20.26)

« Qu’est-ce qui a changé depuis cinquante ans ? »
Il y a peu de temps un journal présentait une série de statistiques portant sur des objets fort divers. Cela allait du nombre des centenaires à celui des frigidaires en passant par celui des ordinateurs et des bacheliers. Il n’y avait pas de commentaires, mais de quoi réfléchir. Quel moteur à tous ces changements ? L’argent, la facilité, la volonté de puissance, le désir instinctif, le besoin de faire comme tout le monde ?

Or les lectures que nous venons d’entendre vont dans un tout autre sens :
. Étienne qui regarde vers le ciel et contemple les cieux ouverts et la gloire de Dieu.
. Jean, qui écoute la voix qui déclare : « voici que je viens sans tarder… Je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin…
. Jésus qui prie les yeux tournés vers le ciel.

Chrétiens nous sommes invités à tourner nos yeux vers le ciel, non pas vers un avenir qui nous arracherait à la vie quotidienne, mais une réalité nouvelle. Jeudi, en la fête de l’Ascension, nous avons essayé de mieux comprendre ce qu’il fallait entendre par « ciel ».

 

Prière universelle

Dans l’allégresse de l’Ascension du Christ
qui nous a rouvert le chemin vers le Père,
prions en toute confiance.

R/ I 29b Exauce-nous, Dieu notre Père

Pour l’Église, messagère de l’Évangile
afin que les yeux et le cœur fixés sur Jésus monté au ciel
elle apprenne de plus en plus au milieu des tribulations
à ne compter que sur Lui, son Seigneur bien-aimé,
prions ensemble. R /

Demeurer dans l'Amour
(sur Jean 14/23-28)

« Seigneur, d’où vient que tu te fasses connaître à nous et non pas au monde ? »
Jésus venait de leur dire qu’il allait les quitter mais qu’il reviendrait pour les prendre avec lui. Ils n’étaient qu’un petit groupe de disciples pour une tâche immense, lancés seuls dans l’inconnu avec la perspective de l’attente, d’où leur question. Et Thomas d’ajouter : « Nous ne savons même pas où tu vas ! » et Philippe de dire : « Montre nous le Père et cela nous suffit »

La réponse de Jésus : « Gardez la parole ».

Et il précise que ce n’est pas seulement affaire de mémoire, mais d’amour : « Si quelqu’un m‘aime il gardera ma parole », ce qui s’est imprimé dans son esprit et son cœur et va le pousser dans la vie. Il va découvrir ce que veut dire vivre dans l’Esprit.

Les conduites selon l’amour sont multiples. Elles sont l’effet de la réalité invisible qui nous habite, l’Esprit qui nous permet de donner sens à ce que nous vivons.
L’Esprit est en nous comme la sève dans le cep et les sarments. L’Esprit est en nous présence du Père et du Fils, donc de cette relation d’accueil et de don qui fonde tout ce qui vit. Dieu demeure ainsi en nous et nous demeurons en lui dans la mesure où nous entérinons cette présence en nous. Rien ne se passe sans notre liberté.

Il s’agit de faire notre demeure dans cet amour dont nous sommes aimés. Le mot « demeurer » revient trois fois dans cet évangile. Une comparaison peut nous aider à le comprendre : Où demeurons-nous exactement ? On se le demande quand il nous arrive de déménager souvent. Il y a plusieurs réponses : celle figurant sur notre carte d’identité, le lieu de notre naissance où nous avons tant de souvenirs, ou bien plus réellement là où nous avons des amis, là où nous existons pour les autres. Or la réalité, c’est que nous sommes aimés par Dieu qui nous a aimés le premier. C’est en lui que nous habitons d’une certaine manière, sa Parole est notre maison que nous pouvons ouvrir à d’autres, une belle et grande maison que nous sommes heureux d’habiter.

C’est à ce titre que l’Église, à commencer par la paroisse, se doit d’être une communauté fraternelle où l’on apprend à se connaître, parce qu’elle est demeure de Dieu parmi les hommes. Ainsi les disciples du Christ sont reconnaissables à l’amour qu’ils portent aux autres, à la simplicité de leur vie, à leur bonté. Mais tout cela est fondé sur la réalité et la vitalité de leur foi, ce que l’Esprit verse en leur cœur venant du Père dans le Christ. Le signe auquel on reconnaît que c’est l’œuvre de Dieu, c’est la Paix, non pas l’indifférence, le repli sur soi, l’élaboration de difficiles accords diplomatiques, mais la Paix du Christ, fruit d’une assurance intérieure.

D’où vient-elle ? Jésus nous le dit en ce qui le concerne. Elle vient du Père, source de vie, d’où il tient tout, au point de ne faire qu’un avec lui et l’Esprit. Faire sa volonté, c’est sa raison d’être, et il faut que le monde le sache.

1er mai 2016

Prière universelle

Jubilez
(sur Jean 13/31.35)

Il est question de la gloire de Dieu tout au long de l’évangile de Jean, mais le mot retentit plus fortement encore du fait de sa répétition dans les deux premiers versets.

Dans toute la Bible la gloire de Dieu c’est la manifestation visible de Dieu dans l’histoire. Ici c’est plus particulièrement l’amour de Dieu qui va jusqu’au bout, jusqu’au don total de soi qui passe par la mort. Notons d’ailleurs que Judas est sorti quand Jésus parle de glorification. Il a disparu dans la nuit..Pour Jésus, la gloire qu’il annonce c’est celle de la croix. Dans sa mort, Jésus va rejoindre Judas. C’est cela la glorification, celle que Dieu seul est à même de faire, l’impensable.

L’évangile poursuit : « Maintenant le fils de l’homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt » Il le glorifiera immédiatement, tout de suite, sans attendre. Le passage du passé au futur indique que l’événement concerne le passé, le présent et l’avenir. Nous sommes à un moment qui est à la fois dans le temps et hors du temps, comme lorsque Jésus dit : « ceci est mon corps…ceci est mon sang » La gloire de Dieu, sa présence réelle parmi nous échappe à ceux qui sont dans le monde. Elle n’est accessible que par la foi. A ce moment du récit, tout est déjà joué. Les événements n’apporteront rien de plus. Les ténèbres vont se déchaîner et plonger le monde dans la détresse, mais Jésus a vaincu le monde.

En s’adressant aux disciples Jésus leur dit : « Mes petits enfants, je suis encore avec vous pour peu de temps ». Ce sont encore des petits enfants dans la foi. Ils suivent le Maître depuis trois ans, mais ils ont encore besoin de grandir pour devenir pleinement amis, témoins, temples de Dieu. Ils vont avoir à grandir en charité, en sainteté à la suite de Jésus, chemin qui passe par de grandes joies et bien des souffrances. Par son commandement nouveau, Jésus crée une alliance nouvelle. Il nous appelle à vivre en communion les uns avec les autres, à se mettre au service les uns des autres comme il l’a fait.

Il y a cinquante ans, sœur Placide a pris ce chemin. Aujourd’hui nous rendons grâces à Dieu avec elle pour le don qui lui a été fait à elle et à nous tous, de manifester sa gloire, car c’est bien de cela dont il s’agit quand quelqu’un répond oui à son appel. Un oui qui se dit dans le temps mais dont la portée va bien plus loin. « Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée pour qu’ils soient un comme nous sommes un et que le monde croie que tu m’as envoyé »Jn 17/22.23

Prière universelle

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre