Il y a quelques jours, alors que nous lisions ensemble ce texte, avec un petit groupe, notre première réaction fut d’étonnement devant la dureté de ce début d’évangile, il faut bien l’avouer : une exigence radicale qui semble bien inhumaine.
Bien sûr, il ne s’agit pas de rejeter nos parents, nos enfants, d’éteindre en nous ce qu’il y a de plus naturel, aimer ceux qui nous ont donné la vie. C’est confirmé par saint Jean quand il déclare :
« Si quelqu’un dit : « j’aime Dieu » alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur »
(1 Jn 4/19)
Mais ici Jésus me demande d’aller plus loin. Il est normal d’aimer ses proches. Mais il est une autre façon d’aimer, fondée non sur le sentiment, sur celui qui l’inspire, mais liée à celui qui aime, plus fiable, plus solide, celle dont saint Paul nous dit :
Dans l’histoire il y eut bien des périodes d’affrontements religieux, plus ou moins tendus, parfois violents. Il en est toujours ainsi dans certaines régions. Aujourd’hui chez nous la tendance est plutôt à l’indifférence, à classer la religion comme affaire privée: « Tu es juif, chrétien, musulman, c’est ton problème ». Ceux qui affirment leur foi sont facilement qualifiés de sectaires.
L’évangile d’aujourd’hui ne nous invite pas au silence, mais à prendre la parole. Il est par nature annonce, proclamation, bonne nouvelle, ce qui suppose de notre part de vaincre la timidité, la crainte, tout en assumant notre condition de pêcheurs humiliés par nos propres fautes.
La persécution peut se manifester de bien des manières, par des paroles, par l’exclusion du corps social. Je vois encore un petit garçon rentrer de l’école en pleurant, parce qu’il s’était fait traiter d’hérétique.
Ce qui doit alors dominer,
c’est la confiance.
Le Christ est réellement présent en toute chose. Tout ce qui existe est créé en lui et par lui. Disons le tout de suite, l’Eucharistie n’est pas faite pour nous procurer la présence matérielle du Christ. Sa présence réelle se produit dès que nous sommes deux ou trois rassemblés en son nom, quand nous laissons la foi et la charité nous unir (Mt 18/20) Le signe sensible de sa présence est le rassemblement du peuple croyant pour faire mémoire de la Pâque du Christ. Son déroulement a pour centre la répétition du don que le Christ fait de lui-même. Beaucoup plus qu’un rite c’est l’ensemble de ce qu’il accomplit sur la croix.
Refaire cela en mémoire du Christ
n’est donc pas se contenter de répéter un rite,
c’est accepter le don de notre vie pour nos frères au jour le jour.
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