Homélie
Prière universelle
 Homélie du P. Désiré 

Frères et sœurs,

Nous voici encore dans la vigne ce dimanche comme avec les ouvriers de la onzième heure la semaine dernière. Et cette fois, un père mendie la générosité de ses enfants pour qu’ils y aillent travailler : le premier refuse et finit quand même par s’y rendre ; le deuxième s’empresse de dire oui, pourtant n’y va pas. Face au comportement de ces deux enfants, Jésus demande aux chefs des prêtres et aux anciens : « Lequel des deux a fait la volonté du Père ? » (Mt 21, 31).

La réponse est certes dans l’évangile que nous avons écouté. Mais, chacun de nous peut encore reprendre cette question pour lui-même et essayer d’y répondre en tenant compte de sa relation avec la parole de Dieu dont il se nourrit tous les jours. En attendant, nous pouvons noter que la parabole que nous venons d’écouter va un plus loin que celle de la semaine dernière. Dans la parabole des ouvriers de la onzième heure, Jésus invitait ses interlocuteurs à être indulgents comme le maître du domaine l’a été avec ses ouvriers. Dans la parabole des deux fils que nous lisons aujourd’hui, Jésus remet en cause l’attitude religieuse des personnes qui se montrent pieuses mais ne font pas la volonté de Dieu.

Dès l’entame, Jésus invite ses interlocuteurs à juger par eux-mêmes ce qu’il va leur proposer : « Quel est votre avis » ? (Mt 21, 28). Il leur raconte alors la parabole du père et de ses deux fils. Et, après leur avoir raconté l’histoire, il les invite à nouveau à répondre : « Lequel des deux a fait la volonté du père ? » (Mt 21, 31). Les deux fils symbolisent les deux grands groupes dans lesquels le peuple d'Israël était divisé ; une division qui reste encore d’actualité dans nos sociétés : d’un côté les « justes » et de l’autre, les « pécheurs ». La parabole décrit leurs attitudes contraires. Premièrement, celle du fils qui est considéré comme « pécheur » : sa réponse est brève : « Je ne veux pas » (Mt 21, 29) ; elle traduit une désobéissance au devoir dévolu aux parents comme l’exige, la loi de Moïse : « honore ton père et ta mère » (Ex 20, 12) ; mais, il est capable de se repentir et de faire la volonté de son père. Deuxièmement, l’attitude du fils qui est considéré comme « juste », sa réponse à la demande du père est « oui, et il n’y va pas » (Mt 21, 30). Son attitude traduit le comportement de ceux qui disent et ne font pas ; ils n’obéissent pas au moment décisif.

Cela dit, Jésus fait deux applications à sa parabole. Il applique d’abord aux grands prêtres et aux anciens du peuple, c’est-à-dire l’élite religieuse. Ce sont eux qui disent et ne font pas ; ils sont extérieurement pieux, ils se font considérer « justes », mais en réalité n'accomplissent pas la volonté de Dieu. En revanche, « les publicains et les prostituées », c’est-à-dire, des « pécheurs » irréductibles, en raison de leur genre de vie, supplantent ces supposés « justes » sur le chemin qui mène au Royaume de Dieu. Ensuite, Jésus applique sa parabole au fait que les « pécheurs » acceptent la prédication du Royaume alors que les « justes » la rejettent. Autant, ils n’ont pas cru à la prédication de Jean Baptiste et ne se sont pas convertis, de même éprouvent-ils des difficultés à accepter Jésus Lui-même.

Frères et sœurs, la force de la parabole d’aujourd’hui réside au fait de « faire » ou de « ne pas faire » : Voilà ce qui compte en définitive devant Dieu. A l’instar de ces notables et élites religieuses à qui Jésus applique sa parabole, aujourd’hui, le fait de venir tous les jours à l'Église, aller à la messe les jours de préceptes et communier nous rassure-t-il avoir véritablement travaillé à la vigne du Seigneur ? A chacun de répondre et de tirer profit pour lui-même afin de reconstruire la vérité dans sa relation avec la parole de Dieu qu’il écoute et sa mise en pratique : « faire » ou « ne pas faire ».  

Frères et sœurs, le Père, maître de la vigne de notre parabole de ce dimanche, n’a jamais déconsidéré aucun de ses deux fils ; les deux sont ses enfants et demeurent ses enfants. Nous aussi, autant que nous sommes ici aujourd’hui, tous « pécheurs » et « justes » nous sommes considérés comme des enfants du même Père, et nous sommes tous objets de son amour tout en ayant également besoin de son pardon car, à côté de Lui, un avenir est toujours possible : on n’est jamais définitivement condamné. N’est-ce pas là ce que voulait nous dire le prophète Ezékiel dans la première lecture : « Si le méchant se détourne de sa méchanceté, s'il se met à pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. Parce qu'il a ouvert les yeux, parce qu'il s'est détourné de ses fautes, il ne mourra pas, il vivra » (Ez 18, 27-28).

Croyons, frères et sœurs, en la miséricorde de Dieu afin que le SEIGNEUR augmente en nous un peu d’humilité, et en particulier à ceux qui nous gouvernent (élites et notables), pour découvrir et suivre son chemin : qui n’est rien d’autre qu’un chemin d’Amour, amour pour tous ; un chemin de Collaboration, collaboration de tous ; un chemin de Justice, justice pour tous et finalement un chemin de Paix ; paix pour tous. Amen.

Prière universelle 

( Ce dimanche qui précède l'ouverture de l'Assemblée synodale, nous proposons quelques intentions de prière universelle du site : synod.va )

Dieu est le Père de tous les hommes :
Pour tous, faisons monter vers lui notre prière.

Pour l'Église, à la veille d'une nouvelle étape du cheminement synodal,
afin que la présence de l'Évangile, vivant et à l'œuvre en elle,
fasse d'elle, comme la vigne de la parabole, un lieu vital
où tous les hommes et toutes les femmes qui attendent de trouver un sens à leur vie,
puissent trouver place, parole, un souffle d’espoir,
prions :

Dieu d’amour écoute-nous !

Pour les évêques et tous les participants à l'Assemblée synodale,
afin que de l'écoute de l'Esprit Saint jaillissent des propositions
qui permettent au Peuple de Dieu tout entier,
dans une dynamique de communion,
de sentir une réelle participation à la vie de l'Église
et d'être un témoignage vivant et attrayant
de la nouveauté de l'Évangile dans le monde,
prions :

Pour les théologiens :
qu'un don de sagesse et de révélation accompagne leur contribution aux travaux du Synode,
afin que le don de la foi devienne vie dans tout le Peuple de Dieu,
prions :

Pour les jeunes, chercheurs de vérité et de témoignage, de concret et de spiritualité,
afin que, grâce au cheminement synodal,
ils se sentent toujours plus impliqués dans la vie et la mission de l'Église
au milieu des défis du monde d'aujourd'hui,
donnant à beaucoup, avec l'enthousiasme de leur âge,
l'espérance qui jaillit de la rencontre avec Jésus,
prions :

Pour nous, ici rassemblés, en communion avec les communautés chrétiennes du monde entier :
alors que nous goûtons à la bonté du Seigneur
qui vient à chacun dans le corps et le sang de Jésus,
nous puissions recevoir de Lui un nouveau regard sur notre prochain
et devenir des témoins de la gratuité dans le monde où nous vivons,
prions :

Dieu notre Père, Souverain unique et bienheureux,
entends notre prière ;
Rassemble tous les hommes dans ton amour.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.
Amen

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre