Homélie
Prière universelle
Amour mutuel
(Mt 2, 13-15.19-23)

A première vue la famille de Jésus n’est pas un modèle du genre : un père qui n’est pas le père, un enfant qui fait une fugue à douze ans, une mère qui « garde ces choses dans son cœur », un père qui ne dit rien, la communication n’est pas très à l’honneur. La vérité c’est que Matthieu veut surtout montrer à ses compatriotes juifs que Jésus est le nouveau Moïse venu lui aussi d’Égypte avant de donner la Loi nouvelle.
Cette famille est cependant qualifiée de sainte, c’est-à-dire qu’elle appartient à Dieu. Voici donc une famille pas comme les autres. Le nombre de trois veut-il évoquer la trinité ? Difficile à dire, mais il est vrai que

nous ne pouvons imiter Dieu
qu’en nous faisant relations.
Paternité, maternité, filiation,
tous les autres liens s’en inspirent.

Quand Jésus nous dit qu’il faut quitter père et mère pour le suivre cela veut dire que nous sommes appelés à une autre naissance.

La première idée qui vient à l’esprit, c’est que cette sainte famille se caractérise par l’amour mutuel. Mais qu’est-ce que l’amour ?

Merveilleux... ?!
(Jn 1)

 

On peut être légitimement surpris, un jour de Noël, de ne pas entendre le récit de la Nativité. Seuls Matthieu et Luc nous le donnent. Une seule allusion dans les épitres. Un silence étonnant mais qui nous montre que la première prédication chrétienne ne tournait pas autour de Noël, mais de Pâques. Ce qui est étonnant c’est le Christ mort et ressuscité, c’est seulement. après que l’on se demandera :

« Ce Christ d’où vient-il ? »

Même s’ils sont placés au début des évangiles, ces récits ne sont pas un début. C’est la fin de l’histoire de Jésus qui pose la question de son commencement, ce que Jean va faire de façon magistrale dans ce prologue.

LE SEIGNEUR VIENT
(Luc 1/39.45)

Dans la première lecture, nous avons vu le prophète Isaïe annoncer au roi Acaz la naissance d’un enfant alors que sa femme était jusque là stérile. Matthieu reprend cette prophétie en la modifiant.

Avec lui la « jeune femme » d’Isaïe devient une « vierge »
et le nom « Dieu avec nous » (Emmanuel) devient « le Seigneur sauve » (Jésus).

Ainsi la prophétie se trouve prononcée au temps d’Acaz et accomplie, c’est-à-dire vérifiée, portée à un terme qui la dépasse, avec Joseph. Ainsi ce qui se passe dans le « purement humain », l’énoncé d’une parole, recèle déjà une présence active de Dieu qui ne se révélera et n’atteindra son sommet que lorsque l’homme et Dieu ne feront plus qu’un.

De même par le baptême nous sommes déjà enfants de Dieu, mais ce que nous serons par l’accomplissement de cette seconde naissance n’a pas encore été manifesté. Ainsi l’Avent ne concerne pas seulement le Christ, mais notre propre marche vers notre ultime venue au monde par laquelle nous lui deviendrons semblables 1 Jn 3/2

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre