Homélie
Prière universelle
ASCENSION
(Luc 24/46-53)

« Pour eux, s’étant prosternés devant lui, ils revinrent à Jérusalem en grande joie »

Ne plus pouvoir entendre, voir, toucher quelqu’un que l’on aime, c’est une dure épreuve. Comment expliquer cette joie dont parle St Luc ?

Au mieux il arrive qu’un sentiment nouveau apparaisse, la certitude d’une autre forme de présence de l’absent. Au souvenir du passé, l’on comprend mieux des attitudes, des paroles, le sens profond d’une vie. On s’engage alors à poursuivre une œuvre, à prolonger un engagement.

C’est une approche très humaine de ce qu’ont vécu les apôtres après l’Ascension et la Pentecôte, mais il y a bien plus que cela : Jésus les a quittés, mais soudain il est là, plus visible, plus réel que jamais. Disparu à leurs yeux, il est entré dans un ordre de réalité jusque là inconnu, celui que, faute de mieux, nous nommons celui des corps glorieux
Ils peuvent alors partir dans le monde dire que Dieu est avec nous jusqu’à la fin des temps.

Essayons d’approfondir un peu…

UN SEUL ESPRIT, UN SEUL CORPS Jean 14/23-29

Comme dimanche dernier, nous sommes dans la salle du Cénacle, à quelques heures de l’arrestation de Jésus. Un au revoir, ou plutôt un à Dieu. Désormais, comme les apôtres nous ne rencontrons plus Jésus que dans sa présence divine, son habitation en nous par son Esprit. Elle est permanente, nous pouvons sans cesse le rejoindre, l’écouter, car il nous parle, non pas matériellement, mais dans ce dialogue intime qui constitue notre vie spirituelle.
Elle peut se pervertir quand elle n’est pas aussi ouverture aux autres, car l’Esprit est Esprit d’amour, et son habitation en nous est liée au fait de l’aimer..

« Si quelqu’un m’aime il observera ma parole et, mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous établirons chez lui notre demeure »
Jn 14/23

Pas toujours facile, car il doit se frayer un chemin dans le brouhaha de paroles étrangères et souvent mensongères.

L’Esprit est là qui nous redit et nous fait comprendre ce que Jésus nous a dit.

Ces gens heureux de plaire à Dieu
(Jean 14/31-35)

Autrefois on a souvent opposé la loi ancienne, celle de l’Ancien Testament dite loi de crainte à la loi d’amour celle de l’évangile. C’était faux, et même dangereux, capable de favoriser l’antisémitisme. Combien de fois les psaumes nous parlent de l’amour de Dieu, aussi bien de l’amour de Dieu pour l’homme que celui de l’homme pour Dieu ! Comment parler d’Osée, de Jérémie, d’Élie sans parler de leur amour de Dieu ? Mais il est vrai que dans l’Écriture ces passages au sujet de l’amour sont mêlés à d’autres plus sévères inspirant la crainte au sens le plus étroit en oubliant la grandeur, la toute puissance de Dieu Créateur.

Quand Jésus parle d’un commandement nouveau il n’évoque pas un commandement supplémentaire s’ajoutant aux dix qui constituent la Loi donnée à Moïse sur le Sinaï.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre