Homélie
Prière universelle

Paul vient de découvrir un mystère, caché jusque-là dit-il. C’est ce que nous venons d’entendre de sa lettre aux Ephésiens. En réalité l’entrée des païens dans l’héritage d’Israël n’aurait pas du être une nouveauté pour lui. Cela avait été déjà annoncé par les prophètes et par certains psaumes. Seulement cette perspective demeurait une sorte de mythe, abstrait, comme l’avènement d’un grand soir.

Pour Paul cela se produit maintenant, dans l’événement de la naissance de Jésus Christ. Matthieu, avec l’épisode des Mages, raconte au fond la même chose, mais il montre comment cela se réalise dans la naissance de Jésus. Bien sûr la réconciliation du juif et du païen, ces frères ennemis, est en route dès le commencement, mais elle apparaît maintenant en pleine lumière. Elle est « manifestée », selon le sens du mot épiphanie.

Il nous reste à la faire vivre par les décisions de notre volonté.
La parfaite réconciliation des hommes est pour la fin des temps.
L’histoire est faite de nos conflits et de nos efforts pour les surmonter.
La bonne nouvelle, c’est de savoir que nous pouvons en venir à bout.

Lundi 28 décembre 2020 à Jouarre

Il y a 4 jours, nous fêtions sa naissance : c’était Noël. Pour tellement de monde, avec ce virus, ça a été une fête d’anniversaire bien particulière cette année. Ce n’était pas comme d’habitude, c’était comme si nous étions invités à nous déshabituer pour vivre du nouveau.

En tout cas, c’était vendredi : Dieu est venu naître parmi nous. Ou plutôt, Dieu a cherché à naitre en nous. Ou mieux encore, Dieu cherche à naitre en nous.

Parce que pour Dieu, le Seigneur de la Vie, le Seigneur de toute vie, le plus dur n’est sans doute pas de vivre, mais de naitre. A peine après avoir respiré pour la première fois, le voilà partit en périple en Égypte. Décidément pour Dieu, le Seigneur de la Vie, le plus dur n’est sans doute pas de vivre, mais de naitre. De naître en nous, en nos cœurs.

Et il se peut aussi que le grand problème de notre vie ne soit pas d’abord de vivre, mais de naître !

PRESENTATION
Luc 2/22-40

Ces deux-là faisaient partie de cette minorité du peuple d’Israël vivant sa foi dans la simplicité et la fidélité aux enseignements des prophètes. Siméon et Anne étaient de ce « petit reste », témoins de la fidélité de Dieu qui n’abandonne pas son peuple et sait toujours comment se rendre visible.
Marie et Joseph étaient venus au Temple pour accomplir les rites au sujet de Jésus. C’est lui Siméon qui prend l’enfant dans ses bras, un geste qui fait rêver bien des petites filles quand on l’évoque au catéchisme. En même temps il prononce une bénédiction :

« Mes yeux ont vu ton Sauveur,
Tu l’as préparé, Tu l’offres à tous les peuples,
Lumière qui sera révélée aux nations et gloire de ton peuple Israël »

Tous sont émerveillés. Siméon lui-même les félicite, puis il poursuit sa prophétie en disant à sa mère : « Regarde, cet enfant apportera aux masses d’Israël soit la chute, soit la résurrection, il sera un signe de division, et toi-même une épée te transpercera le cœur… »
Que signifie cette épée qui transpercera l’âme de Marie ?

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre