4 octobre 2014-2019
5 ans, ça se fête ! Pour rendre grâce pour la bénédiction reçue par Mère Abbesse le 4 octobre 2014 et qui ne cesse de se répandre en communauté depuis, nous avions concocté un programme chargé.
Barbecue (fameux !), sketchs (hilarants !), « L’Évangile selon Ste Telchilde » (bouleversant !) et pour conclure une veille de prière et d’adoration animée par le noviciat (bénie…). La bénédiction est décidément toujours bien vivante sur toutes et à travers toutes !
« Merci pour ce que vous êtes, merci pour ce que vous devenez »
(P. Michel à l’homélie le lendemain !)
Zachée, ce petit personnage qui nous rappelle le catéchisme de notre enfance a tout ce qu’il faut pour plaire : petit, il court, il monte aux arbres tout ce dont rêvent les enfants. Pour bien des adultes il a pour lui d’être riche, chef des collecteurs d’impôts, une sorte de trésorier payeur général. Il n’en reste pas moins qu’il est exclu, par son appartenance à une catégorie professionnelle méprisée, infréquentable, pas question pour un juif de partager sa table. Jésus le savait bien. Lors de l’appel de Matthieu il le fit et s’attira la critique des pharisiens.
Il y a quelque chose d’unique chez Zachée : il pressent qu’il lui manque quelque chose il cherchait à voir qui est Jésus, une aspiration qui ne datait pas de ce jour-là . A la différence d’Hérode qui cherchait lui aussi à le voir dans sa perplexité, c’est la personne de Jésus qui intrigue Zachée. D’où une première question pour nous :
avons-nous ce même désir,
avec la même force qui le rend capable
de braver les conventions,
de nous comporter comme un enfant,
de courir comme s’il y avait urgence ?
En écoutant pour la nième fois ce récit de saint Luc, croyons-nous que Zachée peut nous aider à rencontrer Jésus une nouvelle fois, aujourd’hui ?
Dans l’histoire, on n’a pas toujours rendu service aux saints. Non seulement en martelant leurs visages aux portails des cathédrales, mais sans doute pire, en écrivant, avec les meilleures intentions du monde, leur vie dans un style bien pensant, souvent affligeant de fadeur et de mollesse.
Ici il n’y a pas de statues de saints, à part celle, fort belle, de la Vierge Marie. On ne les voit pas affublés d’habits de parade qui les rendraient bien incapables de faire le ménage ou de scier une planche. Même St Benoit et Ste Scholastique n’ont droit qu’à un petit vitrail bien caché que les sœurs autrefois ne pouvaient pas voir.
On leur a vissé sur la tête des couronnes de crainte qu’ils ne passent inaperçus.
Bref on les a souvent déshumanisés, oubliant qu’ils ont eu mal aux dents, des cors aux pieds, de l’arthrose comme tout le monde.
Lire la suite : Toussaint 2019 - Homélie et Prière universelle