Homélie
Prière universelle
LE MAUVAIS RICHE
(Luc 16/19.31)

En fond de tableau il y a l’amour des pharisiens pour l’argent. La parabole nous présente deux personnages principaux : le riche, qui s’habillait de pourpre et faisait la fête chaque jour, qui n’a pas de nom, comme si les richesses l’avaient étouffé, et un pauvre, sous son porche, qui ne peut même pas se rassasier de ce qui tombe de la table du riche. Les images sont fortes ; d’un côté la pourpre, le lin fin, de l’autre les chiens, les ulcères.

Le riche n’est pas présenté comme vraiment méchant. Il ne lui est pas d’abord reproché d’être riche, mais de ne pas voir la misère de Lazare à sa porte. Être riche en soi, n’est pas une faute, mais c’est une responsabilité. Il y a plusieurs façons d’être riche, les bonnes et les mauvaises. C’est dangereux, car cela incline à la suffisance plus qu’au partage. Le luxe, l’abondance, endorment les individus, les sociétés, les nations.

Arrive le moment de vérité :

L’INTENDANT INFIDÈLE
(LUC 16/1.13)

Nous voici en pleine actualité avec la corruption, réalité de tous les temps qui atteint de si graves proportions aujourd’hui. Mais il est quand même assez surprenant dans cette lecture que le propriétaire dont les biens ont été dilapidés dise son admiration pour l’intelligence de son voleur. Le père du fils prodigue, dimanche dernier dont l’héritage avait connu le même sort n’allait pas jusque là.

Il est clair que le Seigneur loue ce gérant non pas pour l’injustice, mais pour son habileté. Il a su non pas cacher l’argent et le rendre improductif, mais il l’a mis au service des relations.

CHERCHER ET SE LAISSER TROUVER
(Luc 15/1.32)

D’un côté les collecteurs d’impôts et les pêcheurs. Ils étaient déjà présents lors du repas que Matthieu avait offert en l’honneur de Jésus. Ils s’approchaient de Jésus pour l’entendre sans le suivre comme ses disciples. D’ l’autre côté les pharisiens et les scribes. Chez Mathieu ils murmuraient déjà : pourquoi mangez-vous avec les collecteurs d’impôts et les pécheurs. Ils n’ont pas changé.

En réponse à leurs accusations deux premières paraboles. Jésus s’adresse à chacun et non pas à un groupe : « Quel homme d’entre vous ? » Chacun de nous est concerné. Un homme d’un côté, une femme de l’autre. La brebis perdue, tout comme la drachme devient unique. D’une parabole à l’autre la conclusion est presque identique « La joie advient dans le ciel ou chez les anges de Dieu pour un pêcheur qui se convertit »

Deux paraboles qui donnent à découvrir comment Dieu voit le pêcheur : c’est quelqu’un qu’il perd, comme le berger une brebis et la femme une drachme. Il ne regarde pas la responsabilité du pêcheur, mais il part à sa recherche jusqu’à ce qu’il la trouve. Alors sa joie éclate et il la communique. Pour lui, se convertir, c’est être trouvé par lui. Quelqu’un vient l’écouter, c’est que Dieu l’a trouvé.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre