Homélie
Prière universelle
QUI EST LE FILS DE L’HOMME ?
(Mat.16/13-20 )

A pieds, sur la route, on réfléchit et l’on se pose bien des questions. C’était le cas pour Jésus et ses amis ce jour-là sur le chemin de Jérusalem. Celle que pose Jésus n’est pas n’importe laquelle. Elle revient sans cesse : « Le Fils de l’homme, qui est-il au dire des gens ? ». Les réponses ne tardent pas : « Jean Baptiste ? Élie, Jérémie, l’un des prophètes ? » Cela pour l’opinion publique ne suffit pas, même d’avoir nourri 5000 hommes. Ils attendent du spectaculaire, un changement de régime.

Cette question de l’identité de Jésus revient même lorsqu’il est sur la Croix : « Si tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant, descends de la croix ! ». Fils du Dieu vivant, Pierre s’exprimant au nom de ses compagnons, venait de le déclarer sur la route de Jérusalem. Jésus venait d’annoncer qu’ils y allaient et qu’il devait y mourir, ce que Pierre refuse.

LA CANANEENNE Matt 14/21-28 20ème dim T.O

On a du mal à comprendre le comportement de Jésus au début de cet évangile, lointain, opposant un refus à une demande tellement compréhensible, lui qui a déclaré : « Laissez venir à moi les petits enfants », qui vient de nourrir la foule… Que se passe-t-il ? Il est vrai que nous sommes en territoire païen, cette terre des phéniciens où Jésus ne s’est pas encore trop risqué. S’il cherchait la discrétion, c’est manqué avec cette femme qui arrive en criant : « Prends pitié de moi Seigneur Fils de David ! » Elle s’adresse à lui comme à un thaumaturge : « Ma fille est tourmentée par un démon ! ». Les apôtres ont vu le danger et poussent Jésus à la renvoyer : « Elle nous casse les oreilles !

Mais voici que cette histoire prend un tour assez extraordinaire qui va montrer sa foi. Quelle foi ! C’est une femme on ne peut plus étrangère, elle est d’une tribu hostile aux Juifs.

Malgré les rebuffades,
elle est tenace et persiste
dans sa demande de guérir sa fille.
Elle défie l’étroitesse d’une tradition
qui limitait la miséricorde de Dieu à quelques choisis,
et elle en est généreusement récompensée

ASSOMPTION
(Luc 1/39-56)

De toutes les fêtes célébrées en l’honneur de la Vierge Marie, l’Assomption est celle qui rassemble le plus de fidèles dans les églises, mais aussi à l’extérieur lors de nombreux pèlerinages. Surtout depuis l’époque médiévale on a souvent confié le destin de notre pays à Marie et nous pouvons sans doute y voir l’une des raisons de l’émotion causée naguère par l’incendie de Notre Dame En 1950, définissant le dogme de l’Assomption, le Pape Pie XII précisait :

« Cette fête ne rappelle pas seulement que le corps inanimé de la Vierge Marie n’a subi aucune corruption, mais aussi qu’b et qu’elle a été glorifiée dans le ciel, à l’exemple de son Fils unique Jésus-Christ ».

C’est dit en une phrase, mais ce fut l’affaire de toute une vie, pour Marie comme pour Joseph
Ce que l’Église nous propose par l’image de Marie élevée à la gloire du ciel, ce n’est pas d’abord la protection de nos personnes, mais la femme fidèle en sa foi et associée au salut de tous, par l’Esprit Saint, dans la mise au monde de Jésus.

" Elle a triomphé de la mort ", disait le Pape Pie XII ; or ce que nous venons d’entendre, lors de la lecture de l’Apocalypse comme dans la Lettre de saint Paul aux Corinthiens, nous montre bien ce combat entre les puissances de ce monde, les forces du mal, et l’enfant menacé de mort dès sa naissance. La mise au monde de Jésus ne s’arrête pas à Bethléem. Pour être désormais dans la paix et la lumière resplendissante de Dieu, Marie n’en est pas moins la première chrétienne engagée dans les conflits entre le péché et la grâce, la violence des hommes et l’amour infini de Dieu..
Il est important de rappeler cela, car il est des manières de célébrer la " Reine du ciel " qui semblent passer sous silence qu’elle connut le chemin de la croix afin de participer à la victoire sur la mort dans le Christ ressuscité.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre