Homélie
Prière universelle
LA MÈRE DE JÉSUS ÉTAIT LA
(Jean 2/1-11)

Ce que nous venons d’entendre se passe au cours d’un mariage. La première lecture nous le laissait pressentir. Isaïe nous invitait à penser aux noces de Dieu avec son peuple et, à travers ce peuple, avec toute l’humanité.
Nous sommes au début de l’évangile de Jean, avec un récit d’initiation. Pour la première fois chez Jean, Marie entre en scène, comme médiatrice. Elle établit la relation entre la situation et son Fils, mobilise les acteurs, puis s’efface pour ne plus apparaître, chez le même évangéliste, qu’au pied de la Croix.
On a dit que ce jour là elle a mis son fils au monde, non plus comme un enfant à Bethléem, mais comme un homme avant de donner naissance au pied de la Croix au disciple, le nouveau corps unique dont parle la seconde lecture.

Puis elle s’efface dans la contemplation de Celui qui se révèle. Dans cette démarche, elle visite les trois sens du verbe « assister » : elle se substitue, elle contribue, elle est présente, elle est un modèle pour nous.

EN TOI JE TROUVE MA JOIE
(Luc 3/15-16, 21-22)

Il y a bien des figures du baptême dans la Bible.
Il y a d’abord la première page où nous voyons l’abîme primordial, masse d’eau sans rivage, figurer le néant. Nous pouvons pressentir que notre baptême comportera un aspect de création : avec lui surgira une réalité qui n’était pas encore là.
Avec le déluge nous apprenons que le péché, c’est à dire le refus de se construire à l’image de Dieu, provoque le retour au néant initial. De fait nous ne pouvons être autres qu’images de Dieu…Cependant, ce néant est en quelque sorte traversé et une humanité nouvelle surgit à la sortie des eaux. Voici maintenant la traversée de la mer rouge et du Jourdain : passage de l’esclavage à la liberté, création d’un peuple nouveau sur une terre nouvelle. « L’ancien a disparu, un être nouveau est là » dit St Paul. Nous sommes alors dans le thème omniprésent dans le nouveau testament de la création nouvelle dans le Christ.

ÉPIPHANIE
(Eph 3/2-6, Mt 2/1-12)

Saint Paul vient de découvrir un mystère, caché jusque-là dit-il.
En réalité l’entrée des païens dans l’héritage d’Israël n’aurait pas du être une nouveauté pour lui. Cela avait été déjà annoncé par les prophètes et par certains psaumes. Seulement cette perspective demeurait une sorte de mythe, abstrait, comme l’avènement d’un grand soir. Pour Paul cela se produit maintenant, dans l’événement de la naissance de Jésus Christ.

Matthieu, avec l’épisode des Mages, raconte au fond la même chose, mais il montre comment cela se réalise dans la naissance de Jésus, à la fois naissance et révélation au monde. Bien sûr la réconciliation du juif et du païen, ces frères ennemis, est en route dès le commencement, mais elle apparaît maintenant en pleine lumière. Elle est « manifestée », selon le sens du mot épiphanie.

Il nous reste à la faire vivre par les décisions de notre volonté.
Elle nous est offerte, à nous de la prendre.

La parfaite réconciliation des hommes est pour la fin des temps. L’histoire est faite de nos conflits et de nos efforts pour les surmonter.

La bonne nouvelle, c’est de savoir que nous pouvons en venir à bout.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre