Homélie
Prière universelle

 Nous essaierons de considérer l'Ascension pour le Christ, ses disciples et leur mission.

   I- Pour le Christ

     Nous devons comprendre une chose, c'est que la gloire appartient à Dieu, ainsi que la souveraineté, cf Ap 1, 6, il reçoit l'adoration de toutes les créatures. Jésus, le Fils de Dieu, est entré dans notre histoire, il s'est fait l'un de nous, il est devenu notre frère.

     Dans son ministère, il a accompli des signes par lesquels il rendait gloire à Dieu son Père, et à lui-même comme envoyé du Père. La multiplication des pains Jn 6, 11, la cécité de l'homme né aveugle Jn 9, 4 et la maladie de Lazare Jn 11, 4, sont particulièrement des faits majeurs pour la gloire du Père, et aussi du Fils qui reçoit la gloire du Père Jn 17, 1.

     La mission du Christ sur terre est achevée, maintenant il retourne dans cette gloire d'où il était parti. En montant vers le Père, l'homme-Dieu ne s'est pas désaisi de sa nature humaine, il l'a introduite auprès du Père, ainsi nous bénéficions d'une double appartenance : celle du ciel par Jésus Christ, et celle de la terre où Jésus nous avait rejoints. Son départ nous parle : "Je pars vous préparer la place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez vous aussi" Jn 14, 2- 3.

     Il s'en va donc, Prêtre Éternel et Souverain, s'asseoir sur le trône, où il intercédera pour nous, et recevra en même temps notre adoration et notre louange.

     II- Pour les disciples.

Cet évangile que nous lisons aujourd'hui nous situe dans les adieux de Jésus à ses disciples. Dans ce discours, le Maître a développé plusieurs thèmes. Notre prière en ce jour est axée sur l'un des plus sensible et des plus complexes : l' AMOUR-AMITIÉ.
"Le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés, demeurez dans mon amour. Je vous laisse un commandement, aimez-vous les uns les autres". Voilà quelques idées forte de ce discours.
"Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés" v. 9. Cet amour du Père pour le Fils n'est pas à deviner, le Père l'exprime lui-même au moins à deux occasions dans le Nouveau Testament : au baptême de Jésus et à sa transfiguration, et dans les mêmes termes : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie" Mt 3, 17 et 17, 5. Et Jésus donne recommandation à ses disciples de vivre dans cet amour qui vient du Père, d'y demeurer, de le partager. Le commandement est toujours considéré comme un ordre, auquel on se soumet sans conditions. L'amour en devient donc un, que Jésus, avant de retourner au Père, laisse à ses disciples : "Mon commandement le voici : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés" v. 12.

Homélie du P. Pierre

L'évangile que nous lisons aujourd'hui nous indique comment Jésus se représente le monde, dans ses relations avec Dieu : lui-même est la "vigne", son Père "le vigneron", nous les hommes, "les sarments à porter du fruit, beaucoup de fruit".
Jean le Baptiste, s'adressant à ceux qui s'avançaient vers lui pour recevoir le baptême, disait : "Produisez donc un fruit digne de la conversion" Mt 3, 8. D'après les lois de la nature, le fruit est toujours produit par un arbre. Les fruits comestibles, utiles pour la gloire de Dieu et la vie des hommes, sont produits par de bons arbres. Alors le baptiste met en garde : "Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu" Mt 3, 10. Seule la vie de conversion des hommes les assimilé aux arbres qui portent de bons fruits.
Jésus viendra reprendre cet enseignement en nous faisant comprendre que "chaque arbre se reconnaît à son fruit", il en donne même la précision : "Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri, jamais non plus un arbre qui pourri ne donne de bon fruit" Lc 6, 43- 44.
Mais aujourd'hui, Jésus le martèle : pour sue le sarment porte du fruit, il lui faut résolument se greffer sur la vigne
d'où il tirera sa sève : "Demeurez en moi" v. 4. Alors Jésus parle de deux types de sarments :
1) celui qui ne porte pas de fruit, il représente ceux qui manifestent l'indifférence vis-à-vis de Dieu, de la foi, de l'Eglise, et qui s'enferment dans les manques d'amour, de refus de pardonner, et de toutes attitudes qui éloignent de Dieu. Ceux-là, le "Père les enlève" v. 2
2) celui "qui porte du fruit, le Père le purifie en le taillant, pour qu'il en porte davantage"v.2. Puisque toutes ces opérations nous concernent, nous les hommes, ces purifications peuvent passer par quelque difficulté, épreuve, souffrance, dans lesquelles nous devons reconnaître notre croix, et qu'il nous faut affronter avec "endurance, patience et persévérance" Col 1, 11.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre