Homélie
Prière universelle
Par un autre chemi
(Mt 2/1.12)

Aujourd’hui dans cette église sont apparus de nouveaux personnages, devant ce pupitre et devant la croix : ce sont les mages, accompagnés de leurs animaux, chameau et dromadaire. Ils rejoignent deux autres animaux, l’âne et le bœuf qui veillent sur l’enfant Jésus. Péguy parlait de ces « deux gros museaux ». Ils nous disent par leur présence ce « mystère caché » dont nous parle saint Paul dans la seconde lecture, ce grand dessein de Dieu de faire bénéficier les païens du même héritage qu’Israël. Ce sont tous les peuples, les plus éloignés du « peuple élu », toutes les cultures et finalement toute la création qui finiront par converger vers cet enfant nouveau né en notre monde. L’évangile de st Matthieu débute en nous mettant déjà en présence de la fin du monde.

L’histoire de ces personnages venus d’Orient, savants, astrologues, en recherche de quelque chose d’essentiel qui leur échappait, nous venons de l’entendre. Cette histoire est évidemment symbolique. Sur quel événement concret a-t-elle été construite ? Nous ne le sau­rons jamais car ce qui importe pour l'évangéliste, et pour nous, ce que le texte nous dit, est ailleurs.

Marie, Mère de Dieu
(Luc 2/16.21)

L’ange leur avait annoncé une grande joie, la naissance d’un Sauveur, le Christ Seigneur. Et le signe ce sera un bébé emmailloté et couché dans une mangeoire.

Pour St Luc il y a une étroite relation entre cet enfant qui nait dans la pauvreté et les bergers qui sont là veillant leurs troupeaux. Ce sont des gens très simples, vivant dans la même précarité. Ils appartiennent à la classe inférieure de la population, sont déconsidérés, traités comme des voleurs

Aucune hésitation chez eux. Ils croient au dire de l’ange comme Marie et Élisabeth avant eux. Ils se parlent les uns aux autres, se confirmant dans la vérité de ce qui vient d’arriver. Ils décident d’aller voir ce que le Seigneur leur a fait connaître et ils y vont en se hâtant, comme Marie lorsqu’elle se rendit chez Élisabeth.

Retrouvez ci-dessous les homélies et prières universelles des messes de Noël :

celle célébrée au milieu de la nuit du 24 au 25,
et celle du jour de Noël !

Belle fête de la Nativité à chacun !

Dieu dans nos vies...
(Mt 1/18-24)

L’origine de Jésus nous est racontée de manière différente par Luc et par Matthieu.
Luc le fait par le récit de l’annonciation à Marie, figure par excellence des humbles, des petits. Jésus sera leur Messie.
Matthieu le fait par l’annonce à Joseph, de la famille de David. Il donne à Jésus un père de sang royal selon son dessein de le présenter comme le Roi Messie, le nouveau Moïse.Marie lui avait été accordée en mariage quand, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte.

Nous venons d’apprendre quelle fut sa réaction, comment il prit une décision extrêmement difficile, à la fois celle d’un homme juste, respectueux de celle qu’il aime. Il décide de la renvoyer en secret. C’est alors que nous voyons comment Dieu intervient dans une vie. Il ouvre notre histoire, il nous donne de quitter un chemin tout tracé, que nous aurions envie de corriger selon ce que nous estimerions juste pour entrer dans un chemin inédit, Pour cela il s’adresse à nous au plus profond de chacun de nous, à une profondeur où nous n’avons pas accès par nos seules forces, notre seule raison : « l’ange du Seigneur lui apparut en songe »

Es-tu celui qui doit venir ?
(Mt 11/2.11)

Deux questions : Qui est Jésus ? Qui est Jean Baptiste ?
La première, venant de Jean Baptiste est surprenante. Il connait Jésus, on l’a vu le baptiser au c.5 du même évangile, il a dû entendre la voix du Père le déclarer son Fils bien-aimé. Ne devrait-il pas être le premier à le connaître ?
La réponse est sans doute dans ce qui lui arrive, sa situation de captif dans les prisons d’Hérode. Celui-ci n’a pas supporté ses reproches au sujet de sa conduite conjugale. Il avait pris la femme de son frère. Mais est-ce là le Royaume de justice et de paix annoncé par Jésus ? En homme de l’ancienne Alliance, partisan de la rigueur et du droit ce n’est pas ce que Jean Baptiste attendait. Il n’avait pas encore appris de Jésus qu’il était doux et humble de cœur.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre