Au cœur du monde
A votre avis, qui choisit la Règle de St Benoit pour orienter sa vie ? Les bénédictines (nous !), les bénédictins (eux !) mais aussi les cistercien(ne)s, les olivétain(e)s, les camaldules,... Oui les fils et filles de St Benoit sont nombreux... mais ce ne sont pas les seuls à avoir été saisis par la profondeur, la sagesse et l'humanité de la Règle de St Benoit.Il y a aussi tous ceux et toutes celles qui, au cœur de leur vie quotidienne et en communion profonde avec une communauté, ont choisi de s'engager comme oblat(e) séculier(e).
Dimanche 17 novembre, Pascale et Julienne sont entrées dans la grande famille des oblats de notre communauté. Avec beaucoup de foi et d'émotion, elles se sont remises à la tendresse de Dieu pour que St Benoit les éclaire au chemin de la paix et nous conduisent tous ensemble à la Vie, la Vraie ! Deux belles disciples missionnaires !
« Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez la route »
J’ai entendu autrefois un ingénieur des travaux publics, marseillais, déclarer à un jeune cantonnier : « pour faire une route, après avoir creusé, tu mets une première couche de catounes, puis 20 cm de caillasse, 10 cm de caillasson et une couche de gravillon » Je pense souvent à lui en lisant cet évangile qui nous présente Jean Baptiste comme une sorte de paveur en chef.
Autour de lui, toute une foule, des gens venus de Jérusalem, de Judée, de Samarie, tous dans l’attente d’un Messie. En combien de pays prévaut cette attente d’une sorte de personnage messianique, un homme fort, puissant. Nous savons que pour beaucoup cette attente revêt un caractère tragique. Nous parlons beaucoup alors que des dizaines de milliers doivent fuir leurs maisons, leur famille, en Orient, en Afrique. Mais de tout temps les hommes ont désiré et choisi spontanément ce genre de dirigeants.
Jean Baptiste, qui annonce-t-il ?
Le contraire !
Avec ce début de l’évangile, nous croyons entendre le langage des témoins de Jéhovah quand ils nous rendent visite. Un langage qui fait peur, comme celui du curé de mon enfance quand il nous décrivait l’enfer, avec la grande pendule : Jamais… jamais… jamais… Heureusement il nous rassurait quand on le voyait à table. Ce langage est emprunté à un genre littéraire qui ne date pas d’aujourd’hui, car il s’est développé en gros entre les années 150 av. J.C et 100 après., dans la littérature juive, une façon de parler de choses que l’on ignore.
Celui qui parle est un visionnaire qui prétend avoir une connaissance secrète du passé, du présent et de l’avenir, et surtout de la fin des temps. Il abonde en images, en symboles, parfois terrifiants pour exprimer le combat ultime entre Dieu et les armées de Satan.
Sans avoir à y recourir, nous pouvons exprimer la même chose en ouvrant notre journal ou la radio : réchauffement de la planète, trous dans la couche d’ozone, la crise qui s’installe, le chômage qui augmente, le mariage pour tous, la guerre, la vraie, celle qui écrase les populations, les jette sur les routes de l’exode. Ce sont toujours les petits peuples qui en font les frais : Syrie, Palestine, Soudan, Afghanistan, combien d’autres
Dans les apocalypses, tout est décidé d’avance.
Mais il n’en va pas de même dans l’évangile
qui insiste fortement sur la liberté de l’homme
qui fait l’histoire et l’oriente vers son accomplissement.