Homélie
Prière universelle
Les yeux vers le ciel
(Jean 17/20.26)

« Qu’est-ce qui a changé depuis cinquante ans ? »
Il y a peu de temps un journal présentait une série de statistiques portant sur des objets fort divers. Cela allait du nombre des centenaires à celui des frigidaires en passant par celui des ordinateurs et des bacheliers. Il n’y avait pas de commentaires, mais de quoi réfléchir. Quel moteur à tous ces changements ? L’argent, la facilité, la volonté de puissance, le désir instinctif, le besoin de faire comme tout le monde ?

Or les lectures que nous venons d’entendre vont dans un tout autre sens :
. Étienne qui regarde vers le ciel et contemple les cieux ouverts et la gloire de Dieu.
. Jean, qui écoute la voix qui déclare : « voici que je viens sans tarder… Je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin…
. Jésus qui prie les yeux tournés vers le ciel.

Chrétiens nous sommes invités à tourner nos yeux vers le ciel, non pas vers un avenir qui nous arracherait à la vie quotidienne, mais une réalité nouvelle. Jeudi, en la fête de l’Ascension, nous avons essayé de mieux comprendre ce qu’il fallait entendre par « ciel ».

 

Prière universelle

Dans l’allégresse de l’Ascension du Christ
qui nous a rouvert le chemin vers le Père,
prions en toute confiance.

R/ I 29b Exauce-nous, Dieu notre Père

Pour l’Église, messagère de l’Évangile
afin que les yeux et le cœur fixés sur Jésus monté au ciel
elle apprenne de plus en plus au milieu des tribulations
à ne compter que sur Lui, son Seigneur bien-aimé,
prions ensemble. R /

Demeurer dans l'Amour
(sur Jean 14/23-28)

« Seigneur, d’où vient que tu te fasses connaître à nous et non pas au monde ? »
Jésus venait de leur dire qu’il allait les quitter mais qu’il reviendrait pour les prendre avec lui. Ils n’étaient qu’un petit groupe de disciples pour une tâche immense, lancés seuls dans l’inconnu avec la perspective de l’attente, d’où leur question. Et Thomas d’ajouter : « Nous ne savons même pas où tu vas ! » et Philippe de dire : « Montre nous le Père et cela nous suffit »

La réponse de Jésus : « Gardez la parole ».

Et il précise que ce n’est pas seulement affaire de mémoire, mais d’amour : « Si quelqu’un m‘aime il gardera ma parole », ce qui s’est imprimé dans son esprit et son cœur et va le pousser dans la vie. Il va découvrir ce que veut dire vivre dans l’Esprit.

Les conduites selon l’amour sont multiples. Elles sont l’effet de la réalité invisible qui nous habite, l’Esprit qui nous permet de donner sens à ce que nous vivons.
L’Esprit est en nous comme la sève dans le cep et les sarments. L’Esprit est en nous présence du Père et du Fils, donc de cette relation d’accueil et de don qui fonde tout ce qui vit. Dieu demeure ainsi en nous et nous demeurons en lui dans la mesure où nous entérinons cette présence en nous. Rien ne se passe sans notre liberté.

Il s’agit de faire notre demeure dans cet amour dont nous sommes aimés. Le mot « demeurer » revient trois fois dans cet évangile. Une comparaison peut nous aider à le comprendre : Où demeurons-nous exactement ? On se le demande quand il nous arrive de déménager souvent. Il y a plusieurs réponses : celle figurant sur notre carte d’identité, le lieu de notre naissance où nous avons tant de souvenirs, ou bien plus réellement là où nous avons des amis, là où nous existons pour les autres. Or la réalité, c’est que nous sommes aimés par Dieu qui nous a aimés le premier. C’est en lui que nous habitons d’une certaine manière, sa Parole est notre maison que nous pouvons ouvrir à d’autres, une belle et grande maison que nous sommes heureux d’habiter.

C’est à ce titre que l’Église, à commencer par la paroisse, se doit d’être une communauté fraternelle où l’on apprend à se connaître, parce qu’elle est demeure de Dieu parmi les hommes. Ainsi les disciples du Christ sont reconnaissables à l’amour qu’ils portent aux autres, à la simplicité de leur vie, à leur bonté. Mais tout cela est fondé sur la réalité et la vitalité de leur foi, ce que l’Esprit verse en leur cœur venant du Père dans le Christ. Le signe auquel on reconnaît que c’est l’œuvre de Dieu, c’est la Paix, non pas l’indifférence, le repli sur soi, l’élaboration de difficiles accords diplomatiques, mais la Paix du Christ, fruit d’une assurance intérieure.

D’où vient-elle ? Jésus nous le dit en ce qui le concerne. Elle vient du Père, source de vie, d’où il tient tout, au point de ne faire qu’un avec lui et l’Esprit. Faire sa volonté, c’est sa raison d’être, et il faut que le monde le sache.

1er mai 2016

Prière universelle

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre