Homélie
Prière universelle
CHEMIN VÉRITÉ VIE 
(Jean 14)

Trois mots par lesquels Jésus se définit, dit qui il est.
Trois mots qui peuvent également s’appliquer à Dieu : « Qui m’a vu a vu le Père. Je suis dans le Père et le Père est en moi »

Des mots qui disent la proximité, mais auxquels il ajoute la distance. Il doit partir pour rejoindre le Père.Les disciples ont du mal à comprendre, tout comme nous. Jésus va disparaître à  leurs yeux pour leur préparer une place

« Vous reconnaîtrez que je suis en mon Père et vous en moi et moi en vous »

Il y a à la fois distance et intériorité réciproques. Dieu est là, il fait en nous sa demeure, mais nous avons à ratifier sa présence par un accord, un amen, un mouvement, par l’engagement de notre liberté.

PORTE DE LA LIBERTÉ
(Jean 10/1-10)

Nous n’apprécions pas beaucoup d’être comparés à un troupeau. Ce côté grégaire semble nous confondre dans l’anonymat avec les moutons de Panurge en fond de tableau. Or Jésus inverse cette image : le bon berger connaît chacune de ses brebis et l’appelle par son nom. Il la connaît comme lui-même connaît le Père. Elle n’est pas pour lui un objet standard,  interchangeable, mais une personnalité singulière. Et c’est pour cela qu’il n’abandonne pas la brebis blessée, malade ou perdue, qu’il s’agisse de détresse physique, mentale ou morale.

Chacun est unique pour le Dieu Un et personne ne doit être perdu.

C’est une relation personnelle que Dieu établit avec nous en Jésus Christ, relation inconcevable si elle n’est pas libre.

Tout au long de l’Écriture, nous voyons Dieu solliciter la liberté de l’homme 

EMMAÜS
(Luc 24)

En ces dimanches du temps pascal, nous revivons ce que les premiers disciples ont vécu au lendemain de la résurrection, l’événement qui bouleversait leur vie.

Les trois lectures que nous venons d’entendre nous en parlent.
La première, le discours de Pierre, reprend ce que Jésus dit aux disciples d’Emmaüs, quand après les avoir rejoints et écoutés, il les invite à relire ce qu’ils savaient peut-être par cœur, mais qu’ils n’avaient jamais compris, comment ces paroles d’Isaïe et des psaumes parlaient de ce qui venait de se passer.
Il est un point d’une grande importance que Pierre met en évidence. Nous entendons souvent dire que Dieu veut que le Christ meure sur la Croix pour payer nos dettes envers lui et subir le châtiment que nous méritons. Or ce n’est pas ce que dit Pierre : « Cet homme, livré selon le plan et la volonté de Dieu, vous l’avez fait mourir en le faisant clouer à la croix par la main des païens ». Attention aux mots.

HUIT JOURS APRÈS PÂQUES
(Jean 20/19-31)

N’allons pas croire que Jésus passe à travers les portes. Si ses disciples le voient tout à coup dans la pièce où ils étaient enfermés, c’est qu’il était déjà là, d’une présence invisible, mais universelle. Peu à peu ils se souviendront de ce qu’il leur avait dit lors de leur dernier repas : « Moi en eux et Toi, le Père en moi, pour qu’ils soient parfaitement un » Jn 17/20. Le Christ se trouve partout où nous sommes. Les portes sont fermées, non pour permettre d’entrer, mais pour que nous puissions sortir « Je vous envoie » dit Jésus. Il a dit qu’il ferait des croyants réunis sa demeure. Donc là où se trouve le disciple se trouve le Christ. C’est chacun de nous qui devient sa demeure, chacun de nous dans la mesure où il est comme Lui, tourné vers le Père et vers les autres.

Jeudi Saint

Aucun d’eux n’y avait pensé. Où alors ils se sont dit : c’est à un autre de le faire. C’est bon pour les esclaves.Voici que Jésus le fait. St Jean décrit la scène avec une grande solennité, quasi liturgique, à l’étonnement des disciples.

Pourquoi Jésus agit-il ainsi ?

Pour leur donner une leçon, leur inculquer l’esprit de service ? La réponse semble aller de soi, puisque lui-même déclare :

Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez faire de même car je vous ai donné l’exemple

Mais cette interprétation est trop moralisante et pédagogique. Jésus n’est pas venu pour cela. Assez de sages l’ont fait, dans l’histoire même du peuple. Suivre Jésus ne veut pas dire l’imiter dans des actes extérieurs, mais vivre en lui et par lui, se laisser guider par son esprit. Nous devons aller plus au fond des choses.

Comment Dieu nous apparaît-il en Jésus Christ ?  La réponse est dans le premier verset : « Ayant aimé les siens qui étaient dans ce monde, il les aima jusqu’au bout… », ce à quoi il ajoute l’action de laver les pieds des disciples . Il se révèle comme l’amour, mais pas n’importe lequel, un amour sans commune mesure avec ce que nous entendons par là, un amour qui prend la forme du service humble et humiliant. Dieu qui s’abaisse. L’incarnation est l’humilité fondamentale. Dieu qui s’anéantit lui-même en prenant la condition d’esclave, en se rendant semblable aux hommes.

C’est dans ce néant que jaillit la seconde création, celle de l’homme debout, tourné vers Dieu

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre