Homélie
Prière universelle
Dieu dans nos vies...
(Mt 1/18-24)

L’origine de Jésus nous est racontée de manière différente par Luc et par Matthieu.
Luc le fait par le récit de l’annonciation à Marie, figure par excellence des humbles, des petits. Jésus sera leur Messie.
Matthieu le fait par l’annonce à Joseph, de la famille de David. Il donne à Jésus un père de sang royal selon son dessein de le présenter comme le Roi Messie, le nouveau Moïse.Marie lui avait été accordée en mariage quand, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte.

Nous venons d’apprendre quelle fut sa réaction, comment il prit une décision extrêmement difficile, à la fois celle d’un homme juste, respectueux de celle qu’il aime. Il décide de la renvoyer en secret. C’est alors que nous voyons comment Dieu intervient dans une vie. Il ouvre notre histoire, il nous donne de quitter un chemin tout tracé, que nous aurions envie de corriger selon ce que nous estimerions juste pour entrer dans un chemin inédit, Pour cela il s’adresse à nous au plus profond de chacun de nous, à une profondeur où nous n’avons pas accès par nos seules forces, notre seule raison : « l’ange du Seigneur lui apparut en songe »

Es-tu celui qui doit venir ?
(Mt 11/2.11)

Deux questions : Qui est Jésus ? Qui est Jean Baptiste ?
La première, venant de Jean Baptiste est surprenante. Il connait Jésus, on l’a vu le baptiser au c.5 du même évangile, il a dû entendre la voix du Père le déclarer son Fils bien-aimé. Ne devrait-il pas être le premier à le connaître ?
La réponse est sans doute dans ce qui lui arrive, sa situation de captif dans les prisons d’Hérode. Celui-ci n’a pas supporté ses reproches au sujet de sa conduite conjugale. Il avait pris la femme de son frère. Mais est-ce là le Royaume de justice et de paix annoncé par Jésus ? En homme de l’ancienne Alliance, partisan de la rigueur et du droit ce n’est pas ce que Jean Baptiste attendait. Il n’avait pas encore appris de Jésus qu’il était doux et humble de cœur.

Paveur en chef
(Mt 3/1-12)

« Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez la route »
A deux pas d’ici, sous le porche de la rue Montmorin, deux ouvriers paveurs ont travaillé à remettre la chaussée en état. Ils ont commencé par extraire les gros pavés en grès de Fontainebleau, travail pénible qui ne doit pas arranger la colonne vertébrale, un dur et beau travail, avant de tout remettre en place.
En les voyant, difficile de ne pas penser à Jean Baptiste que l’évangile nous présente comme une sorte de paveur en chef.

Autour de  lui, toute une foule, des gens venus de Jérusalem, de Judée, de Samarie, tous dans l’attente d’un Messie. Depuis des semaines, des deux côtés de l’Atlantique, nous sommes aussi en attente d’une sorte de personnage messianique, un homme fort, puissant. Nous savons que pour beaucoup cette attente revêt un caractère tragique. Nous parlons beaucoup alors que des dizaines de milliers doivent fuir leurs maisons à Alep ou à Mossoul. Mais de tout temps les hommes ont désiré et choisi spontanément ce genre de dirigeants.

Jean Baptiste, qui annonce-t-il ? Le contraire !

TENEZ VOUS PRÊTS
(Mt 24/37.44)

Le Christ est venu, nous avons cru au message des apôtres en mettant au monde au milieu de nous, non sans peine, un monde nouveau. Au delà du nombre, plus ou moins grand, de nos assemblées, c ‘est toujours un grand peuple.

Et pourtant la liturgie nous renvoie en quelque sorte au point de départ, au temps de l’attente, celui de l’ancienne alliance, qui nous est si familier. N’est-il pas celui de nos insatisfactions, de notre fatigue de vivre, de la communion avec tous ceux qui, dans la détresse s’écrient : jusques à quand Seigneur ?

Mais n’est ce pas aussi celui des lendemains qui chantent, des promesses de tout programme d’avenir, des psaumes chantés dans la joie, de la venue de l’homme nouveau ?

Surabondace du don
(Luc 23/35.43)

Aux temps bibliques, il n’était pas de personnage plus puissant que le roi. Il était donc assez normal de parler de la royauté de Dieu, pour évoquer sa toute puissance. Il n’en serait plus de même aujourd’hui alors que d’autres formes de gouvernement se sont imposées un peu partout. On parle plus facilement d’un roi du pétrole que du Roi du ciel et de la terre !

Donc un titre ambigu quand nous l’appliquons à Dieu. Il est plus de l’ordre de la métaphore quand nous représentons Dieu assis sur un trône entouré d’une armée de serviteurs. Mais Jésus l’a accepté, devant Pilate par exemple quand celui-ci lui demande : « Alors, tu es Roi ? » - « Oui, je le suis, je ne suis né et je ne suis venu dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité » (Jn 18/37). Alors aucune équivoque n’était possible, car Jésus se présentait devant lui comme un condamné dépouillé de toute dignité, abandonné de la plupart des siens. Difficile alors de le prendre au sérieux. Dans le récit que nous venons d’entendre, aucun détail sur la crucifixion proprement dite. Toute l’attention se concentre sur Jésus lui-même et les réactions des uns et des autres.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre