Ce dimanche tombe entre deux élections importantes pour les Français. On peut être content ou non des résultats, déplorer des discours, des attitudes, des projets qui ne nous honorent pas, mais ne doit-on pas reconnaître ce qui, dans le suffrage universel provoque l’homme à élargir ses horizons ? C’est comme si un peuple tout entier était à s’occuper des affaires de l’État, à regarder plus loin que le bout de son champ, à être participant de la vie des autres, du bien de la société.
Regardez de plus près, me diront certains, ce qui motive chacun, c’est son ambition, la défense de ses petits intérêts individuels. Peut-être ! Mais n’y a-t- il pas en l’homme ce petit coin de lui qui se laisse toucher par la misère du malade, du chômeur, de l’exclu, ce lieu qui ne supporte pas l’injustice et se montre capable d’être mobilisé par de grandes causes et plus encore par des témoins de la vérité, de la liberté qui osent et se risquent. A la Pentecôte, ceux qui sont à Jérusalem viennent de tout le monde connu. Ils ne sont ni meilleurs ni pires que nous. Quand ils entendent Pierre et les autres chanter les merveilles de Dieu et proclamer la Bonne Nouvelle ils sont rejoints dans ce coin d’eux-mêmes qui aspire à autre chose, à la venue d’un monde nouveau. Et le miracle se produit.
Ils comprennent et se comprennent.
C’est l’étonnement : « comment se fait-il que chacun de nous entende ces Galiléens dans sa langue maternelle ? ».
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Tout au long de notre lecture de Saint Jean, nous revenons souvent sur cette question posée à Jésus par Jean et André lors de leur première rencontre, sur les bords du Jourdain : « Où demeures-tu ?», c’est à dire « D’où viens-tu ? »
Lui n’a jamais cessé de les introduire peu à peu dans son intimité, dans ce secret qu’il voulait leur faire partager, à la fois ce qu’il est pour eux et ce qu’il n’a jamais cessé d’être, le fils bien aimé du Père. Eux n’ont jamais cessé de s’interroger à son sujet, en hésitant à le reconnaître, en butant sur des paroles ou des comportements qu’ils ne comprenaient pas.
Maintenant ils ont la réponse. Ils viennent de lui dire :
« Enfin tu parles clair. Nous voyons maintenant que tu sais tout, pas n’est besoin qu’on t’interroge.
Cette fois nous croyons que tu es sorti de Dieu »
16/30
Reconnaître Dieu pour ce qu’il est, c’est toujours une tâche qui rencontre en nous bien des obstacles.
A la fin de son évangile, St Matthieu nous présente Jésus comme l’Emmanuel, Dieu avec nous, St Luc lui, déclare de façon assez surprenante :
« Pour eux, s’étant prosternés devant lui, ils revinrent à Jérusalem en grande joie »
Ne plus pouvoir entendre, voir, toucher quelqu’un que l’on aime, c’est une dure épreuve. Comment expliquer cette joie dont parle St Luc ?
Il arrive souvent qu’un sentiment nouveau apparaisse, la certitude d’une nouvelle présence de l’absent. Au souvenir du passé, l’on comprend mieux des attitudes, des paroles, le sens profond d’une vie. On s’engage alors à poursuivre une œuvre, à prolonger un engagement. C’est une approche très humaine de ce qu’ont vécu les apôtres après l’Ascension et la Pentecôte. Jésus les a quittés, mais soudain il est là, plus visible, plus réel que jamais. Disparu à leurs yeux, ils entrent dans un ordre de réalité jusque là inconnu.
Ils peuvent alors partir dans le monde dire que Dieu est avec nous jusqu’à la fin des temps.
Essayons d’approfondir un peu…