Homélie
Prière universelle
Donner la Vie
(St Sacrement)

Comme la plupart de nos fêtes, celle d’aujourd’hui a une longue histoire. Les premiers siècles ne l’ont pas connue, mais en tout temps, nous avons été invités à reprendre conscience de ce qui se passe lorsque nous célébrons l’Eucharistie. Il s’agit d’un sacrement, un acte du Christ qui, dans l’Église, par des paroles et des gestes nous rend présents à ce qu’il a accompli lors de son passage de ce monde à son Père. Il emporte avec lui et fait passer en Dieu notre vie actuelle et notre avenir. Eucharistie signifie « action de grâce », c’est à dire reconnaissance pour tout ce que Dieu a fait pour nous, de ce qu’il fait au jour le jour.

Que fait-il ?
Il nous fait exister
et prend en charge nos désirs comme nos fautes,
pour nous faire accéder à sa propre vie.

«De même qu’envoyé par le Père qui est vivant, moi je vis par le Père, de même celui qui me mange vivra par moi » dit-il dans saint Jean. Vivre par quelqu’un, c’est avoir ses pensées, son cœur, pris par lui, c’est être passionné, avoir un but dans la vie. Comme le ressort est ce qui fait mouvoir une montre, la passion est ce qui nous fait vivre. Ceux qui vivaient avec Jésus, qui le voyaient l’écoutaient, savaient qu’il était passionné. Il le disait : « Il faut que le monde le sache : j’aime le Père... »

Nous revivons ce dernier repas de Jésus où il donne le sens de tout ce qui va se passer : « Prenez et mangez… prenez et buvez..  » Comprenons que le Saint Sacrement n’est pas d’abord les hosties que nous conservons dans nos tabernacles, mais notre participation dans la foi au dernier repas de Jésus. La « réserve » n’est là que pour permettre aux absents, en particulier aux malades, de participer à nos célébrations. Nous y avons trop peu recours. Je suis toujours surpris de constater qu’une seule personne parmi vous va porter la communion aux malades ou aux personnes âgées. … 

L’Eucharistie n’est pas seulement là pour nous donner la présence du Christ. Elle le fait, mais cette présence est aussi action, don de la chair et du sang, donc de la vie. Elle ne doit pas passer au second plan. L’adoration du Saint Sacrement n’a de sens qu’en relation avec la Messe et ce qu’elle entraine.

Tu m’as tissé
(sur Jn 17)

Avouons-le, le dogme de la Trinité est peut-être, dans la foi chrétienne, celui qui est le plus difficile à admettre. Aussi bien juifs que musulmans, avec lesquels nous partageons la foi en un Dieu unique, ne comprennent pas pourquoi les chrétiens ont imaginé une chose pareille. Hérétiques pour les juifs, associateurs pour les musulmans, ils refusent de nous reconnaître comme eux fils d’Abraham.

En ceci il ne s’agit pas d’abord de doctrine, mais d’expérience, celle des disciples de Jésus qui ont vu toute la place que le Père tenait dans sa vie, qui ont appris de ses lèvres à nommer Dieu le Père,(Ps 89/27) tout en le découvrant  lui, Jésus, comme l’Envoyé du Père, image parfaite du Père, en même temps qu’il leur promettait la venue d’un Autre lui-même, présent dès l’origine, mais capable de défendre sa mémoire et d’assurer à tout jamais, sous une autre forme, sa visibilité.

Enfant prodigue
(Luc 15/1-3 11-32)

Si vous soutenez le fils cadet, tapez 1. Si vous soutenez le fils ainé, tapez 2.
Vous avez 7 minutes pour faire connaitre votre choix.
Vous pouvez envoyer SMS, mail, coup de fil au numéro qui ne s’affiche pas. L’appel est gratuit, pas de surtaxe. Vous pouvez même lever la main, si vous soutenez le fils cadet, ou si vous soutenez le fils ainé.
Après tout pourquoi pas ! Il n’y a pas au moins une soirée par semaine où il nous est proposé de voter pour soutenir tel ou tel candidat chanteur, ou danseur, ou cuisinier. Alors pourquoi pas pour l’un ou pour l’autre fils de la parabole.
Et la victoire revient au … au …
Bien sûr il y a l’avis du public, mais il y a aussi l’avis de ceux qui ont voté par correspondance, et il y a l’avis de ceux qui, depuis des siècles, méditent, contemplent, entrent dans le portrait que Jésus dresse de son Père par cette parabole. Aussi la victoire revient au Père. C’est d’ailleurs le titre donné à notre journée de pèlerinage sur les traces des saints de la Brie : « recevoir et vivre la miséricorde – miséricordieux comme le Père ».

Je crois en l'Esprit Saint
(sur Jn 14)

On dit facilement de quelqu’un qu’il a l’esprit mauvais, tordu ou qu’il a un esprit lucide, brillant, de la présence d’esprit, etc…

Le langage courant nous dit que l’Esprit est là, tout proche de nous puisqu’il pénètre tout jusqu’à nos façons de parler. Pourtant l’Esprit nous échappe puisque nous avons bien du mal à en donner une définition. Nos souvenirs du catéchisme sont le plus souvent bien vagues et ce qu’on dit sur l’Esprit nous parait bien abstrait.

C’est déjà dire que derrière le visible se cache l’invisible. Dire que Dieu est Esprit, c'est donc affirmer qu’il est tout proche de nous en même temps qu’il nous échappe.

Primitivement, dans le langage de la Bible, l’Esprit c’est le vent, le souffle, la respiration comme signe de la vie. L’Esprit de Dieu, c’est l’Esprit créateur qui « planait sur les eaux » au début de la Genèse, celui qui maintient le monde dans l’existence.

Les yeux vers le ciel
(Jean 17/20.26)

« Qu’est-ce qui a changé depuis cinquante ans ? »
Il y a peu de temps un journal présentait une série de statistiques portant sur des objets fort divers. Cela allait du nombre des centenaires à celui des frigidaires en passant par celui des ordinateurs et des bacheliers. Il n’y avait pas de commentaires, mais de quoi réfléchir. Quel moteur à tous ces changements ? L’argent, la facilité, la volonté de puissance, le désir instinctif, le besoin de faire comme tout le monde ?

Or les lectures que nous venons d’entendre vont dans un tout autre sens :
. Étienne qui regarde vers le ciel et contemple les cieux ouverts et la gloire de Dieu.
. Jean, qui écoute la voix qui déclare : « voici que je viens sans tarder… Je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin…
. Jésus qui prie les yeux tournés vers le ciel.

Chrétiens nous sommes invités à tourner nos yeux vers le ciel, non pas vers un avenir qui nous arracherait à la vie quotidienne, mais une réalité nouvelle. Jeudi, en la fête de l’Ascension, nous avons essayé de mieux comprendre ce qu’il fallait entendre par « ciel ».

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre