Homélie
Prière universelle
Homélie de la nuit
(Lc 2,1-14)

Nous voici réunis pour fêter Noël,
fête de l’enfance du Fils de Dieu,
fête de la paix.

En cette nuit ce sont pour beaucoup les souvenirs de leur enfance qui leur reviennent. Il fut un temps où nous étions encore de plain pied avec la joie de Noël parce que nous étions proches de notre enfance, mais au fur à mesure que le temps s’écoule, le chemin nous semble plus long pour rejoindre cette joie, et cela parce que le monde est dur, marqué par tant d’injustices, de ressentiments, d’insatisfactions au plus profond de nous-mêmes .

Nous nous sommes éloignés de Noël et il serait vain de vouloir le retrouver dans le rêve, l’imagination ou par nos seuls efforts. Noël est avant tout le merveilleux cadeau de Dieu, la réalisation de la promesse, aujourd’hui comme au premier jour.

Il ne s’agit donc pas de fermer les yeux et de se perdre dans les sentiments. Nous ne devons pas oublier que le premier regard de l’enfant Jésus, fut certes pour sa mère, Joseph, les habitants de la crèche mais aussi sur la pauvreté des lieux, le refus des habitants de Bethléem, et tout ce qui allait suivre, l’émigration en Égypte, le massacre des Innocents.…

Il ne s’agit pas de rejoindre Noël, mais de nous laisser rejoindre par Dieu.
En disant oui à Dieu, Marie lui ouvrait la porte de l’humanité, la sienne et la nôtre,
pour qu’il accomplisse ses merveilles dans le quotidien de notre vie.

MARIE DANS L’AVENT
(Lc 1/26-38)

Tout au long de l’Avent, nous avons vu défiler différents personnages, Elie, Jean Baptiste surtout, se faisant tout petit alors qu’il est si important, St Joseph. Enfin paraît la dernière, Marie, dans un événement sans témoin, raconté par Luc pour nous faire comprendre ce qui est en jeu dans la naissance du Christ.

La pointe de ce récit est à la fin,
quand nous entendons Marie
se déclarer servante du Seigneur
et accepter ce qui lui est proposé.

Nous apprenons ainsi que Dieu ne peut se faire un avec nous sans notre assentiment. Marie est celle qui ouvre à Dieu la porte de l'humanité. Cela vaut pour chacun de nous. N’y a-t-il pas en nous cet espace vierge, au delà de toutes nos ignorances, nos perversités, où Dieu peut se poser, prendre racine, porter du fruit ? Il y a en chaque homme quelque chose de la Vierge Marie, cette capacité d’accueillir, de dire oui, de reconnaître Dieu comme son créateur. Dieu ne s’impose pas, il se propose. Il y a d’ailleurs dans ce que Luc rapporte tout un cheminement.

Le oui ne vient qu’à la fin.

 

Is 61, 1-2, 10-11 ; 1 Th 5, 16-34 ; Jn 1,6-8, 19-28

Sœurs et frères,
Dans les temps moroses et éprouvants pour beaucoup que nous connaissons aujourd’hui, l’Église nous invite à raviver notre joie. On pourrait se demander : est-ce décent de chercher à se réjouir alors que tellement de personnes peinent et pleurent, qui un mort, ou un malade grave, qui une situation professionnelle ou économique catastrophique… ? Mais cette joie n’est-elle pas plutôt une grâce, celle qui va nourrir l’espérance. Au début de la célébration, nous demandions la grâce de « diriger notre joie vers la joie d’un si grand mystère » celui de la naissance du Fils de Dieu. Diriger notre joie, l’orienter dans la bonne direction afin que cette joie soit pleine. Nous nous savons tellement capable d’aller vers des joies qui nous laissent après coup, soit le sentiment de nous être fait avoir, soit le goût fade ou amer d’un certain vide. En marche vers Noël, il nous revient donc d’apprendre à réorienter notre joie, dans la quête de cette joie qui ne nous décevra pas…
Les trois lectures entendues nous offrent des clés pour ouvrir les bonnes portes vers la vraie joie. Dans l’évangile, nous est présentée la belle figure de Jean à travers un étonnant dialogue avec les envoyés des pharisiens. Avec humour, nous pourrions surnommer Jean, «Mr ne pas ». A la question « qui es-tu ? », il répond par la négative. « Le Christ ? » Je ne le suis pas…Elie ? Je ne le suis pas. Le grand prophète ? Non. Et à la fin, il conclue : « je ne suis pas digne ».

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre