Homélie
Prière universelle
LES SERVITEURS INUTILES
(Luc 17/5.10)

Ce sont les apôtres qui interviennent en faveur d’un supplément de foi. Les chapitres précédents traitaient des problèmes qui survenaient au sein de la communauté des disciples, les rivalités, le besoin d’être reconnu, les scandales mêmes, le besoin de patience de pardon. Tout ce groupe ne formait pas une communauté angélique !

Les apôtres dont nous parle S.Luc représentent les responsables des communautés chrétiennes. Ils sont particulièrement concernés par ce besoin de vigilance, de confiance : Ajoute-nous de la foi ! La foi ? Il n’est pas nécessaire d’en ajouter. Il suffirait d’une dose minuscule comme un grain de sénevé pour oser dire à un sycomore : « sois déraciné et va te planter dans la mer, et il obéirait ». L’image n’est pas à prendre au pied de la lettre bien sûr ! Elle veut dire que ce qui semble complètement impossible à nos yeux, Dieu peut le réaliser en eux. Telle est la foi de l’apôtre. Elle ouvre à l’action toute puissante de Dieu, maître de l’impossible.

LE MAUVAIS RICHE
(Luc 16/19.31)

En fond de tableau il y a l’amour des pharisiens pour l’argent. La parabole nous présente deux personnages principaux : le riche, qui s’habillait de pourpre et faisait la fête chaque jour, qui n’a pas de nom, comme si les richesses l’avaient étouffé, et un pauvre, sous son porche, qui ne peut même pas se rassasier de ce qui tombe de la table du riche. Les images sont fortes ; d’un côté la pourpre, le lin fin, de l’autre les chiens, les ulcères.

Le riche n’est pas présenté comme vraiment méchant. Il ne lui est pas d’abord reproché d’être riche, mais de ne pas voir la misère de Lazare à sa porte. Être riche en soi, n’est pas une faute, mais c’est une responsabilité. Il y a plusieurs façons d’être riche, les bonnes et les mauvaises. C’est dangereux, car cela incline à la suffisance plus qu’au partage. Le luxe, l’abondance, endorment les individus, les sociétés, les nations.

Arrive le moment de vérité :

L’INTENDANT INFIDÈLE
(LUC 16/1.13)

Nous voici en pleine actualité avec la corruption, réalité de tous les temps qui atteint de si graves proportions aujourd’hui. Mais il est quand même assez surprenant dans cette lecture que le propriétaire dont les biens ont été dilapidés dise son admiration pour l’intelligence de son voleur. Le père du fils prodigue, dimanche dernier dont l’héritage avait connu le même sort n’allait pas jusque là.

Il est clair que le Seigneur loue ce gérant non pas pour l’injustice, mais pour son habileté. Il a su non pas cacher l’argent et le rendre improductif, mais il l’a mis au service des relations.

CHERCHER ET SE LAISSER TROUVER
(Luc 15/1.32)

D’un côté les collecteurs d’impôts et les pêcheurs. Ils étaient déjà présents lors du repas que Matthieu avait offert en l’honneur de Jésus. Ils s’approchaient de Jésus pour l’entendre sans le suivre comme ses disciples. D’ l’autre côté les pharisiens et les scribes. Chez Mathieu ils murmuraient déjà : pourquoi mangez-vous avec les collecteurs d’impôts et les pécheurs. Ils n’ont pas changé.

En réponse à leurs accusations deux premières paraboles. Jésus s’adresse à chacun et non pas à un groupe : « Quel homme d’entre vous ? » Chacun de nous est concerné. Un homme d’un côté, une femme de l’autre. La brebis perdue, tout comme la drachme devient unique. D’une parabole à l’autre la conclusion est presque identique « La joie advient dans le ciel ou chez les anges de Dieu pour un pêcheur qui se convertit »

Deux paraboles qui donnent à découvrir comment Dieu voit le pêcheur : c’est quelqu’un qu’il perd, comme le berger une brebis et la femme une drachme. Il ne regarde pas la responsabilité du pêcheur, mais il part à sa recherche jusqu’à ce qu’il la trouve. Alors sa joie éclate et il la communique. Pour lui, se convertir, c’est être trouvé par lui. Quelqu’un vient l’écouter, c’est que Dieu l’a trouvé.

Heureux sont-ils !
(Sg 9, 13-18 ; Lc 14, 25-33)

Il y a plus de 2000 ans, un peu avant la venue du Christ, l’auteur du livre de la Sagesse était saisi par l’énigme et le mystère de toutes choses :

« nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre (…) ; ce qui est dans les cieux, qui donc l’a découvert ? »

Qu’aurait dit ce même auteur aujourd’hui, alors que les découvertes de la science nous rendent toujours plus conscients de la complexité de la nature et de l’immensité de l’univers ?
    Pourtant, le livre de la Sagesse reconnaissait que, malgré toutes les énigmes de la nature et du monde, des habitants de la terre avaient su découvrir la volonté de Dieu, parce qu’ils avaient accueilli en eux la Sagesse et l’Esprit Saint.

Mais qu’est-ce que découvrir la volonté de Dieu ? Avant la venue du Christ, il y avait déjà des chemins pour cela ; la Loi d’Israël, avant tout, donnait des repères, des indications, des commandements pour savoir ce qui plaît à Dieu, ce qui est sa volonté ; et quant à ceux qui n’appartenaient pas au peuple d’Israël, ils pouvaient eux aussi être guidés par certaines lois de leurs nations, et surtout ils pouvaient suivre la voix de leur conscience lorsqu’elle leur faisait percevoir ce qui est juste et bon.

Avec le Christ, une nouveauté survient : connaître ce qui plaît à Dieu, faire sa volonté, cela passe désormais par le fait de devenir disciple de Jésus. Et cela de manière radicale, comme nous l’avons entendu dans l’évangile :

« si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. »

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre