Homélie
Prière universelle
DES PÊCHEURS
(Luc 5/1-11)

Ils lavaient leurs filets, comme des travailleurs soigneux de leurs instruments de travail. Ce que Jésus disait ne semblait pas les préoccuper... Ils étaient fatigués après une nuit sans rien prendre. Des pêcheurs comme nous en voyons à leur retour de pêche. C’est à l’un d’entre eux que Jésus va demander un service : monter dans sa barque et s’écarter un peu du rivage pour pouvoir parler plus commodément à la foule, un petit service, de ceux que l’on ne peut pas refuser.
Simon et les autres ignorent encore ce qui les attend. Ils sont de ceux que Jésus appelle et choisit, non pas des spécialistes de la religion, des savants de l’Écriture. Ils sont à mettre du côté de la veuve et du lépreux de dimanche dernier, de David, le dernier auquel on ne pensait pas, tiré de derrière ses brebis pour devenir le berger de son peuple. Souvenons nous de la centième brebis plus importante que les 99 autres.. Ceux qui deviendront les colonnes de l’Église ne seront pas les notables d’Israël.

Et voici que Jésus demande à Simon et ses compagnons d’aller au large et de refaire ce qu’ils ont fait sans succès toute la nuit : jeter les filets. Simon accepte de faire ce qu’il considère comme inutile, ridicule. Il connaît son métier ! Et le voici témoin du prodige, les filets remplis au risque de craquer, l’appel à ceux qui sont restés pour leur venir en aide.
Jamais ils n’avaient vu cela, comme le signe qu’ils ont atteint les limites de leur métier qu’ils vont devoir dépasser. C’est l’entrée dans un autre monde !

STUPÉFACTION...
(Luc 4/21-30)

Mettons-nous un instant à la place des gens de Nazareth, réunis comme chaque samedi dans leur synagogue, comme nous le faisons ici chaque dimanche. L’un d’eux, qu’ils connaissent bien, un dénommé Jésus, est invité à faire la lecture comme nous le faisons ici. Quelqu’un qui sait lire. Il vient de lire un passage du prophète Isaïe, rend le livre au servant, s’assied, et observe un temps de silence.

Tout le monde réfléchit à partir de ce texte bien connu depuis au moins cinq siècles, écrit lors d’une période douloureuse, après l’exil, où il fallait reconstruire sur des bases plus solides qu’autrefois. On attendait, un peu comme chez tous les peuples en situation difficile, quelqu’un qui viendrait remettre les choses en ordre. On l’attendait comme un sauveur, un messie. Certains profitaient même de cette attente pour se présenter comme le messie. D’autres se demandaient pourquoi il mettait tant de temps à venir.
Alors survient l’événement, quand Jésus déclare brusquement :

« ce que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui que cela se réalise »,

autrement dit : « ce Messie c’est moi. ».

C’est la stupéfaction. Que vont-ils comprendre alors ?

ON PARLAIT DE LUI UN PEU PARTOUT
(Neh 8/1 ; Lc 4/14-21)

Si vous montez jusqu’au deuxième étage de la tour de Jouarre, vous y découvrez quelques versets de la Bible offerts à votre lecture. Si vous prenez le temps de les lire, de les méditer, vous y trouverez peut-être le secret de ce qui se vit dans un monastère : la Parole de Dieu, non seulement lue avec les yeux, mais touchant le cœur, faisant revivre une Parole que vous connaissez peut-être depuis longtemps, mais qui prend tout à coup une intensité nouvelle.

Auparavant, au premier étage de la tour, vous aurez admiré la belle statue du Christ aux liens, une image qui dit tant de choses. C’est sa Parole que vous aurez lue, celle que nous venons d’entendre aujourd’hui. Nous venons d’entendre le récit de deux lectures publiques de cette Parole, l’une à Jérusalem, au retour de l’Exil par le scribe Esdras, l’autre par Jésus à Nazareth.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre