Homélie
Prière universelle
La montagne
(Mt 5/1-12)

Cette mention de la montagne, quand Jésus proclame les Béatitudes, est significative.

Moïse avait reçu la première Loi sur la montagne du Sinaï et, redescendu l’avait transmise au peuple. Ici Matthieu nous montre que Jésus, nouveau Moïse, veut nous donner une Loi nouvelle, reçue de Dieu. Alors que le Décalogue ne donnait que des prescriptions négatives, à part le respect des parents, la Loi nouvelle nous oriente vers des attitudes positives.

La Loi ancienne indiquait des limites à ne pas franchir, celle ci nous ouvre des horizons nouveaux.

Si l’évangéliste écrit « il ouvrit la bouche », détail qui va de soi, c’est pour nous faire comprendre que nous allons assister à un vrai commencement, et que ce Jésus qui se met à parler, vient relayer celui qui autrefois avait parlé à Moïse. La première chose que nous annonce Jésus est le bonheur, un bonheur qui n’est pas l’objet d’une conquête, mais qui est un don.

Lumière... Chemin
(Mat 4/12.23)

Quand il s’est agi de trouver un roi pour Israël, ce n’est pas l’ainé, le plus fort qui a été choisi mais le dernier. On n’y pensait même plus. De même pour les territoires de Zabulon et de Nephtali, les territoires du nord de la Galilée où se mêlent des gens de nations et de croyances différentes, une région qui a mauvaise presse. Les grands prêtres sont formels : « De Galilée il ne sort pas de prophète » Au sud se trouvent les pays qui comptent, la Judée,  Jérusalem avec le Temple….

Or  c’est dans cette région méprisée où Jésus s’est réfugié après l’assassinat de Jean Baptiste, que Dieu va intervenir.

Voici l'Agneau de Dieu
(Jn 1/29.34)

Depuis quelques semaines, nous sommes entrés dans une période électorale. Lorsque nous avons à élire les responsables de la nation, nous nous préoccupons de leur programme, de leur compétence. Les problèmes qui leur sont posés sont multiples, compliqués. N’importe qui n’est pas à même de les affronter et de porter une telle charge.

Chrétiens, nous savons aussi que Dieu a suscité un nouveau monde. Lui-même choisit ceux qui vont intervenir dans cette préparation. C’est la longue histoire du salut. Les deux premières lectures nous la laissent entrevoir.

Par un autre chemi
(Mt 2/1.12)

Aujourd’hui dans cette église sont apparus de nouveaux personnages, devant ce pupitre et devant la croix : ce sont les mages, accompagnés de leurs animaux, chameau et dromadaire. Ils rejoignent deux autres animaux, l’âne et le bœuf qui veillent sur l’enfant Jésus. Péguy parlait de ces « deux gros museaux ». Ils nous disent par leur présence ce « mystère caché » dont nous parle saint Paul dans la seconde lecture, ce grand dessein de Dieu de faire bénéficier les païens du même héritage qu’Israël. Ce sont tous les peuples, les plus éloignés du « peuple élu », toutes les cultures et finalement toute la création qui finiront par converger vers cet enfant nouveau né en notre monde. L’évangile de st Matthieu débute en nous mettant déjà en présence de la fin du monde.

L’histoire de ces personnages venus d’Orient, savants, astrologues, en recherche de quelque chose d’essentiel qui leur échappait, nous venons de l’entendre. Cette histoire est évidemment symbolique. Sur quel événement concret a-t-elle été construite ? Nous ne le sau­rons jamais car ce qui importe pour l'évangéliste, et pour nous, ce que le texte nous dit, est ailleurs.

Marie, Mère de Dieu
(Luc 2/16.21)

L’ange leur avait annoncé une grande joie, la naissance d’un Sauveur, le Christ Seigneur. Et le signe ce sera un bébé emmailloté et couché dans une mangeoire.

Pour St Luc il y a une étroite relation entre cet enfant qui nait dans la pauvreté et les bergers qui sont là veillant leurs troupeaux. Ce sont des gens très simples, vivant dans la même précarité. Ils appartiennent à la classe inférieure de la population, sont déconsidérés, traités comme des voleurs

Aucune hésitation chez eux. Ils croient au dire de l’ange comme Marie et Élisabeth avant eux. Ils se parlent les uns aux autres, se confirmant dans la vérité de ce qui vient d’arriver. Ils décident d’aller voir ce que le Seigneur leur a fait connaître et ils y vont en se hâtant, comme Marie lorsqu’elle se rendit chez Élisabeth.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre