Hier nous avons parlé de la garde des sens. Et nous avons vu que le manque de regard chaste nous induit souvent à nous comparer les uns envers les aux autres et cela est une des causes fondamentales de tensions dans les relations humaines notamment dans les communautés religieuses. Eh bien, au moment où nous célébrons la Toussaint, St. Jean nous invite, à travers les lectures d’aujourd’hui, à méditer sur quelque chose d’essentiel à notre foi : le regard.
Dans un style qui lui est propre, Jean nous transporte dans une vision mystique et nous introduit dans le mystère même de la souffrance et la Résurrection du Christ. Son message codé invite à découvrir qu’au bout de la souffrance se trouve le salut pour tous ceux qui savent mettre leur confiance en Dieu. Car, Dieu n’abandonne jamais les siens. Quelquefois les temps peuvent paraître voire être très sombres, la vie peut même paraître inutile, mais, il faut toujours continuer à garder un esprit positif en particulier dans les moments de persécutions. Car, les forces du mal ne nous vaincrons jamais de la même manière qu’elles n'ont pas pu vaincre le Christ en l’ayant condamné à mort. Ayons toujours le regard porté sur la croix salvifique du Christ et ne perdons jamais courage.
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Homélie du P. Désiré
Frères et sœurs, ce que nous avons appris la semaine dernière, c’est certes de prier sans cesse mais surtout, dans notre prière, de demander à Dieu ce que nous voulons quand nous le voulons vraiment en cherchant toujours à rendre justice.
Rendre justice, n’est-ce peut-être pas de cela qu’il s’agit dans l’évangile que nous venons d’écouter ? Car voyez-vous, au cas où cela vous aurait échappé, Zachée est un publicain et collecteur d’impôts. A lui seul, il cumule tous les défauts qu’on pouvait reprocher à un juif de son temps. En effet, comme publicain, il est perçu comme collaborateur de l’occupant romain en plus il est chef des collecteurs d’impôts ; à ce titre, il est plus que détesté et méprisé parce que soupçonné d’imposer des montants excessifs à ses compatriotes au profit de ses poches. En clair, pour utiliser nos mots d’aujourd’hui, Zachée est le chef des fraudeurs enrichis aux dépens des contribuables. C’est donc un pécheur condamné par la justice des hommes.
Jésus ne pouvait pas ne pas le savoir. Il est le Messie, le prophète, c'est-à-dire un homme juste qui connaît la Loi. Cette loi, interdit à tout juif de commercer avec les impurs. Or, Zachée est rendu impur du seul fait de son contact avec les païens Romains en plus de voler l’argent de ses compatriotes. Pourtant, c’est chez ce pécheur public patenté que Jésus veut demeurer « aujourd’hui », nous dit Saint Luc (Lc 19, 5).
Homélie du P. Jean-Baptiste Pelletier
Jésus continue son enseignement sur la prière. Vous rappelez vous, la semaine dernière il nous parlait de la nécessité de prier sans se décourager. Ce dimanche encore, il est question de la prière. Dans cet évangile, nous voyons deux hommes en prière. Ils sont entrés dans le Temple, qui est le lieu éminent de la prière au temps de Jésus. Les deux sont tournés vers Dieu, mais pas de la même manière. Tous deux ont un regard différent sur eux-mêmes, sur l’état de leur cœur, et envers Dieu.
L’un est conscient de son indignité à se tenir devant Dieu. Il reconnait qu’il est pécheur. (il n’ose pas regarder vers le Ciel et se frappe la poitrine). Pourtant, cette lucidité ne l’écrase pas. Car ce publicain se montre ouvert et réceptif à la miséricorde de Dieu : « Montre-toi favorable au pécheur que je suis ». Il fait appel à la bonté de Dieu. Il implore son aide. Conscient de son indignité, il cherche refuge auprès de Dieu. Ce que l’on trouve dans ce psaume : « le Seigneur rachètera ses serviteurs, pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge ». Il sait qu’en Lui se trouve la source du salut, qu’Il n’est pas venu juger mais pour sauver. Alors, il se dit – ce que Jésus dit – : Elève-moi. Rends-moi digne. « Le Seigneur est proche du cœur brisé, il sauve l’esprit abattu ». Rends-moi juste. C'est aussi ce que l’on dit avant d’aller communier : « Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir mais dit seulement une seule parole et je serai guéri ».
C’est le contraire d’une culpabilité morbide : que la conscience de nos péchés nous écrase au point de nous dire qu’il n’y a plus de chemin possible pour moi. Ce n’est pas ce que veut Dieu, et c’est ce que nous montre ce publicain : il sait qu’elle va trouver en Dieu la force de marcher vers Lui davantage. Qu’il va puiser en Dieu la capacité d’aimer, de jeûner, de faire l’aumône, d’annoncer et de témoigner de la Bonne Nouvelle. St Paul en rend compte : « Le Seigneur Lui, m’a assisté ». Il m’a rempli de force pour que par moi… »