Homélie
Prière universelle
VIVRE DU CHRIST
(Jn 6/51-58 )

L’humanité est le sommet de toute l’action créatrice. Dieu demeure présent à toute sa création, d’une présence réelle, tangible à travers nous et tout ce qui existe. Présence déjà là comme origine, mais en quelque sorte inachevée, car elle nous est pour ainsi dire confiée : « Voici je vous donne toute la terre, remplissez la et soumettez-la… » L’homme a aussi comme tâche d’ouvrir l’univers à Dieu. Chassé du paradis, il a toutefois le pouvoir de remettre ou non à Dieu le monde dont il a la charge.
Dimanche dernier, nous avons essayé de méditer la parole de Jésus : « Si quelqu’un mange ma chair et boit mon sang, il aura la vie en lui ». Que signifie boire et manger ?
Aujourd’hui, nous pouvons continuer à nous demander ce que signifie l’Eucharistie, le « Saint Sacrement » présence de Dieu au milieu de son peuple..

ASSOMPTION
(Luc 1,39-56)

 

Chaque année, nous lisons l’évangile de la Visitation, alors que nous fêtons l’Assomption. Ce n’est pas sans raison..
« Bénie entre les femmes… » Dieu l’a bénie, comme il avait béni Abraham et Isaac en leur annonçant la naissance de leurs fils. Dans la culture patriarcale de l’époque, c’est assez étonnant. Marie fait exception. Luc met sur les lèvres d’Élisabeth la prière de la communauté chrétienne primitive : « Heureuse celle qui a cru ! », la béatitude qui contient en germe toutes les autres. Dieu a opéré en elle de grandes choses !
Qu’est ce qui fait la sainteté de Marie ? Sa maternité divine d’où vont découler tout ce qui est admirable en elle, son assomption, son couronnement au ciel, tout ce que bien des prédicateurs ont largement développé, mais aussi ce qui faisait dire à Ste Thérèse : « S’il faut toujours s’exclamer avec des Oh ! ou des Ah ! d’admiration, on en a assez ! Ce qui m’intéresse, disait elle c’est de savoir en quoi elle est imitable. Elle aime mieux l’imitation que l’admiration.
Imitation, c’est le grand mot, comme pour Jésus.

MANGER ET BOIRE
(Jean 6/60-69)

La méditation commencée dimanche dernier se prolonge. Le récit de la fuite du prophète Elie dans le désert, devant la terrible Jezabel, son épuisement, son désir de disparaitre dans la mort et l’intervention de l’ange témoignent du dessein de Dieu de nous remettre debout et de nous faire vivre. Pensons ici à tous ceux qui nous ont remis en route aux jours de découragement. De telles expériences peuvent nous préparer à entendre ce que le discours sur le pain de vie nous révèle
Dimanche, notre lecture s’arrêtait sur cette révélation : « Je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif », elle ne disait rien des réactions des uns ou des autres. Des paroles dures à avaler, incroyables !

Aujourd’hui nous voyons qu’elles ne passent pas. Jésus a beau les inviter à se souvenir. La manne était bien une nourriture inespérée, qu’ils croyaient tombée du ciel, elle n’avait pas empêché leurs pères de mourir. La nourriture qu’il veut leur donner est d’un autre ordre, pour une vie éternelle.

« Le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde » 6/33

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre