Homélie du P. Michel 

Aucun d’entre nous n’aime être remis à sa place, que soit découvert ce qui se cache en nous, souvent même sous la surface des bons sentiments ou de bonnes raisons. A Capharnaüm Jésus, Parole vivante en notre chair, nous révèle que notre vérité est de nous livrer aux autres pour, comme lui, être leur nourriture. Un réflexe de défense nous pousse à ignorer le sens profond à les refuser en les enfermant dans leur sens matériel. Il reproche à ses interlocuteurs de prendre ses paroles « au sens charnel », ce qui ne sert à rien, au lieu de les reconnaître comme « esprit et vie », ce qui va trop loin pour qu’ils l’acceptent.

Ainsi à toutes les époques, les hommes ont préféré hausser les épaules plutôt que d’accepter le message qui nous dit que l’on ne sauve que ce que l’on donne, y compris notre propre vie. Bien entendu on peut recourir à une ruse plus ou moins consciente. Plutôt que de faire nôtres les attitudes du Christ tour au long de sa vie, y compris au point culminant de la Croix, on peut se contenter du rite eucharistique : on va à la messe, on communie et tout est dit, mais pas grand chose n’est fait, car il faut aller plus loin que ce comportement religieux pour parvenir à la foi dont il est l’expression.

Les rites ne sont là que pour nous introduire à la conformité avec ce que le Christ a été.

Homélie du P. Michel 

L’Assomption : un matin de Pâques qui ne serait plus celui qui a vu le triomphe de l’homme Dieu, mais la victoire sur la mort de la femme, bénie entre toutes les femmes. Voilà sous quel jour nous apparait l’Assomption.

Des pâques d’été comme si l’Église voulait nous acclimater à la grande nouvelle de la résurrection. Pour entrer dans le mystère de la survie glorieuse de Marie, nous pouvons penser à ce que dit Paul à propos de ses épreuves : « je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps qui est l’Église ». On n’ajoute rien au sacrifice de la Croix qui est parfait, mais on lui fait produire ses fruits de salut en lui joignant nos propres travaux.

Ce qui manque à la Passion du Christ
c’est d’être appliquée, vécue par les hommes.

Homélie du P. Michel

Il y a comme deux parties dans ce ch.6. chacune commence par l’affirmation : « Je suis le pain de vie ». Mais dans la première  « croire en », « aller vers » sont donnés comme synonymes de manger le pain et boire le sang.

 La première répondait surtout à la question « d’où vient –il ? », la seconde dit plutôt où il va.. La réponse à la première question avait soulevé l’étonnement et même l’indignation, mais la réponse à la seconde va les révolter. En effet, il s’agit là d’une sorte de prophétie pascale. Les hommes vont tenter de s’emparer du corps et du sang du Christ, corps et sang de Dieu, tentative qui va être déjouée, car Jésus donne ce qu’on veut lui prendre. Qui accueillera ce don en sera transformé. Cette chair et ce sang deviendront pour lui nourriture et breuvage pour une vie au delà de la mort. Nous sommes nourris par la Passion du Christ

 Mais que peuvent bien signifier « manger » et « boire » sur lesquels Jésus semble insister lourdement ? Si nous reconnaissons qu’il vient de Dieu, nous devons le croire.

Abbaye
Notre Dame de
Jouarre