Ils l’ont attendu, désiré, espéré, ce carton d’invitation qui va leur donner accès à l’investiture ! Pas de faire part, pas d’entrée possible à la réception : vin d’honneur, repas, soirée dansante. Peu importe. L’essentiel c’est d’en être. J’y étais ; j’ai été vu ; j’ai pu trinquer ; j’ai cru à la raison d’être de ces mondanités.
Aussi quelle joie !
Parce que Cana c’est « viens et vois ». A Cana vient Jésus, vient la mère de Jésus, viennent ses disciples. Il y avait là, déjà, des serviteurs, le maitre du repas, le marié. Tiens, la mariée parait absente ! Quant aux autres invités, le récit n’en parle pas. Cana c’est « viens et vois ». Certes à des noces, il y a à voir : déjà la robe de la mariée, la décoration, le thème : campagnard, les iles, romantique. Il y a aussi les couleurs, souvent pastel. Il y a les plans des tables. Et bien d’autres éléments encore. Ici à Cana, il y a à voir ; plutôt il y a à voir qu’il y a quelque chose qui n’est pas à voir, qui révèle une situation de manque : il manque du vin. Et celui qui devrait voir cette situation de manque ne la voit pas. Alors que la mère de Jésus a su voir tout de suite ce qui manquait pour que la fête soit : l’absence de vin. Il y a aussi Jésus qui voit là, dans un coin, six jarres de pierre pour les purifications rituelles. Il y a encore les serviteurs qui eux voient que c’est bien de l’eau qu’ils ont versé dans les jarres et que c’est bien du vin qu’ils sont en train de puiser, alors que précédemment le maitre du repas, en charge de l’intendance, lui, n’avait rien su voir !
Cana, c’est donc bien « viens et vois ».
Lire la suite : Homélie 2eme TO-C - (Jn 2/1-11) - P. Henri Imbert
Offrons-nous un petit plaisir en ce début d’année. Ce n’est pas un théologien, ce n’est pas un exégète, ce n’est pas un philosophe, quoique … C’est un joueur de mots : Raymond Devos. Ca va, il peut être cité ici. Et voici ce qu’il nous dit dans l’un de ses célèbres sketchs :
Pour Caen, quelle heure ?
Pour où ?
Pour Caen !
Comment voulez-vous que je vous dise quand, si je ne sais pas où ?
Comment, vous ne savez pas où est Caen ?
Si vous ne me le dites pas !
Mais je vous ai dit Caen !
Oui ! … mais vous ne m’avez pas dit où !
« Où est le roi des juifs ? » demandent les Mages à Hérode, alors qu’eux peuvent lui préciser le quand de la naissance, informés qu’ils sont, grâce à leur science : une étoile.
Où ? Les mages n’ont pas le savoir du lieu. Quand ? Les mages ont la connaissance de la date de la naissance. C’est la manière qu’a l’évangéliste Matthieu de nous relater la naissance du roi des juifs.
Où ? Les bergers ont reçu l’information du lieu de la naissance d’un Sauveur qui est Christ, Seigneur : « vous trouverez un nouveau né, emmailloté, couché, dans la ville de David ». Quand ? Les bergers reçoivent l’information du moment de la naissance : « aujourd’hui ». C’est la manière qu’a l’évangéliste Luc de nous faire savoir la naissance du fils premier né de Marie.
Lire la suite : Homélie Epiphanie (Mt 2, 1-12) - P. Henri Imbert
Bonne nouvelle cette semaine : dans la grande surface que je fréquente habituellement, les galettes des rois sont déjà en place, et bien visibles. Ainsi donc, placé sous la table, et chargé de répondre à la question : « pour qui celle-là ? », le plus jeune de la famille aura la responsabilité de dire ce que le sort réserve à l’un des invités : par la fève, le voici désigné pour roi.
Tradition familiale qui sera très présente dans 5 semaines alors que, pour l’instant, nous savons bien qu’il est question de toute autre chose, même s’il s’agit pour l’un et l’autre de roi et de couronne. Par ce texte d’évangile nous avons plutôt envie de faire le lien avec la visite des Mages à Jérusalem : « où est le roi des juifs qui vient de naitre ? »
« Es-tu le roi des Juifs » ? » Qui parle ? Un roi, Pilate, placé sur le trône de Césarée comme procurateur de Judée, marié à Claudia Procula, petite fille de l’empereur Auguste. A qui parle-t-il ? A un roi. Mais ici les choses se compliquent pour Pilate, car dans la connaissance qu’il a de la région sur laquelle il règne, où le religieux a une telle importance, il sait qu’il existe dans la société juive de l’époque des soulèvements nationalistes contre l’occupation romaine. Soulèvement qui a pour but de chasser l’occupant romain et de retrouver ainsi l’intégralité du territoire de Palestine, cette terre que Dieu a donnée à son peuple, avec la liberté absolue de la célébration de ce Dieu dans le Temple de Jérusalem. Pilate d’ailleurs est à Jérusalem plutôt qu’à Césarée, car c’est la fête de la Pâque, prétexte souvent à des moments de révolte : aussi pour mâter toute rébellion, il vaut mieux ne pas être trop éloigné du lieu des risques.
Lire la suite : Homélie Christ Roi (24/11/24) - P. Henri Imbert