Homélie
Prière universelle
ES-TU CELUI QUI DOIT VENIR ?
(3ème dim de l’Avent)

 

Dans notre évangile deux questions d’identité : « Qui est Jésus ? Qui est Jean Baptiste ? »

Étonnante la question de Jean. Au chapitre 3 du même évangile on l’a vu baptiser Jésus et il a entendu la voix venue du ciel le déclarer Fils bien aimé. Mais il fait encore partie de l’Ancienne alliance. La nouvelle alliance qu’il annonce garde encore pour lui son secret. Il en reste à l’attente d’un messianisme temporel, au triomphe social et politique attendu par son peuple.
Or le voici en prison, victime de la cruauté d’Hérode. Est-ce cela le Royaume de Dieu annoncé ? Pourtant au fond de lui la foi demeure. Il ne fermera pas les yeux sur l’adultère d’Hérode, jusqu’à en mourir. Et c’est à Jésus qu’il envoie des messager pour savoir s’il est celui qui doit venir ou s’il faut en attendre un autre. Écoutons bien la réponse du Christ : il n’annonce pas un triomphe politique ou militaire, mais il révèle que Dieu est tout entier miséricorde, en alliance avec toutes les victimes du mal qui empoisonne le monde. La Croix est à l’horizon.

Paveur en chef :-)
(Mt 3/1-12)

 

« Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez la route »

J’ai entendu autrefois un ingénieur des travaux publics, marseillais, déclarer à un jeune cantonnier : « pour faire une route, après avoir creusé, tu mets une première couche de catounes, puis 20 cm de caillasse, 10 cm de caillasson et une couche de gravillon » Je pense souvent à lui en lisant cet évangile qui nous présente Jean Baptiste comme une sorte de paveur en chef.

Autour de  lui, toute une foule, des gens venus de Jérusalem, de Judée, de Samarie, tous dans l’attente d’un Messie. En combien de pays prévaut cette attente d’une sorte de personnage messianique, un homme fort, puissant. Nous savons que pour beaucoup cette attente revêt un caractère tragique. Nous parlons beaucoup alors que des dizaines de milliers doivent fuir leurs maisons, leur famille, en Orient, en Afrique. Mais de tout temps les hommes ont désiré et choisi spontanément ce genre de dirigeants.

Jean Baptiste, qui annonce-t-il ?

Le contraire !

Se tenir debout !
(Matthieu 24/37-44)

Avec ce début de l’évangile, nous croyons entendre le langage des témoins de Jéhovah quand ils nous rendent visite. Un langage qui fait peur, comme celui du curé de mon enfance quand il nous décrivait l’enfer, avec la grande pendule : Jamais… jamais… jamais… Heureusement il nous rassurait quand on le voyait à table. Ce langage est emprunté à un genre littéraire qui ne date pas d’aujourd’hui, car il s’est développé en gros entre les années 150 av. J.C et 100 après., dans la littérature juive, une façon de parler de choses que l’on ignore.
Celui qui parle est un visionnaire qui prétend avoir une connaissance secrète du passé, du présent et de l’avenir, et surtout de la fin des temps. Il abonde en images, en symboles, parfois terrifiants pour exprimer le combat ultime entre Dieu et les armées de Satan.
Sans avoir à y recourir, nous pouvons exprimer la même chose en ouvrant notre journal ou la radio : réchauffement de la planète, trous dans la couche d’ozone, la crise qui s’installe, le chômage qui augmente, le mariage pour tous, la guerre, la vraie, celle qui écrase les populations, les jette sur les routes de l’exode. Ce sont toujours les petits peuples qui en font les frais : Syrie, Palestine, Soudan, Afghanistan, combien d’autres

Dans les apocalypses, tout est décidé d’avance.
Mais il n’en va pas de même dans l’évangile
qui insiste fortement sur la liberté de l’homme
qui fait l’histoire et l’oriente vers son accomplissement.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre