Homélie
Prière universelle
Homélie 

En cet instant, nous ne pouvons que regarder Jésus en croix ; « Je n’ai voulu connaître parmi vous que Jésus Christ et Jésus crucifié », disait saint Paul, mais il ajoutait aux corinthiens :

« Si nous avons connu le Christ selon la chair, ce n’est plus ainsi que nous le connaissons maintenant »
2 Cor 1/16.

Connaître selon la chair, c’est en rester au sentiment, comme ceux qui n’aiment pas le vendredi saint parce que c’est triste ou à la douleur de voir un homme mourir cloué sur une croix. Elle est terrible cette souffrance. Qui peut rester insensible devant ce que nous venons d’entendre ? Elle se poursuit aujourd’hui dans le monde, dans les hôpitaux, les prisons, à Idlib, Gaza ou en Yemen.

Mais nous ne pouvons pas en rester là.

Connaître selon l’Esprit, c’est déjà se souvenir des dernières paroles de Jésus en croix ; Il ne condamne personne. « Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». Il ouvre la porte du ciel « Ce soir tu seras avec moi au Paradis ». Il ouvre le chemin de l’Église : « Voici ton fils, voici ta mère »

Connaître Jésus selon l’Esprit c’est le voir comme ces artistes du Moyen Age qui, au tympan de St Clément de Rome ont figuré la croix avec à son pied des sources d’eau vive irriguant un jardin de fleurs et abreuvant des animaux. « Toi qui est vraiment saint, toi qui es la source de toute sainteté… »

Ta croix Seigneur est source de toutes les bénédictions, la cause de toutes grâces.

 

Prière universelle 

En cette heure où Jésus aima les siens jusqu'au bout,
rassemblés autour de l’autel,
prions Dieu notre Père pour tous nos frères les hommes.

Au seuil de sa Passion,
Jésus nous donne sa Chair et son Sang en nourriture :
« faites ceci en mémoire de moi »
Prions pour notre Pape, notre évêque, tous les évêques et tous les prêtres,
afin qu'ils soient renouvelés dans la mission qu'ils ont reçue,
remplis d'action de grâce, et rayonnants de la Paix de Dieu.

R/ I-12 : Dieu d'amour, écoute-nous!

Au seuil de sa Passion,
Jésus se met à genoux devant ses disciples pour leur laver les pieds :
« heureux serez-vous si vous le faites ».
Prions pour les diacres, ceux qui sont au service des plus démunis,
pour les soignants en cette période de pandémie,
afin qu’ils soient les témoins de la tendre compassion de notre Dieu.

Au seuil de sa Passion,
au cours du dernier repas Jésus dit à ses disciples :
« que votre cœur ne se trouble pas ».
Prions pour les catéchumènes dont le baptême est différé,
pour les victimes du Coronavirus et leurs proches dans l’angoisse,
afin que la présence aimante de Jésus les réconforte.

Au seuil de sa Passion,
Jésus prononce des paroles brûlantes à nos cœurs :
« j’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ».
Il nous convie à sa table avec nos amis et voisins retenus chez eux.
Prions les uns pour les autres,
afin que notre communion à son Corps et à son Sang,
renouvelle notre unité, notre attention fraternelle, notre espérance et notre foi.

Dieu notre Père,
regarde ton Église qui veut suivre ton Fils dans le mystère de sa Pâque,
écoute sa prière pour tous les hommes et exauce-la, par Jésus le Christ notre Seigneur.
Amen

 

L’ENTREE DANS LA VILLE

Tout a commencé par un malentendu lors de cette entrée à Jérusalem ; C’est un drôle de roi qui est entré, sur une ânesse, une monture peu glorieuse, même quand il faut accomplir l’Ecriture, une monture qui ne lui appartient même pas, avec comme escorte une foule de Galiléens, ces gens mal vus de ceux de Jérusalem. Rien de bien triomphal, tout aussi déconcertant que la crèche de Bethléem.
Mais pour les apôtres c’est enfin l’accomplissement de ce qu’ils espéraient. Jésus prend possession de la ville royale, la cité de David, la ville sainte où il doit inaugurer le Règne de Dieu.
Mais on est en pleine méprise. Il en va souvent de même avec les foules qui poussent en avant un homme fort, un leader politique : combien d’exemples dans l’histoire à la naissance des dictatures ! Les faibles ont plus que d’autres besoin d’un pouvoir fort.
Ici la foule va devoir mettre sa foi en un Christ crucifié.

Tout au long du récit de la Passion, nous avons vu s’affronter comme deux logiques, celle du péché et de la mort et celle de la vie.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre