Homélie
Prière universelle
JE SAIS QUI TU ES
(Marc 1/21-28)

Une première remarque : quand il s’agit de la Parole de Dieu il est parfois question de la proclamer et d’autres fois, de l’enseigner. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Proclamer, c’est faire advenir ici et maintenant. On proclame un événement qui vient de se passer. Enseigner, c’est ajouter des commentaires, des interprétations. Cela donnera d’ailleurs naissance par la suite à des ministères différents, apôtres et docteurs (un journaliste proclame, un professeur enseigne).
Ici, il nous est dit que Jésus enseignait avec autorité. Sa parole est neuve, on n’a jamais enseigné comme lui. Elle accomplit ce qu’elle dit. Elle ouvre un avenir, elle éclaire, elle « rabroue » le vent et la tempête, elle dérange aussi le démon tapi au cœur de l’un des assistants. Établi dans la contradiction, il invective Jésus pour lui dire qu’il refuse toute relation : « Qu’y a-t-il entre toi et moi ? » C’est vrai entre Dieu et le mal il y a contradiction. C’est bien pourquoi St Marc montre que là où Jésus parle l’esprit mauvais s’enfuit.

Attention cependant à bien comprendre l’action de Jésus :

Em-barqués !
(Mc 1, 14-20)

J’entends souvent dire : « Ce n’est pas possible maintenant, la situation n’est pas mûre, les conditions nécessaires ne sont pas encore remplies… Il faut attendre, faire preuve de patience.. » C’est souvent vrai, ce sont mes propres alibis surtout devant une décision difficile à prendre. La plupart du temps, ça n’arrange rien, en particulier s’il s’agit du médecin ou du dentiste. La situation ne fait que se dégrader. Avec l’âge surtout les décisions deviennent de plus en plus difficiles. Pour le médecin, si je tarde trop, le mal risque d’être mortel.

Jésus nous en avertit souvent : « Ne tardez pas à mettre de l’huile dans votre lampe ». A certaines heures, les événements se précipitent. Pensez aux jeunes filles sages et aux insensées. C’est le sens des deux premières lectures que nous venons d’entendre « Aussitôt les gens de Ninive crurent à Jonas » et Paul qui déclare aux Corinthiens : « Frères, je dois vous le dire, le temps est limité et le monde tel que vous le voyez est en train de passer »
Nous savons bien que par ailleurs toute l’Écriture nous parle du temps de Dieu, un temps long, celui des périodes de préparation, de maturation, mais il y a aussi des moments d’accélération de l’histoire, lorsque Jésus appelle les apôtres, Le mot clé, c’est alors « aussitôt » !

Que voulez-vous ?
(Jean 1/35-42)

Il faudrait peut être nous souvenir nous-mêmes de la première rencontre de quelqu’un qui a marqué notre vie, que nous avons aimé, que nous ne pouvons pas oublier, pour mieux vivre cette scène si riche en détails, où les verbes sont si nombreux.

Tout commence par l’opposition entre Jean Baptiste, immobile, que l’on va voir au désert, et Jésus qu’il désigne comme celui qui passe, va et vient. Nous n’avons pas affaire à une divinité statique, mais à un vivant. Jean le désigne, sans rien dire de plus.
Nous voyons alors les deux disciples se mettre à suivre Jésus.
Pourquoi ? C’est justement ce que veut savoir Jésus, quand il pressent qu’on le suit et se retourne : « Que voulez-vous ? » Origène a noté qu’après six paroles en ce premier chapitre, la septième est de Jésus : « Que voulez-vous ? ». C’est sa première parole. Elle est importante pour nous aider à préciser nos intentions. Une parole toujours actuelle.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre