Homélie du P. Michel

Dimanche dernier, nous avons vu Jésus envoyer les apôtres en mission pour la première fois de leur vie, deux par deux, leur recommandant de faire les mêmes œuvres que Lui : chasser les démons, guérir les malades, etc. Aujourd’hui, dans l’évangile, nous voyons les apôtres revenir auprès de Jésus et lui raconter tout ce qu’ils avaient fait. Il semble bien que les apôtres étaient très fiers d’eux et qu’ils en avaient long à raconter. Tout avait bien fonctionné. « Même les démons nous étaient soumis ! » Les miracles opérés par la parole et les mains des apôtres semblent avoir été très nombreux. Jésus communie à leur joie, non sans avoir une réaction bien dans son style, très humain : « Venez à l’écart, reposez-vous un peu ! » Devant tant d’excitation et de fierté, Jésus ne trouve rien à dire de mieux que de les inviter à se reposer un peu.
Bien des siècles plus tard, saint Bernard déclarait, dans le même esprit :

« Il est nécessaire, de se préserver des dangers d'une activité excessive, quelles que soient la situation ou la charge que l'on occupe car - dit-il au Pape de l'époque et à tous les Papes, à nous tous - les nombreuses occupations conduisent souvent à la "dureté du cœur", elles ne font que "tourmenter l'esprit, épuiser le cœur et faire perdre la grâce" (II, 3).»

Homélie du P. Michel sur Mc 6, 7-13 (évangile du 15ème dimanche B)

Déjà dimanche dernier nous avons médité sur l’impuissance de Dieu, nous poursuivons cette méditation.

Jésus est venu au monde démuni, pas même de place pour lui à l’auberge. Un enfant nouveau né dans une étable et c’est tout. Ses envoyés devront adopter la même conduite, leur seule richesse sera leur parole. Rien pour séduire, aucune marque de supériorité, ils seront à la merci de ceux qu’ils rencontreront. Discrétion de Dieu qui ne se révèle qu’à ceux qui l’accueillent. On se souvient de l’aventure d’Élie sur le mont Horeb. Quand Dieu vient le visiter, Élie ne le trouve pas dans la tempête, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu mais « dans un murmure léger » (1 Rois 19 /8). Les disciples de Jésus n’auront rien pour impressionner. Ils devront leur nourriture à leur travail et à ceux qui voudront bien les accueillir. Ils feront corps avec leur message. Avouons que nous sommes souvent loin de ce comportement. Sans doute avons-nous encore à découvrir la forme que cela peut prendre dans nos civilisations actuelles. De toute façon

renoncer à la puissance sous tous ses aspects,
y compris intellectuels et spirituels,
est la condition nécessaire
pour que ceux auxquels Dieu s’adresse par nous
se tiennent comme des hommes.

Remarquons que les consignes données par Jésus à ses envoyés vont dans le sens d’une prise de contact avec les personnes rencontrées. C’est toujours l’échange, la convivialité qui expriment l’essentiel, car c’est par là que nous agissons à l’image de Dieu qui est unité de personnes. Pas question d’aller s’installer au milieu des gens en se ménageant un espace de solitude, comme les Esséniens. Le monachisme chrétien a toujours mis au premier plan l’hospitalité. C’est l’attitude qui doit caractériser les destinataires de l’évangile.

Homélie du P. Pierre sur Mt (évangile de la St Benoit)

 

Prière universelle 

Par la voix du Christ et de St Benoît
Dieu notre Père nous invite à venir et revenir à Lui.
Prions ensemble avec une foi vive.

Pour que notre Église garde toujours les yeux ouverts à la lumière de Dieu,
et le cœur tourné vers les pauvres,
les étrangers qui frappent à sa porte,
ensemble prions.

R/ N° 29b : Exauce-nous, Dieu notre Père

Pour que les monastères sachent témoigner de l’amour du Christ préféré à tout,
en particulier dans les pays qui souffrent de la pandémie
ou d’un régime politique violent et totalitaire,
ensemble prions.

Pour que les pays d’Europe trouvent et retrouvent le sens de l’unité et de la justice,
en vue de la paix de toutes les nations,
ensemble prions.

Pour que nous tous, rassemblés en ce matin d’été pour faire Eucharistie,
nous sachions consentir à toujours commencer dans notre vie chrétienne,
ensemble prions.

Dieu notre Père,
accueille notre prière en ce jour,
daigne exaucer nos demandes,
et nous marcherons, joyeux, vers cette Jérusalem Nouvelle
qui nous a été promise,
par Jésus le Christ notre Seigneur.

“Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu !” (Matthieu 5 ; 9). Jésus, à travers les béatitudes, nous enseigne des voies de sainteté. Pour être appelé fils de Dieu, comme lui, il nous invite à être des artisans de paix.

Avec cette expression, nous comprenons que la paix n’est pas une chose que l’on a ou que l’on n’a pas. Elle est comme une œuvre à travailler, à façonner, à polir avec patience et amour. Comme l’artisan sur son ouvrage, cela demande d’y consacrer son talent, son énergie, son temps. Que nous faut-il pour nous mettre à l’ouvrage ?

  • Comme tout bon artisan, il faut être formé, outillé. Être un artisan de paix ne s’improvise pas, nous avons besoin d’être prêt pour cela. Cela demande d’accueillir déjà en nous, la paix de Dieu. « Je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix » (Jean 14.27). Savoir nous même accueillir le don de Dieu, sa miséricorde, demander pardon, à Dieu et à ceux que nous avons offensés, est un premier pas important. Le sacrement de la réconciliation nous offre cette paix.
  • Comme tout bon artisan, il faut savoir trouver la bonne matière et toujours la renouveler. Pour cela, nous pouvons demander l’aide de l’Esprit-Saint pour qu’il nous insuffle chaque jour son souffle de paix comme dans la prière du Veni Creator : “Hâte-toi de nous donner la paix”. Nous pouvons aussi réciter régulièrement la belle prière de saint François : “Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix”
  • Enfin, comme tout bon artisan, il faut mettre tout son cœur à l’ouvrage ; ne compter ni son temps, ni sa peine. “S’il est possible, pour autant que cela dépend de vous, vivez en paix avec tous les hommes” (Romains 12:18). Il faut travailler nos paroles, nos actes, nos pensées afin qu’elles rayonnent de cette paix à chaque fois que se trouvent la division ou le conflit - dans nos familles, nos lieux de travail, de vie - et qu’elles deviennent bénédictions.

Alors, nous serons appelés enfants de Dieu !
En cette année dédiée à saint Joseph, le patron des artisans, demandons lui d’être notre maître artisan.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre